Paris, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lyon, Pau... La circulation risque d’être fortement perturbée ce lundi 19 mai dans de nombreuses villes du pays. Les chauffeurs de taxi se mobilisent, à l’appel de 5 syndicats de la profession, pour contester les nouveaux tarifs du transport sanitaire, devant entrer en vigueur le 1er octobre. Selon la réforme, les taxis seront rémunérés sur la base d’un forfait de prise en charge fixé à 13 euros et d’une tarification kilométrique harmonisée au niveau départemental.

Résultat : des tarifs globalement inférieurs à ceux actuellement appliqués. L’objectif de l’Assurance maladie est clair : contenir les dépenses liées au transport sanitaire. Une mesure controversée qui suscite la colère des professionnels. «Cela va impacter nos sociétés et les transports de patients et cela va donc déstabiliser l'accès au soin. Pour nous, c’est inacceptable. On ne parle plus de patients, mais d’argent et ça n'est pas notre façon de travailler», a dénoncé sur RMC Emmanuelle Cordier, présidente de la Fédération nationale du taxi.

Une baisse du chiffre d’affaires «de 30 à 40%»

L’organisation estime que cette nouvelle tarification «va réduire le chiffre d’affaires des chauffeurs de 30 à 40%», et demande «un moratoire sur la convention actuelle jusqu’à ce que la CNAM». La mobilisation des taxis s’annonce très importante ce lundi avec des blocages et des opérations escargots un peu partout à travers l'Hexagone. «Paris et Pau vont être bloqués, comme d’autres grandes villes de France. Il y aura aussi des journées blanches d’accès aux soins, c’est-à-dire que nous ne ferons plus en majorité les transports médicaux vers les hôpitaux», prévient la Fédération nationale du taxi.

Les chauffeurs de taxi en colère souhaitent être reçus à Matignon, estimant «être méprisés par nos ministres». «Le président d’Uber est reçu mais nous qui sommes français, qui travaillons sur le sol français et qui avons une économie très impactante, nous ne sommes même pas reçus par nos ministres», a déploré Emmanuelle Cordier.