
BYD a pris pour la première fois la tête du marché mondial des voitures électriques en 2025, reléguant Tesla à la seconde place. Cette performance résulte de son expansion internationale rapide et des difficultés rencontrées par le groupe américain, entre contexte réglementaire complexe et image de marque affectée. Fin novembre, le constructeur chinois basé à Shenzhen avait vendu 2 066 002 véhicules entièrement électriques, franchissant ainsi un seuil historique, souligne BFM Business ce lundi 29 décembre.
La marque d’Elon Musk, en comparaison, avait écoulé 1 217 902 véhicules fin septembre, selon les dernières publications disponibles. Cette avance considérable rend improbable un rattrapage d’ici la fin de l’année. Le troisième trimestre avait pourtant été favorable pour Tesla, stimulé par l’arrêt imminent d’un crédit d’impôt aux Etats-Unis, incitant de nombreux acheteurs à anticiper leur acquisition. Les livraisons mondiales ont ainsi bondi de 7% sur un an, à 497 099 véhicules.
Des ventes décevantes pour Tesla
Mais les analystes prévoyaient rapidement un ralentissement au trimestre suivant : FactSet table sur 449 000 véhicules livrés au quatrième trimestre, soit une baisse de 9,48% sur un an, et une année 2025 à 1,65 million de véhicules, nettement inférieure au chiffre de BYD au 30 novembre. Les estimations pourraient même être plus basses. Deutsche Bank anticipe 405 000 véhicules Tesla au quatrième trimestre et UBS 415 000. Selon Deutsche Bank, ce repli s’explique par des ventes plus faibles qu’attendu en Amérique du Nord (-33%), en Europe (-34%) et en Chine (-10%). TD Cowen est un peu plus optimiste avec 429 000 véhicules, tout en soulignant que «le trimestre a été un peu délicat», notamment à cause de la fin du crédit d’impôt, selon l’analyste Itay Michaeli.
«Les livraisons de Tesla vont montrer des signes de faiblesse au quatrième trimestre», estime Dan Ives, directeur chez Wedbush Securities. Les ventes du constructeur américain ont également souffert d’une transition électrique plus lente que prévu, de la concurrence croissante et de décisions politiques controversées liées au retour de Donald Trump à la Maison Blanche. La proximité d’Elon Musk avec l’ancien président a terni l’image de la marque, provoquant manifestations, appels au boycott et dégradations, notamment en Europe, où les ventes ont chuté.
Pendant ce temps, BYD a maintenu sa trajectoire de croissance fulgurante. Malgré une prudence des consommateurs sur son marché domestique, le constructeur chinois multiplie ses initiatives à l’étranger. «BYD est l’un des pionniers dans l’installation de capacités de production et d’approvisionnement pour véhicules électriques hors de Chine», affirme Jing Yang, directrice pour l’Asie-Pacifique chez Fitch Ratings.
Cette stratégie de diversification géographique lui permet de mieux naviguer dans un contexte mondial complexe, notamment face aux droits de douane américains pouvant atteindre jusqu’à 150% pour les véhicules électriques importés de Chine. Les constructeurs chinois bénéficient également d’un secteur largement subventionné par Pékin, ce qui leur permet de rester compétitifs et de conquérir des parts de marché à l’international.
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