
«Je me voyais plus comme le capitaine d’un bateau que comme un officier de haut niveau d’un très gros navire». C'est avec cette métaphore que Christophe Aulnette, ancien président de Microsoft France, explique les motivations qui l'ont poussé à quitter la direction de l'entreprise américaine fondée par Bill Gates. Dans son livre paru le 6 mars dernier, «Le jour où j'ai quitté Bill Gates, et j’ai plongé dans les tumultes de la reconversion», Christophe Aulnette raconte son expérience de transition professionnelle après avoir quitté un poste prestigieux. «J’ai passé 17 ans chez Microsoft. Quand je suis arrivé, c’était comme une start-up, il y avait 100 fois moins d’employés qu’aujourd’hui. L'ordinateur personnel commençait à peine à entrer dans les foyers et à transformer la façon dont on communique.» Sa carrière «ascensionnelle» le propulse en 2001 à la tête de Microsoft France alors qu’il était entré dans l'entreprise en 1988 comme ingénieur commercial. Jusqu’en 2005, Christophe Aulnette dirige ainsi 1 500 employés dans la cinquième filiale de Microsoft dans le monde.
«Mon rôle était celui de chef d'orchestre, poursuit- il, je devais veiller à ce que tous les rouages de l’entreprise fonctionnent bien et surtout choisir les bonnes personnes aux postes clés, il fallait recruter les meilleurs.» Après quatre ans passés à la tête de Microsoft France, Christophe Aulnette commence à se poser la question de son prochain challenge professionnel. «A terme, je voulais devenir directeur général d’une entreprise pour avoir mon destin en main. Je me suis dit qu' à 43 ans, c’était le bon moment. J’étais dans un grand système organisé chez Microsoft, je faisais partie d’une matrice, ça me pesait. je voulais être mon propre patron.»
Christophe Aulnette décide alors de quitter le paquebot Microsoft pour prendre la direction du groupe Altran (aujourd’hui intégré dans Capgemini). Il se retrouve à la tête de 16 000 employés mais l'expérience se passe mal, il quitte son poste après seulement 18 mois. «J'avais une grosse étiquette avec le mot échec marqué sur le front, c’était très difficile à vivre, se souvient- il. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé sans rien, même si j’étais dans des conditions favorables. Je me suis posé la question la plus angoissante : qu'est-ce que je veux faire dans ma vie ?» L’ex-patron de Microsoft tente plusieurs expériences professionnelles, travaille avec des fonds d'investissements, conseille des start-ups et se lance en politique en devenant premier adjoint au maire de Neuilly-sur-Seine en 2008. Il dirige ensuite une PME dans le domaine de la télévision connectée. Aujourd'hui, il travaille avec un fonds d'investissement dans le but d’aider les dirigeants d’entreprises à développer leur business.
Cultiver son réseau, surtout quand on n’en a pas besoin
Fort de son expérience, Christophe Aulnette a profité de notre rencontre pour délivrer quelques conseils à destination des actifs qui envisagent une reconversion. «La chose la plus importante, c’est de garder à l’esprit son employabilité. Il ne faut surtout pas se laisser enfermer dans des jobs ultra spécialisés dont la pertinence est liée uniquement à l’entreprise où vous travaillez. Il faut garder une employabilité applicable à l'extérieur.»
Selon Christophe Aulnette, il est également primordial de cultiver son réseau et être ouvert sur l'extérieur, même si vous pensez ne pas en avoir besoin. «Un réseau est toujours utile pour l’après. Si vous vous réveillez une fois que avez pris la décision de quitter l’entreprise, c’est déjà trop tard.»
Troisième conseil, n'hésitez pas à vous faire soutenir dans votre projet, en demandant une aide extérieure, le plus en amont possible du début de votre nouveau projet. «Les carrières entières dans une même entreprise, ça n'existe plus. Tout le monde sera confronté à un moment à un nouveau projet, il faut s’y préparer le plus tôt possible.» Christophe Aulnette conseille ainsi de faire appel à un coach privé ou à un professionnel de la formation pour mettre toutes les chances de votre côté.



















