Entre les taxis et le gouvernement, le bras de fer se poursuit. Après plusieurs semaines de mobilisation et à l’issue d’une manifestation et d’une réunion tenues ce mercredi, le ministre de la Santé Yannick Neuder a tendu la main aux représentants de la profession, selon l’AFP. Il a accepté en effet d'examiner leurs contre-propositions sur la rémunération du transport de patients. L’enjeu : concilier économies pour l’Assurance maladie et maintien d’un modèle viable pour les artisans-taxis. Ainsi, l’Assurance maladie (CNAM) devra chiffrer d’ici 15 jours, les suggestions formulées, notamment la prise en compte de la "marche lente" dans les embouteillages et un retour au tarif au compteur pour la plupart des trajets, délaissant le forfait jugé défavorable.

«Le ministre a compris que le système proposé par les services de la CNAM n'était absolument pas viable pour les entreprises de taxi», a déclaré Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des taxis, saluant un tournant dans les échanges jusque-là très tendus. Pour lui, il s’agit d’une grande avancée, et pour Emmanuelle Cordier, présidente de la Fédération nationale du taxi (FNDT), les négociations sont clairement meilleures quand les ministres sont présents que sans eux en réunion de travail avec la CNAM. Les taxis sont toutefois prêts à se remobiliser en cas de nouvelle déception, car ils sont «pris à la gorge», a souligné M. Boudjema auprès de l'AFP.

La profession artisan-taxi sous pression

Il faut dire que le climat est vraiment tendu. Après une pause d'une semaine et demie, la contestation a repris de plus belle devant le ministère de l'Economie. Dans un concert de pétards, plusieurs centaines de taxis de toute la France bloquaient une avenue devant Bercy, dans le sud-est de Paris. D'autres ont ralenti la circulation sur les autoroutes A10 et A13 autour de la capitale, selon la police. En mai déjà, des actions coup de poing avaient visé gares, aéroports et axes stratégiques dans tout le pays. Les taxis dénoncent aussi la concurrence déloyale des VTC, accusés de maraude illégale, et demandent plus de contrôles.

L’origine du conflit est la suivante : la nouvelle convention de la CNAM, censée entrer en vigueur au 1er octobre, qui prévoit une base de 13 euros par trajet complétée par un tarif kilométrique. Mais les chauffeurs redoutent des pertes importantes, en particulier si les temps d’attente lorsque le patient est en consultation à l'hôpital ne sont plus rémunérés. A noter que pour bon nombre d’artisans-taxis, le transport de patients représente parfois jusqu’à deux tiers du chiffre d’affaires, notamment en zones rurales et dans les petites villes. De l'autre côté, l’explosion des dépenses de transport sanitaire – 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés – pousse l’État à agir. L’Assurance maladie mise sur les plateformes centralisées et le transport partagé pour rationaliser les coûts.

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