
On ne le répétera jamais assez : méfiez-vous des messages ou des appels téléphoniques d’inconnus. Les escrocs sont légion en France et rivalisent d’ingéniosité pour faire tomber dans le panneau leurs victimes. L’une des plus courantes est l’arnaque au faux conseiller. Concrètement, des malfrats usurpent le numéro de téléphone de votre banque. Mises en confiance, les interlocuteurs peuvent alors faire des virements ou donner la main sur leur compte aux escrocs, qui les ont alertés auparavant de mouvements d’argent suspects. Bien évidemment, il n’en est rien.
Si l’on n’a pas de chiffres précis sur le nombre d’escroqueries au faux conseiller, Le Parisien rapporte qu’en 2023, l’ensemble des arnaques dites de manipulation à l’aide de faux messages ou d’appels a permis aux criminels d'amasser 379 millions d’euros. Une sacrée somme donc. Mais alors, quid des victimes ? Leur argent envolé, elles peuvent se tourner vers leurs banques. Elles ont légalement l’obligation de rembourser leurs clients. Toutefois, elles peuvent invoquer, dans certains cas, une négligence grave de leurs clients.
Un arrêt de la Cour de cassation qui pourrait changer la donne
Interrogée par le quotidien francilien, Me Alice Meier-Bourdeau, avocate à la Cour de cassation, indique que «dans tous les dossiers où on arrive à démontrer qu’il y a une faille de sécurité grave de la banque, et que le client pouvait raisonnablement penser que cette dernière était son interlocuteur». Pour autant, les victimes ne sont pas toujours indemnisées. Loin de là.
En effet, régulièrement, les clients autorisent les virements. Bien évidemment, ils pensent alors que les opérations sont commandées par leur banque, ou tout du moins le conseiller qu’ils ont eu en ligne. Dans ces cas-là, les établissements bancaires refusent régulièrement de rembourser les fonds perdus. Mais cela pourrait changer. Le 23 octobre dernier, la Cour de cassation a rendu un arrêt dans lequel elle a condamné BNP Paribas à rembourser à une victime de l’arnaque au faux conseiller les 54 000 euros qu’il s’était fait soutirer.
Un seul mot d’ordre : méfiance
Contactée par Le Parisien, BNP Paribas acte simplement la décision de la cour. La Fédération bancaire française estime quant à elle que «chaque cas nécessite une instruction du dossier pour définir s’il y a lieu de rembourser ou non». Il y a donc encore du chemin avant de voir tous les clients remboursés. En attendant, gardez bien en tête qu’aucun conseiller bancaire ne vous appellera pour que vous effectuiez une opération en ligne. Le bon réflexe : raccrocher.



















