Le constat est implacable. Selon la dernière étude publiée par le cabinet Converteo, intitulée «Quand l’intelligence artificielle redessine le e-commerce», les Français plébiscitent de plus en plus l’intelligence artificielle. Et c’est le cas en particulier pour leurs décisions d’achat. Début 2026, près d’un consommateur sur deux délègue déjà une partie de son parcours d’achat à des IA conversationnelles. Est-ce une bonne idée ? Pour en avoir le cœur net, la rédaction de BFMTV a mené à bien son propre test.

En se basant sur un panier de huit produits très courants, la journaliste Charlotte Méritan a demandé à ChatGPT de comparer leur prix dans les principales enseignes d’un même quartier. Si l’estimation globale du panier est proche de la réalité, il y a de nombreuses erreurs lorsque l’on étudie produit par produit et enseigne par enseigne. Ainsi, il y a plus de deux euros entre le prix du jambon estimé par ChatGPT et le vrai prix du jambon dans les quatre enseignes.

Des différences allant jusqu’à quatre euros

La différence atteint même 4 euros pour le jambon vendu chez Leclerc, 3,50 euros pour celui de Lidl, 4,20 euros pour celui d’Intermarché et 4,50 euros pour celui d’Auchan. C’est même pire pour le café avec une différence de 4 euros entre l’estimation de l’IA et le prix affiché par Lidl, et même 4,50 euros avec Intermarché et Auchan. Globalement, il y a des erreurs sur tous les produits sauf le lait et le riz. L’agent conversationnel peut donc donner des indications, mais il ne s’agit pas d’un outil sur lequel se reposer.

D’autant que BFMTV s’est rendu compte que, parmi les sources utilisées par ChatGPT pour trouver le supermarché le moins cher dans un environnement donné, il y avait le site «quiestlemoinscher.leclerc». Or, comme son nom l’indique, il s’agit d’un site créé… par Leclerc pour faire sa publicité. ChatGPT ne fait ainsi pas la différence entre une source publicitaire et une source neutre.

Les IA piégées

Toutefois, il n’y a pas que l’alimentation de concernée. Charlotte Méritan a décidé de piéger Gemini, l’agent conversationnel de Google, en lui demandant de trouver un pull à bon prix sur un site dont elle savait qu’il était frauduleux. L’IA lui a répondu que «c’était le moment pour faire de bonnes affaires» en lui listant les bons plans sur le site. L’arnaque n’a donc pas été repérée.

Enfin, ces outils d’intelligence artificielle ne semblent pas non plus repérer les éléments illégaux. En demandant à ChatGPT où trouver une trottinette roulant à plus de 50 km/h, l’agent fournit de nombreuses réponses sans préciser que cela est interdit en France. Selon une étude, neuf fois sur dix, les agents IA shopping font des recommandations erronées ou pas assez précises. Et elles tombent très facilement dans les pièges marketing.