La loi de finances 2026 vient de mettre fin à un avantage apprécié des seniors sur leur PER : la déductibilité fiscale des versements après 70 ans. Jusqu'ici, un retraité pouvait continuer à alimenter son PER et déduire les sommes versées de son revenu imposable, même après avoir liquidé ses droits à la retraite.

Concrètement, un médecin libéral encore en activité à 72 ans, ou un senior percevant d'importants revenus fonciers, pouvait verser sur son PER uniquement pour réduire son impôt sur le revenu… parfois sans jamais avoir l'intention de le débloquer. Le PER devenait alors un outil de défiscalisation, voire de transmission patrimoniale – bien loin de son intérêt originel qui est la préparation à la retraite.

Mais depuis le 1er janvier 2026, tout versement effectué après le 70e anniversaire du titulaire ne génère plus aucune déduction fiscale à l'entrée. Sauf que la loi de finances a aussi ajouté, plus discrètement, un nouvel avantage au PER : le report des plafonds qui est désormais de cinq ans.

L'intérêt du report de plafond du PER

Jusqu'en 2025, si vous n'utilisiez pas la totalité de votre plafond de déduction PER une année donnée, le reliquat restait mobilisable durant les trois années suivantes. À partir des plafonds générés en 2026, cette fenêtre passe à cinq ans.

Sur les versements effectués en 2026 (déclarés en 2027), le plafond maximum de déduction est de 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente (avec un minimum de 4 806 euros et un maximum de huit fois le PASS, soit 38 448 euros pour 2026). Si vous n'utilisez qu'une partie de ce plafond, le reste sera utilisable pendant encore cinq ans.

Ces deux années de report supplémentaires peuvent changer beaucoup de choses pour quelqu'un dont les revenus varient d'une année sur l'autre. Un commercial avec des années de commission irrégulières, un indépendant en phase de lancement, ou simplement quelqu'un qui a traversé une période de faibles revenus.

Une mesure qui n'est pas rétroactive

Attention cependant, le passage à cinq ans n'est pas rétroactif. Cela signifie que cette règle ne s'applique qu'aux plafonds générés à partir de 2026. Les plafonds antérieurs restent soumis à l'ancienne règle. Ainsi, en remplissant votre déclaration ce mois-ci, la partie que vous ne déduisez pas de votre PER cette année pourra être mobilisée seulement jusqu'en 2028. C'est à la prochaine déclaration que le report se fera sur cinq ans.

Un exemple étant plus parlant, prenons un cadre dont le salaire brut annuel s'élève à 80 000 euros. Son revenu imposable, après déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, est de 72 000 euros. Son plafond de déduction PER est donc de 7 200 euros par an (imaginons pour simplifier que ce soit le même les cinq années à venir).

Il passe cinq années à ne pas alimenter son PER, mais en 2032, ses moyens augmentent et il décide de verser massivement. Avec la nouvelle règle des cinq ans, il peut mobiliser ses plafonds non utilisés de 2027 à 2031, soit 36 000 euros de reports, auxquels s'ajoute son plafond 2032 : sa capacité de déduction totale atteint 43 200 euros. À 30 % de tranche marginale d'imposition, l'économie d'impôt dépasse 12 960 euros en un seul versement.

Sous l'ancienne règle des trois ans, il n'aurait pu mobiliser que trois années de reports, soit une capacité de 28 800 euros et une économie d'impôt de 8 640 euros. La réforme lui fait gagner plus de 4 300 euros d'impôt supplémentaires sur ce versement.