L’IA est devenue le nouvel argument phare des fabricants d’aspirateurs robots. Après la course à la puissance d’aspiration, place à la promesse d’un robot vraiment autonome, capable de décider quand et comment nettoyer. Il s’agit de réduire les interventions manuelles pour faire gagner du temps à l'utilisateur et lui éviter des problèmes à gérer. Les derniers modèles planifient désormais leurs cycles en fonction de nos habitudes, modulent la puissance selon le type de sol et savent contourner les obstacles pour ne plus renverser la gamelle du chat ou aspirer les câbles et chaussettes qui traînent. Une révolution par rapport aux modèles classiques ?

Une évolution par étapes

Les fabricants d’aspirateurs n’ont pas attendu l’arrivée de ChatGPT pour intégrer des fonctions intelligentes dans leurs robots. Les premières fonctions d’IA ont vu le jour à la fin des années 2010. À la faveur de capteurs plus précis (lidar ToF, caméras RGB et IR…), les robots se sont mis à cartographier les pièces et à mémoriser leur disposition, ce qui leur a permis de ne plus se déplacer au hasard. Peu après, les algorithmes ont appris à reconnaître les obstacles pour éviter les câbles ou les chaussons, par exemple, et à gérer plusieurs étages pour s’adapter aux maisons.

© Fabien Pionneau pour Capital

Les robots ont encore franchi un nouveau cap au début des années 2020 : détection du type de sol pour ajuster l’aspiration, planification optimisée pour économiser la batterie, puis détection des taches et intégration d’assistants vocaux. Les modèles de 2025 vont encore plus loin avec une reconnaissance 3D ultra-précise et des algorithmes capables d’anticiper nos besoins.

Un marché qui explose

Les derniers chiffres de NielsenIQ x GfK révèlent une croissance à deux chiffres en valeur pour les robots aspirateurs (+ 24,6 %), le volume des ventes augmentant pour sa part de 7 % en 2024.

Le prix moyen est également en hausse et atteint désormais 456 €, preuve que les foyers sont prêts à payer pour un appareil plus autonome et polyvalent (les fonctions de lavage des sols se généralisent aussi).

IA : gadget ou vraie avancée ?

Soyons honnêtes : tout ce qui est vendu comme « IA » ne change pas le quotidien. Certains robots se contentent de tracer un plan de la maison ou d’éviter les murs et les plus gros obstacles, sans vraie intelligence. Là où la différence se fait sentir, c’est lorsqu’un robot reconnaît des objets ou détecte et analyse une tache pour ensuite repasser uniquement à cet endroit. Il adapte également sa navigation en fonction des zones les plus salissantes (cuisine, entrée…) ou propose un planning proactif réellement pertinent.

© Fabien Pionneau pour Capital

La cartographie 3D permet par ailleurs une navigation fluide même dans les intérieurs complexes, tandis que les assistants vocaux intégrés rendent le pilotage et la configuration plus naturels. Enfin, l’optimisation énergétique est devenue cruciale pour ceux qui possèdent de grandes surfaces, garantissant un cycle complet sans recharge interminable.

Des technologies réservées aux fleurons

Dernier-né de la marque Ecovacs, le Deebot X11 illustre cette tendance. Nous avons donc voulu mesurer à l'usage l'efficacité réelle de cette "intelligence".

Sa fonction AI Stain Detection 2.0 détecte les taches et adapte automatiquement l’intensité du lavage, quitte à repasser sur les zones très sales. Son système AIVI 3D 3.0 reconnaît les objets, les animaux ou les personnes et adapte sa trajectoire en conséquence. Nos chats, habitués à s’étaler au beau milieu du séjour, n’ont ainsi jamais été dérangés durant nos tests des fonctions d’IA du X11.

L’assistant vocal Yiko, pour sa part, est basé sur un grand modèle de langage avancé (LLM), pour commander le robot à la voix. Yiko peut également fournir une assistance avec un guidage vocal par étapes afin de résoudre un problème sans forcément avoir à contacter le service client.

