
Le débat sur le prix des péages pourrait être relancé de façon durable. Il y a quelques jours, le cabinet Lèguevaques, spécialisé dans les actions collectives, pointait du doigt l’écart entre le prix payé par les conducteurs et le service rendu aux automobilistes. L’avocat Me Christophe Lèguevaques lance donc une action en promettant «aux particuliers et aux entreprises de récupérer une partie du surprofit déjà payé». Un combat que mène le maire de l’Union, en Haute-Garonne, depuis 25 ans déjà, explique TF1.
Sa commune est collée à l’un des péages les plus chers de France, plus exactement à 1,2 kilomètre. Chaque jour, les automobilistes se rendant dans la commune doivent payer 50 centimes, une petite somme qui peut rapidement gonfler si on doit la payer quotidiennement. «Je sors juste après, c’est pas rentabilisé», déplore un automobiliste au micro de nos confrères. Un autre relativise bien malgré lui. «Il faut bien entretenir les autoroutes, après, payer pour 500 mètres, voilà…»
Un «surprofit» qui doit être «restitué»
Selon Marc Péré, maire DVG de la commune, les concessionnaires s’enrichissent sur le dos des automobilistes. «Ce sont des sommes considérables qui auraient pu servir à moderniser tout le parc de transport en France, et à la place de cela, l’Etat a délibérément choisi que l’argent parte dans la main des actionnaires, c’est un scandale total», fustige l’édile. Il a donc rejoint l’action collective de Me Lèguevaques.
Interrogé par TF1, ce dernier justifie son action en prenant l’exemple d’un trajet entre Toulouse et Marseille. «En 2022, on payait à peu près 34 euros, et pour l’Inspection générale des finances, le juste prix serait de 15 euros. Ce surprofit doit être restitué aux consommateurs», martèle-t-il. Lors de la présentation de son action collective, il déplorait que «33% du péage parte immédiatement en dividendes», raison pour laquelle il souhaitait saisir le Conseil d’Etat afin de «faire constater l'illégalité des hausses tarifaires».
Toutefois, pour rejoindre la procédure, il faut régler 36 euros pour un particulier et 720 euros pour un professionnel. Sa procédure doit être lancée à l’automne prochain et elle pourrait durer entre six mois et deux ans. Il estime que s’il obtient gain de cause, les automobilistes pourraient récupérer jusqu'à 58% des sommes payées ces dernières années.


















