
La réforme des retraites est suspendue. A la suite de la publication mi-mai des décrets relatifs à la loi de financement de la Sécurité sociale, ses premiers effets seront connus dès le 1er septembre 2026. Carrières longues, mères de famille, cumul emploi‑retraite... Capital vous a d’ailleurs listé ce qui change pour vous. Mais qui dit suspension ne veut pas dire retrait. Lors de l’élection présidentielle de 2027, le sujet de la réforme des retraites devrait revenir sur la table.
C’est en tout cas ce qu’espère le ministre du Travail. A la question : «Faut-il remettre la réforme des retraites à l’ordre du jour ?», Jean-Pierre Farandou a répondu sur CNews : «Bien sûr, les candidats aux élections commencent à en parler.» Et de rappeler : «Elle est suspendue jusqu'en janvier 2028.» Pour Jean-Pierre Farandou, il est nécessaire de «se parler du sujet parce qu’on a des déséquilibres profonds». L’ancien patron de la SNCF a cité notamment le facteur démographique : «Il y a de plus en plus de retraités et de moins en moins d’actifs donc on a un problème.»
Des «questions de fond» à aborder
Toutefois, eu égard aux tensions liées à ce sujet brûlant dans le pays, la méthode doit être choisie avec précaution. «Il faut traiter le sujet (de la réforme des retraites, ndlr) sans faire de promesses faciles, il faut aller au bout de sujets de financement», a martelé le ministre. A l’image de la Sécurité sociale qu’il faut réformer, Jean-Pierre Farandou estime qu’on est «au bout de notre système social» et que la France a «besoin de ruptures et de changements profonds».
«La Sécurité sociale c’est pareil, on vieillit davantage, généralement on est plus malade quand on est vieux, ça coûte très cher, alors comment on fait pour financer tout ça... ce sont des vraies questions de fond», a poursuivi le ministre du Travail. Il n’a d’ailleurs jamais éludé le sujet. En octobre dernier, dans les colonnes de Ouest-France, Jean-Pierre Farandou estimait que «le projet d’un système à points, abandonné en 2020 à cause du Covid-19, qui laissait à chacun le choix du moment de son départ» était une proposition à évaluer.
Il avait également parlé d’une retraite par «capitalisation» ainsi que celle d’«un mélange de plusieurs systèmes». Un mois plus tard, il s’interrogeait sur la proportion de Français pas heureux au travail alors que dans certains pays, des salariés sont «très contents» de travailler à 65 ans. Selon lui, la réforme des retraites de 2023 portée par Elisabeth Borne était «passée à côté de la pénibilité».
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