Le détroit d’Ormuz va-t-il être bloqué dans les jours à venir ? Si Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 juin, et qu’Israël dit l’avoir accepté, les affrontements se poursuivaient tôt ce matin. La situation va-t-elle s’enliser ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre actuellement, mais une fermeture du détroit d’Ormuz aurait des conséquences sur l’économie mondiale, notamment parce que 20% du pétrole mondial y transite.

Une hausse des prix du baril et à la pompe est à craindre, mais s’il y a bien un pays qui pourrait perdre gros, c’est la Chine. Selon BFMTV, Pékin a importé 5,4 millions de barils/jour de brut au premier trimestre, et tous sont passés par le détroit d’Ormuz. La Chine s’approvisionne notamment en Arabie saoudite (15% de ses importations totales), mais c’est aussi un des seuls pays à acheter du naphte iranien, pourtant frappé par des sanctions américaines. Or, Pékin couvre 90% des exportations iraniennes.

Les Etats-Unis font pression sur Pékin

Aujourd’hui, selon le Wall Street Journal, il serait vendu deux dollars le baril, et la Chine acheminerait ce pétrole via des navires-fantômes avant de le transformer dans des usines de la province de Shandong. Si le détroit d’Ormuz était fermé, ce serait toute une économie circulaire qui serait touchée et qui serait préjudiciable autant pour la Chine que pour l’Iran. Raison pour laquelle le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a appelé dimanche 22 juin Pékin à pousser Téhéran à ne pas fermer le détroit d'Ormuz «car ils en dépendent fortement».

Dans les faits, la Chine n’aurait aucun intérêt à soutenir des frappes iraniennes contre les Etats-Unis, explique au New York Times Bonnie Glaser, responsable du programme Indo-Pacifique au German Marshall Fund. A contrario, l’Iran dépend fortement de la Chine, même si l’or noir iranien ne représente que 10% de la consommation chinoise. Un moyen de pression pour la Chine afin d’éviter que la situation ne s’embrase ?

Pas de perturbation dans le détroit

Pour l’analyste pétrolier chez Kpler, Matt Smith, interrogé par CNBC, couper le détroit d’Ormuz «interromprait une source de revenus essentielle» et ce serait «une blessure auto-infligée». L’Iran se sert-il du détroit pour faire monter les enchères ? C’est ce que croient plusieurs analystes. Il n’y a, actuellement, aucune perturbation dans le détroit, seulement des brouillages GPS. Dans tous les cas, «l'Iran ne pourra pas fermer le détroit d'Ormuz sans un plan B pour continuer à approvisionner la Chine», analyse la société TankerTrackers.