
En cette journée mondiale de l’audition, lundi 3 mars, RMC Conso a mené l’enquête. En effet, si la déficience auditive touche près d’un adulte sur quatre, d’après les chiffres d’une étude menée en 2022 par l’Inserm et l’Université de Paris, ce n’est pas le seul mal dont souffrent les patients. Et pour cause, qui dit handicap et appareil pour y remédier, dit nécessairement escrocs qui flairent le bon coup. Et pour cause, afin d’accompagner les personnes atteintes de déficience auditive, l’Assurance maladie couvre complètement l’achat du dispositif, dans une limite de 1 900 euros.
Il n’en fallait pas plus pour que les malfrats s’intéressent à ce marché. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont nombreux à s’y essayer. En 2024, 35 millions d’euros de tentatives de fraudes ont été repérés par l’Assurance maladie. Pour ce faire, les arnaqueurs ont plusieurs flèches à leur arc. «La première est une pure fraude financière, elle consiste à faire de fausses factures d'appareils auditifs et de fausses feuilles de soin, à l'aide de numéros de Sécurité sociale volés, achetés sur le dark web», témoigne Brice Jantzem, président du Syndicat des audioprothésistes, auprès de nos confrères.
Les escrocs utilisent aussi des numéros de Sécu non volés. En effet, une autre de leur technique consiste à contacter des personnes en ligne afin d’obtenir leur numéro en question en leur promettant, en retour, de leur reverser une partie de la somme dérobée. Seulement voilà, une ultime procédure est utilisée par certains, avec des conséquences qui peuvent être bien plus dramatiques. Cette dernière consiste à démarcher téléphoniquement des personnes âgées susceptibles de vouloir bénéficier du programme de l’Assurance maladie et profiter du 100% Santé.
Gare aux faux prothésistes par téléphone
Le président du Syndicat des audioprothésistes alerte les potentielles futures victimes : «Il ne faut jamais accepter ces rendez-vous, le démarchage téléphonique dans notre secteur est interdit. La marche à suivre, si vous ressentez une perte auditive, c'est d'abord un rendez-vous chez votre généraliste, puis chez un ORL, et après seulement chez un audioprothésiste.» Bien que des prothèses soient souvent proposées, elles sont bon marché. En outre, aucun suivi n’est assuré par les malfrats.
Consciente du problème, l’Assurance Maladie a renforcé les contrôles. Elle s’assure que les centres qui la contactent sont bien réels et s’appuie sur de vraies prescriptions médicales. Par ailleurs, depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, il est obligatoire d’utiliser la carte vitale du patient et non plus une simple fiche de soin facilement détournable.


















