
BYD, «bide» ou «bi ouaille di», les automobilistes français ne savent peut-être pas encore comment prononcer ce blaze, mais ils commencent en tout cas à en entendre parler. Car, au-delà de son nom, la marque automobile chinoise «Build Your Dream» (ou «fabriquez vos rêves» en français), est en pleine effervescence. Alors qu’il vient de fêter ses 30 ans d’existence, BYD est en effet devenu le numéro un mondial des ventes en 2024, à 4,2 millions d’unités (+41% vs 2023), surpassant le constructeur Tesla grâce à un chiffre d'affaires record de 107,2 milliards de dollars (+29%). Loin des 97,7 milliards de dollars et du 1,8 million d’unités vendues par son rival américain sur la même période, selon des documents boursiers. Le constructeur chinois s’est aussi mis en tête de conquérir certains marchés internationaux, notamment en Europe, où de nombreuses concessions ont ouvert leurs portes, tandis que de grandes campagnes de communication voyaient le jour, sponsorisant notamment l’Euro de football 2024. Le tout alors que Tesla subit depuis plusieurs mois le contrecoup de l’implication de son patron Elon Musk aux côtés de Donald Trump. Il y a là une carte à jouer, sûrement. Voler la vedette à la marque américaine peut se tenter en France, où les Model Y ou 3 et leurs propriétaires sont aussi pris à partie. Voilà pourquoi BYD a décidé d’appuyer sur le champignon.
C’est quoi BYD en France ?
Face à Tesla, la Chine dégaine clairement son atout BYD sur le marché français. Et cela passe par un réseau physique. À son arrivée tout début 2023, il ne comptait que 2 concessions ouvertes, alors qu’à date il a dépassé les 50 points de vente en France, jusqu’à s’offrir une vitrine sur les Champs-Elysées l'été dernier. Cela constitue une vingtaine de points de vente en plus comparé au réseau de Tesla, qui en compte à peine 30 depuis son implantation en 2014. Mais l’américain fait le choix clairement assumé de vendre en ligne, sacrifiant ainsi l’aspect SAV. Sollicité par Capital, BYD France nous dit au contraire ne pas vouloir commercialiser de voitures électriques à distance, pour maximiser ses chances de convaincre. «Nous devions lever deux freins dès lors que nous sommes apparus en France, à savoir rassurer les clients sur le fait que nos produits ont beau être chinois, ils sont de qualité, et sur le suivi en atelier de nos véhicules, en créant un service après-vente digne d’un constructeur». D’ici à la fin de l’année, plusieurs ouvertures devraient s'orchestrer, pour atteindre la barre des 120 points de vente dans notre pays, selon l’objectif de la direction.
Les ventes de voitures électriques badgées BYD ont logiquement suivi ce développement dans l’Hexagone, même si elles restent faibles. En 2024, le constructeur chinois a immatriculé plus de 6 000 modèles, contre 40 700 pour Tesla. L’année 2025 devrait se conclure en forte hausse, puisque le nombre de voitures vendues est déjà en augmentation de 41% sur un an, au premier trimestre. Même s'il est vrai que pour doper ses performances, BYD n’hésite pas à casser ses prix…
Sa gamme de 10 modèles est également davantage diversifiée que celle de l'américain, qui n’en compte que 4. Elle couvre toutes les catégories, de la compacte Atto 3, à la berline familiale Seal ou au SUV hybride rechargeable Seal U DMi, pour des prix allant de 28 900 euros à 70 000 euros. A noter que le constructeur est aussi équipementier, et fabrique ses propres batteries… jusqu’à les fournir entre autres à Tesla. Il maîtrise de la sorte 95% de sa chaîne d’approvisionnement. Dans le monde, 1 million de salariés (50 en France) travaillent pour son compte, dont 100 000 ingénieurs.
Si Tesla a longtemps dominé le marché des véhicules électriques, BYD représente donc une concurrence sérieuse. Mais comme l’Américain, le Chinois doit faire face à des défis, liés notamment aux surtaxes imposées par l'Union européenne. Pour contourner ces obstacles et obtenir l'éligibilité du bonus écologique français, l'entreprise envisage de localiser une partie de sa production en Europe, avec des projets d'usines en Hongrie et en Turquie. Ce qui pourrait porter de nouveaux coups à la concurrence.
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