
La date butoir est fixée au 1er mars. Industriels et grande distribution ont jusqu’à cette date pour s’entendre. Toutefois, on le sait déjà, des produits vont voir leurs prix de nouveau augmenter malgré une inflation au plus bas en janvier. Alors que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a accusé la grande distribution de pressions inacceptables et de s’adonner à un «chantage mortifère», les géants de la grande distribution sont montés au créneau, à l’image du PDG de Carrefour, déplorant des propos «irrespectueux».
De son côté, Intermarché a pris des mesures fortes, indique RMC. Le distributeur a d’ores et déjà indiqué que certaines références seraient temporairement déférencées à cause de ces négociations commerciales qui n’ont pas abouti. C’est le journaliste spécialisé dans la grande distribution, Olivier Dauvers, qui a dévoilé l’information, en relayant une affichette «information client» présente dans un magasin. «Afin de continuer à vous proposer des prix justes et accessibles, notre groupement fait le choix de négocier fermement avec ses fournisseurs», peut-on lire en préambule.
Un accord avec Lactalis ?
Intermarché ajoute ensuite que ces décisions «peuvent entraîner l’indisponibilité temporaire de certaines marques, et donc des rayons partiellement en rupture». En dessous, le distributeur liste les marques concernées en affichant leurs logos, et dont bon nombre sont connues des Français comme Liebig (soupes), mais également les gourmandises chocolatées KitKat, Smarties ou Lion. Parmi les autres marques, on retrouve Nesquik, les yaourts Lindahl's, Yaos, les céréales Chocapic, Crunch et Lion et celles pour animaux Purina et Friskies.
Or, toutes ces marques appartiennent… au groupe Nestlé. Mais d’autres groupes sont également concernés, comme Lactalis, puisque les logos des fromages Président apparaissent également, tout comme Leerdammer et Galbani. Auprès de RMC, Intermarché, qui reproche globalement à des fournisseurs de vouloir «appliquer des augmentations de prix injustifiées», reconnaît un conflit avec Lactalis. La bûche de chèvre Président se raréfie en effet dans ses magasins depuis la fin du mois de janvier.
Les groupes étrangers davantage concernés ?
Toutefois, l’enseigne tempère auprès de RMC quant à l’affiche trouvée par Olivier Dauvers, évoquant une initiative isolée, et assure que la majorité des produits Nestlé sont disponibles dans les Intermarché. «Ce n'est en rien un déréférencement national», ajoute le groupe. Les désaccords pourraient-ils rapidement tomber ? Oui avec des produits comme Président s’ils ont un approvisionnement français dans leur composition. En revanche, il existe toujours des dissensions avec Heinz, Galbani ou Senseo. Distributeurs trop exigeants ou industriels trop gourmands ? Il est toujours compliqué de répondre à cette question !




















