Acheter une voiture neuve n’a jamais autant fait grimacer au moment de signer le chèque. En 2025, le malus CO₂ est devenu un véritable piège à budget, capable d’ajouter plus de 1 000 euros - parfois bien davantage - à la facture finale, souvent sans que l’acheteur en prenne pleinement conscience. Abaissement du seuil d’imposition, barème plus sévère, cumul avec le malus au poids : la taxe environnementale frappe désormais bien au-delà des grosses cylindrées.

Selon une analyse des données d’immatriculations du SIV réalisée par Dataneo pour l’organisation professionnelle Mobilians, le malus moyen par véhicule a dépassé pour la première fois les 1 000 euros en 2025, faisant exploser les recettes de l’État. SUV familiaux, berlines pourtant courantes, modèles “bien équipés” : de plus en plus d’automobilistes passent à la caisse, parfois pour quelques grammes de CO₂ en trop. Mais alors, quelles sont les voitures qui coûtent le plus cher en malus ? Et surtout, qui sont vraiment les perdants de ce durcissement fiscal ?

Qui paie vraiment plus de 1 000 euros ?

Derrière les statistiques, certains modèles se distinguent nettement. Dans le classement des voitures qui ont rapporté le plus de malus à l’État, on trouve d’abord des voitures premium et des SUV de taille moyenne, souvent moins vertueux sur le plan des rejets. En tête, la Porsche 911, sportive emblématique, a généré à elle seule près de 30 millions d’euros de malus en 2025, ce qui indique un malus moyen très élevé par véhicule vendu.

Juste derrière, des SUV comme le BMW X3 et le Mercedes GLC figurent parmi les modèles les plus taxés, soit des voitures souvent au-dessus de 136 g/km de CO₂, le seuil à partir duquel le malus dépasse rapidement 1 000 euros avec les barèmes actuels. Mais ce ne sont pas que des voitures de luxe : le Volkswagen Tiguan ou le Citroën C5 Aircross, moins coûteux à l’achat, ont aussi contribué à alourdir la note pour leurs acheteurs, indiquant que le malus n’est plus réservé aux seuls gros SUV premium.

Plus globalement, dès ≈ 136 g/km de CO₂, le malus dépasse les 1 000 euros, avec une progression rapide par la suite. Ainsi, des modèles de gamme moyenne ou compacte affichant des émissions un peu élevées peuvent déjà coûter plusieurs milliers d’euros de plus à l’achat juste à cause de la taxe.

A quoi faire attention pour limiter le coût du malus ?

Pour les acheteurs, la leçon est désormais très concrète : le malus doit être intégré au budget dès le départ, au même titre que le prix catalogue ou les options. Première astuce, souvent sous-estimée : choisir une motorisation légèrement moins puissante peut faire chuter la note de plusieurs centaines, voire de milliers d’euros, en passant sous un seuil clé du barème. Étrangement, c’est aussi, parfois, une question de coloris original. Ce dernier peut être associé à un pack comme des jantes plus grandes ou un toit panoramique, qui alourdissent le véhicule, souvent plus puissant par ailleurs.

Autre levier : se tourner vers l’hybridation légère, aujourd’hui proposée sur de nombreux SUV et berlines. Sans être totalement exonérée, elle permet souvent de limiter le malus, contrairement aux versions essence ou diesel classiques. À l’inverse, les hybrides rechargeables lourds, longtemps perçus comme une solution miracle, sont de plus en plus pénalisés par le cumul du malus CO₂ et du malus au poids.

Enfin, certains consommateurs arbitrent autrement : retarder l’achat, opter pour l’occasion récente ou comparer très finement les versions d’un même modèle devient un réflexe budgétaire. Et à mesure que les barèmes se durcissent, savoir décoder le malus CO₂ devient une compétence presque indispensable avant de signer.

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