L’interrogation est loin d’être anodine. Au moment de lancer votre activité en indépendant, si vous hésitez entre devenir travailleur non salarié (TNS) ou micro-entrepreneur (nouvelle appellation des auto-entrepreneurs), il y a de nombreuses conditions à connaître. Et vous n’y pensez peut-être pas sur le moment, mais notamment pour le calcul de vos futurs droits à la retraite. Car attention, vous n’êtes pas couvert de la même façon selon l’option choisie et vous ne pourrez donc pas espérer le même niveau de pension.

Si le statut de micro-entrepreneur est attirant par la simplicité administrative qu’il propose, il n’est pas aussi limpide que l’on peut le penser en matière de droits à la retraite. «Derrière cette façade de simplicité, il y a quand même quelques complexités», a pointé Valérie Batigne, dirigeante du cabinet spécialisé Sapiendo retraite, lors des 4e rencontres sur les retraites organisées le mardi 8 octobre par Groupama et Sapiendo. En effet, selon l’activité mais aussi le chiffre d’affaires, le niveau de cotisation sociale n’est pas le même et, donc, les droits futurs à la retraite non plus.

Des niveaux de cotisation retraite différents

Par exemple, si vous êtes micro-entrepreneur et que votre activité entre dans la catégorie «vente de marchandises et fourniture de logement», alors le montant de vos cotisations sociales est égal à 12,3% de votre chiffre d’affaires. Si vous exercez une activité de prestation de services, alors ce chiffre grimpe à 21,2% de votre chiffre d’affaires. «Le micro-entrepreneur voit qu’il cotise à hauteur de 12,3% ou de 21,2% mais il ne sait pas ce qui est fléché vers sa retraite de base et vers sa retraite complémentaire, ce qui est plus compliqué pour lui», regrette Valérie Batigne.

La comparaison est d’autant plus difficile que les travailleurs non salariés cotisent non pas en fonction de leur chiffre d’affaires, mais de leurs revenus. Et leur taux de cotisation est compris, selon leur activité, entre 15 et 25%. Alors, pour savoir quel est le statut le plus avantageux pour la retraite, il existe un point de comparaison : le taux de charge supposé par l’administration fiscale et sociale. Il est par exemple de 50% du chiffre d’affaires pour les activités de service. Ce qui signifie que l’administration fiscale estime que pour un micro-entrepreneur exerçant une activité de service, son revenu représente 50% de son chiffre d’affaires. «Ainsi, la situation du micro-entrepreneur du point de vue de la retraite sera plus ou moins intéressante selon que les charges de fonctionnement supposées par l’administration sociale sont inférieures, supérieures ou égales aux charges réelles», explicite Valérie Batigne.

>> Notre service - Une question sur votre future retraite ? Nos experts partenaires vous répondent avec une solution personnalisée

Trois cas de figure peuvent alors se présenter pour comparer les droits à la retraite :

• Si ses charges réelles sont égales aux charges forfaitaires, les droits à la retraite du micro-entrepreneur sont les mêmes que ceux d’un TNS

• Si ses charges réelles sont supérieures aux charges forfaitaires, il cotise plus et donc accumule plus de droits (ses revenus sont logiquement diminués)

• Si ses charges réelles sont inférieures aux charges forfaitaires, il cotise moins et mécaniquement accumule moins de droits à la retraite (ses revenus perçus sont plus élevés)

Dans tous les cas, que vous soyez travailleur non salarié ou micro-entrepreneur, gardez bien en tête que vous cotisez moins qu’un salarié «classique», et que vous risquez donc d’avoir une retraite moins élevée. «Quand on le sait, il n’y a pas de sujet et on épargne pour sa retraite, mais le tout, c’est de le savoir», conclut Valérie Batigne.