L’embrasement au Moyen-Orient va-t-il provoquer une pénurie de carburant et faire exploser les prix ? Il faut dire que la situation inquiète alors que les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz. Or, c’est par celui-ci que transitent 20% du pétrole consommé dans le monde. Mais les deux questions sont à dissocier. Pourtant, très rapidement, certains Français se sont rués vers les stations-service, préoccupés par la situation. Car dans la région, les alternatives sont peu nombreuses, hormis les oléoducs en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Mais leur capacité est bien moins importante.

Dans la foulée, le baril de pétrole a explosé à l’ouverture des bourses asiatiques (+13%). Pourtant, inutile de se précipiter à la pompe, martèle le président national Stations-service et Énergies nouvelles du syndicat Mobilians, Francis Pousse : «Non, il n’y a pas de risque de pénurie», assure-t-il au micro de RTL. Pourquoi ? «Déjà en France, on a ce qu’on appelle des stocks stratégiques. 90 jours sont stockés sur le territoire français, ce qui permet de répondre à des situations d’urgence comme celle d’aujourd’hui», a-t-il précisé.

Vers une augmentation des prix… au-dessus des deux euros ?

Ces réserves sont tout simplement une obligation légale de l’Etat. En outre, Francis Pousse précise que les approvisionnements ne s’arrêteront pas du jour au lendemain grâce à des «producteurs habituels non concernés par ce blocage du détroit d’Ormuz», ce qui permettra à la France d’être toujours alimentée. En revanche, l’augmentation du baril sur les marchés financiers pourrait avoir un impact. «On va attendre quelques jours, voire quelques semaines, pour avoir un impact sur le prix», laissait entendre sur TF1 l’experte en énergie Sophie Méritet.

Mais s’il y a une chose de quasi certaine, c’est que les prix à la pompe devraient augmenter, même si cela ne se fait pas du jour au lendemain. Si les tarifs sont déjà en légère hausse, la tendance pourrait se poursuivre d’ici le 4 mars, décrypte le journaliste économique de RTL et M6, Martial You. Il a comparé la situation à la guerre des douze jours en juin 2025 : «Au moment de l'offensive (…) il y a eu une flambée de 10% environ», avant que cela ne retombe.

En revanche, si la situation s’enlise, le litre de sans-plomb et celui du gazole pourraient dépasser les deux euros. Cela n’a plus été le cas depuis quatre ans et la guerre en Ukraine. Reste à savoir combien de temps le détroit d’Ormuz sera bloqué. Vulnérable à cause de sa faible largeur, il pourrait être difficile à traverser par les navires pour des questions d’assurance. Mais c’est surtout en cas d’embrasement régional que les cours du pétrole pourraient flamber.