
La plupart voient rouge. C’est la tendance du côté des détenteurs de PER selon le dernier baromètre de l’épargne et des placements Odoxa-Groupama pour Capital et BFM (d’après une enquête réalisée sur un échantillon de 996 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus). Près d’une personne interrogée sur deux (46%) envisage de ne plus alimenter son PER du fait des dernières restrictions. Les plus de 65 ans, directement concernés par ces changements, sont 85% à le dire.
Une tendance qui pourrait concerner les près de 12,7 millions de titulaires du PER, au 30 septembre 2025, selon le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, pour un total de 141,1 milliards d'euros d'encours. « Le PER a quand même été marketé par l'administration fiscale comme étant un produit pour les actifs avec cette idée de promouvoir davantage la retraite par capitalisation », explique Matthieu Silva Santos, directeur de l’offre et de l’ISR chez Goodvest.
Livrets/PER : la défiance des français 🇫🇷
— BFM Business (@bfmbusiness) April 15, 2026
"Le PER, c'est une solution parmi tant d'autres, mais ce n'est pas une solution miracle."
💬 Marion Chapel-Massot, dirigeant DeCarion pic.twitter.com/eMKBzymNgs
Un produit fondamental
À l’échelle de l’étude en question, 77 % des Français sondés connaissent le PER et 25 % disent détenir au moins un PER individuel, PER obligatoire ou un PERCO, soit un doublement depuis sa création en 2019 (12% de souscripteurs à la fin de l’année 2019 contre 25% aujourd’hui) et une progression de près de 50% depuis trois ans (+8 points entre 2023 et avril 2026, passant de 17% à 27% de souscripteurs).
« Je ne pense pas qu’il y ait de désertion prévue pour le PER, analyse Matthieu Silva Santos. Parce qu’il doit rester une brique fondamentale d'une stratégie patrimoniale, sans en être la principale. Il conserve encore un intérêt en matière d'économie d'impôt puisque les moins de 70 ans conservent la déductibilité des versements sur leur revenu imposable ».
Un produit déductible, simple et rentable
Quand on interroge les détenteurs de PER dans le cadre du baromètre, le critère numéro un est évidemment la déduction fiscale (38% de citations). Ensuite, les répondants parlent de « simplicité » du produit (2ème critère le plus cité avec 21%) et son « rendement » (3ème critère avec 20% de citations).
Mais depuis le début de l’année, les règles ont changé pour le PER puisque la déductibilité des versements n’est pas possible pour les personnes de plus de 70 ans mais d’autres produits existent pour répondre aux problématiques de ces souscripteurs : « Notre stratégie est de dire que ces personnes conservent finalement l'assurance vie, qui reste aujourd'hui une enveloppe à la fois fiscale, financière et successorale tout de même assez intéressante, remarque Matthieu Silva Santos. Il ne faut pas oublier qu'après 70 ans, les plus-values associées au prix versé restent exonérées d'impôt sur les successions ». L’autre changement qui va impacter l’ensemble des titulaires ? « C'est l'augmentation de la CSG de 1,4% uniquement sur le PER, notamment à la sortie », ajoute-t-il.
Des livrets d’épargne délaissés
Interrogées sur les placements qu’elles jugent les meilleurs pour leur épargne, les personnes interrogées ne placent plus les livrets en tête, qui ont pendant longtemps été les plus cités. En avril 2025, ils étaient en tête de liste avec 42% de citations, loin devant les autres placements : le logement (2ème avec 22%) et l’assurance vie (3ème avec 19%) étaient alors deux fois moins cités.
Un an plus tard, c’est l’effet inverse : logement et assurance vie sont devant avec 25% chacun et 23% de citations pour les livrets d’épargne. D’ailleurs, la moitié des répondants n’alimentent plus (42%), voire ont fermé (7%) leur livret A à cause des baisses répétées de son rendement. En 2025, son rendement a baissé d’abord à 2,4% puis à 1,7% (en août). Sa récente chute à 1,5% au 1er février devrait encore accentuer cette désertion.



















