
Transformer ses jours de congés en épargne pour ses vieux jours. Ce n'est pas un tour de passe-passe, mais bien une possibilité offerte par votre PER d'entreprise collectif (aussi appelé Pereco ou Perecol). Pour rappel, ce produit d'épargne peut être proposé par toutes les entreprises depuis 2020. S'il reste facultatif, le règlement peut prévoir l'adhésion automatique de tous les salariés. Ainsi, selon le ministère du Travail, un quart des salariés étaient couverts par un Pereco en 2022.
Si c'est votre cas, et que vous arrivez en cette fin d'année avec plusieurs jours de congés non pris, vous avez l'occasion, non seulement, de ne pas les perdre, mais aussi de les verser en euros sur votre Pereco. Cela est possible si vous bénéficiez d'un compte épargne-temps (CET), et que vos jours de congés ont été stockés dessus. «Un avantage méconnu du PER collectif, si votre entreprise le permet, est la possibilité d'y intégrer des jours issus de votre CET», confirme Patrick Behanzin, directeur retraite collective et membre du comité exécutif de Natixis Interépargne.
Vous pouvez verser jusqu'à 10 jours de repos non pris par an
Plus précisément, «vous pouvez y verser jusqu'à 10 jours de repos non pris par an. L'argent correspondant à ces jours est immédiatement transformé en primes sur le PER», explique Patrick Behanzin. Et disposer d'un compte épargne temps n'est même pas une obligation : «Même sans CET, vous êtes quand même autorisé à verser jusqu'à 10 jours de repos non pris par an sur votre PER collectif», ajoute l'expert. Par exemple, pour un salarié payé au niveau du salaire médian (2 100 euros net), le prix d'un jour de congés sera de 105 euros (15 euros de salaire horaire multiplié par 7 heures de travail par jour). S'il lui reste 10 jours à prendre, il peut donc placer 1 050 euros sur son Pereco.
Il y a trois grands avantages à procéder ainsi. D'abord, si vous choisissiez de vous faire payer vos jours de congés, ils seraient soumis à l'impôt sur le revenu. L'indemnité compensatrice de congés payés est en effet considérée comme du salaire. Or, vous échappez à cette imposition en les versant sur votre Pereco. Ensuite, ces versements étant assimilés à des contributions volontaires, ils peuvent être abondés par l'employeur, si le règlement le prévoit. En l'occurrence, si votre entreprise a prévu l'abondement maximal de 300%, elle ajoutera 3 150 euros à vos 1 050 euros dans l'exemple précédent.
Enfin, contrairement à d'autres produits d'épargne souscrits à titre individuel, le versement de vos congés sera soumis à des frais réduits : «Il n'y a généralement pas de frais sur les versements et les frais de gestion financière sur les supports d'investissement (les unités de compte, ou UC) sont souvent beaucoup plus bas que sur le marché de l'épargne individuelle. Ils ont été négociés globalement par l'entreprise, ce qui garantit des tarifs plus compétitifs pour vous», assure Patrick Behanzin.



















