
En 2025, 125 000 véhicules ont été volés en France, selon les données du ministère de l’Intérieur. Le gouvernement met en avant une baisse de 9 % sur un an, mais difficile d’y voir un réel soulagement : une voiture est encore dérobée toutes les quatre minutes dans le pays.
Tous les automobilistes ne sont pourtant pas logés à la même enseigne. Certains modèles très répandus restent des cibles privilégiées des réseaux organisés, quand d’autres - notamment électriques - semblent moins intéresser les voleurs. Popularité du modèle, facilité de revente ou niveau de sécurité électronique : le risque dépend aujourd’hui autant du véhicule que de l’endroit où il est stationné.
Citadines et SUV en tête des vols
Contrairement aux idées reçues, les voleurs ne s’attaquent pas d’abord aux voitures haut de gamme. Les modèles les plus volés sont surtout ceux que l’on croise le plus sur les routes. En 2025, les citadines et les SUV compacts dominent largement les classements. Selon Roole, premier club automobile en France et acteur historique de la prévention contre le vol automobile, la Renault Clio arrive en tête avec 347 vols recensés, devant le Toyota RAV4 (162 vols), la Peugeot 208 (131) ou encore le Peugeot 3008 (109).
Ces voitures ont un point commun : elles sont faciles à écouler. Très populaires, elles alimentent un marché de la pièce détachée particulièrement rentable pour les réseaux organisés. Une Clio ou une 208 démontée trouve rapidement preneur, bien plus facilement qu’un modèle rare ou trop identifiable. Les SUV récents sont également prisés, notamment pour l’export à l’étranger, où leur valeur reste élevée.
Autre évolution marquante : la manière de voler les véhicules. De plus en plus de vols se font sans effraction visible, via le piratage des systèmes électroniques ou des clés sans contact, appelé «mouse-jacking». Une technique qui permet de dérober un véhicule en quelques minutes, sans trace apparente d’effraction.
Les électriques largement épargnées
Dans les classements des véhicules les plus volés, les voitures électriques brillent surtout par leur absence. Selon Roole, les voitures équipées de moteurs thermiques concentrent 54 % des vols sur le territoire en 2025. Les modèles hybrides suivent avec 36 % des véhicules dérobés, tandis que les voitures 100 % électriques restent très minoritaires, avec seulement 3 % des vols recensés. Un écart qui reflète aussi la composition du parc automobile français : sur les 39 millions de véhicules en circulation au 1er janvier 2024, 91 % sont des modèles thermiques.
L’écart tient également aux caractéristiques actuelles du marché. Les filières de vol reposent encore largement sur la revente de pièces détachées ou sur l’exportation des véhicules, deux débouchés aujourd’hui moins développés pour les modèles 100 % électriques : leur diffusion plus récente les rend moins attractifs pour les réseaux spécialisés. Attention toutefois à ne pas s’emballer car à mesure que la part des électriques progresse dans le parc automobile français, leur présence dans les statistiques pourrait augmenter.



