© Fabien Pionneau pour Capital

Ces fonctions intelligentes sont associées à plusieurs nouveautés qui rendent le X11 plus autonome. Sa recharge rapide PowerBoost lui redonne ainsi de l’énergie lorsqu’il vient nettoyer son rouleau laveur et se remplir à sa base, portant ainsi sa capacité de nettoyage à 1 000 m2 d’une seule traite. Quant à sa station OmniCyclone sans sac, elle vide le bac, lave et sèche la serpillière à l’eau chaude, pour réduire encore plus les interventions de l’utilisateur. Durant notre premier mois d’utilisation, nous n’avons ainsi eu qu’à vider le réservoir d’eau sale et remplir celui d’eau propre lorsque le robot le demandait (1 à 2 fois par semaine selon la surface et la fréquence de lavage).

Notre avis : le X11 nous a paru effectivement très efficace et plus autonome que la moyenne. Il se révèle à la fois puissant et intelligent, s’appuyant sur des fonctions d’IA qui n’ont rien de gadget. Nos principaux reproches, côté IA, concernent quelques failles dans la détection d'obstacles quand il nettoie la moquette et un nettoyage des taches incrustées parfois laborieux. Si tout n’est pas parfait — en témoigne notre test complet du robot —, il fait toutefois partie des modèles les plus intelligents que nous ayons vus en effet.

Cinq autres modèles qui sortent du lot

Parmi les modèles récemment testés sur beincrypto1.de, cinq se distinguent par la richesse et l’efficacité de leurs fonctions « intelligentes ». En tête de liste, le Dreame X50 Ultra Complete illustre parfaitement la montée en puissance de l’IA dans les robots aspirateurs : cartographie précise du logement par capteur Lidar, reconnaissance de 200 types d’objets et analyse du niveau de saleté du sol font partie des fonctions intelligentes qui font la différence dans la pratique.

Le Xiaomi Robot Vacuum X20 Max va plus loin dans la personnalisation grâce à sa reconnaissance d’objets améliorée, qui permet d’éviter les câbles et les chaussons laissés au sol, tout en ajustant automatiquement son parcours. Ses algorithmes adaptatifs décident de l’ordre de passage pièce par pièce et modulent la puissance ou le nombre de passages selon le niveau de salissure estimé.

Le Narwal Freo Z10 Ultra se démarque par sa station qui pilote tout le cycle de lavage : le robot rince et sèche ses serpillières à l’eau chaude, sans intervention humaine. Son IA analyse la saleté détectée pour déclencher un deuxième passage uniquement lorsque c’est nécessaire, ce qui réduit le temps de nettoyage et la consommation d’eau.

De son côté, l’Ecovacs X8 Pro Omni combine une cartographie laser précise à la technologie AIVI 3D pour reconnaître les objets du quotidien. Son système de lavage au rouleau, associé à la détection intelligente des bords, assure un nettoyage méthodique même dans les recoins difficiles.

Enfin, le Roborock Saros Z70 impressionne par son ensemble de capteurs et surtout son bras motorisé inédit. Grâce à la reconnaissance d’objets par IA, ce dernier soulève certains obstacles identifiés pour les contourner plus efficacement, voire les ranger. Ajoutons à cela une cartographie 3D rapide et des algorithmes capables d’optimiser les trajets en temps réel, et l’on obtient l’un des modèles les plus sophistiqués du marché, pensé pour un usage véritablement autonome.

Et demain ?

L’avenir de l’aspirateur robot restera assurément marqué par l’intelligence artificielle et la connectivité. Meilleure intégration dans la maison connectée, adaptation aux habitudes des utilisateurs et reconnaissance d’objets toujours plus fine sont autant de critères sur lesquels misent les fabricants. L'IA pourrait également se mettre davantage au service de la robotique en aidant au guidage d'éventuels bras motorisés comme celui du Saros Z70, encore largement perfectible d'ailleurs selon nos tests.

L’entretien se réduit également toujours plus : nettoyage automatique des filtres et des serpillères, diagnostic préventif et pièces remplaçables sans intervention du SAV. L’IA ne se contentera plus de réagir : elle anticipera les zones à nettoyer avant même que la saleté ne soit visible.

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