
Les retraités l’espéraient encore : alors que les pensions de l’Agirc-Arrco ont été gelées à l’automne dernier, des discussions ont eu lieu en février entre le patronat et les syndicats dans le but d’obtenir une revalorisation des pensions dans les mois à venir. Les syndicats avaient d’ailleurs menacé de saisir la justice s’ils n’obtenaient pas gain de cause. Mais cela sera-t-il le cas ? Comme le rapporte L’Indépendant, ce mardi 31 mars, le régime de retraite complémentaire des salariés du privé a annoncé avoir enregistré en 2025 un excédent de 0,3 milliard d’euros.
Pour rappel, l’année précédente, il était de 1,6 milliard en 2024, a souligné le conseil d’administration, avant de saluer un «résultat équilibré». L'Agirc-Arrco précise que les cotisations versées par les salariés et les employeurs sont plus importantes que l’année précédente, soit 103,3 milliards d’euros, même si elles progressent moins vite à cause d’un «ralentissement de l’économie». «Il s’agit de chiffres de 2025» et l’inflation a depuis «évolué de façon conséquente», a tempéré la vice-présidente du conseil d’administration et représentante du patronat, Diane Milleron-Deperrois.
Plus de pensionnés et fécondité en baisse
D’autant que, dans le même temps, le montant total des pensions versées aux retraités est en hausse de 2,8 milliards (à 100,9 milliards d’euros) à cause de l’augmentation du nombre de retraités, d’une part, et de la revalorisation des pensions, d’autre part. Toutefois, les réserves restent solides à 92,3 milliards d’euros, permettant d’avoir une somme pour faire face à tout moment à un minimum de six mois de versement des retraites complémentaires. Malgré cela, il n’y aura pas de revalorisation avancée, a confirmé dans Notre Temps, l’autre vice-présidente (CFDT), et représentante des salariés, Brigitte Pisa.
«La négociation sur la revalorisation aura lieu comme d’habitude fin septembre début octobre», a-t-elle affirmé, alors que la revalorisation des pensions complémentaires est déterminée chaque année à l’automne par des négociations entre syndicats et patronat contrairement à celle des pensions du régime général qui est indexée sur l’inflation. Une mauvaise nouvelle donc pour les retraités, d’autant que plusieurs défis sont encore à relever, a ajouté Brigitte Pisa.
La première reste la hausse du nombre de pensionnés «qui vivent plus longtemps en bonne santé», à laquelle il faut ajouter la baisse de la fécondité. «Nous devrons intégrer ces nouvelles variables pour que les partenaires sociaux prennent les bonnes décisions stratégiques pour les années à venir», a-t-elle laissé entendre. En fin d’année, les partenaires sociaux devront également se réunir afin de renégocier les règles de pilotage du régime pour la période 2027-2030. Le but : garantir sa soutenabilité sur le long terme.




















