À un an de la présidentielle et alors qu’il va falloir réussir à convenir d’un budget pour l’année prochaine, la question de l’indexation des retraites sur l’inflation revient en force. La réforme des retraites a été repoussée cette année, mais pas annulée. L’indexation ou non des pensions est donc au centre du débat. Pour Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit lyonnais, il faut séparer les retraites les plus précaires des plus aisées. Se présentant lui-même, au micro de Franceinfo samedi 30 mai, comme un «retraité haut de gamme», en faisant référence au montant de sa pension, il affirme avoir «du mal à comprendre pourquoi mes retraites sont indexées».

Alors que la France est toujours à la recherche d’économies, il assure que les plus hautes pensions ne devraient plus être indexées sur l’inflation. Une idée qui est partagée par le ministre du Pouvoir d’achat, Serge Papin. Au micro de Sud Radio vendredi 29 mai, il a affirmé vouloir que les retraites «au delà de 3 000 euros» ne soient plus indexées. Et cette question n’est pas nouvelle et semble convenir à plusieurs camps politiques, mais pas aux personnes concernées.

400 milliards de retraites indexées à 2,4 % ?

Pour Jean Peyrelevade, le retour de l’inflation impose que la question soit posée aujourd’hui. Selon les derniers chiffres de l’Insee, elle s’établit à 2,4 % en mai. Or, il y a «400 milliards de dépenses de retraites par an (388 milliards d’euros, NDLR), vous regardez l’inflation qui est aujourd’hui à deux et demi, bah deux et demi de 400 milliards, ça fait 10 milliards» d’euros supplémentaires à dépenser si toutes les retraites restent indexées sur l’inflation. Supprimer cette indexation ferait donc baisser le montant de la note finale. Une position qui n’est, par exemple, pas partagée par le RN qui souhaite plutôt repousser l’âge de départ en retraite. Quant à la France insoumise, elle rejette la réforme de 2023 dans sa globalité. Reste à savoir quels compromis les parlementaires vont réussir à faire pour le budget 2027, ainsi que les programmes pour la présidentielle à venir.