
Dans la bataille mondiale des smartphones, Apple peut souffler, au moins temporairement. Selon les données récentes de Counterpoint Research dévoilées ce lundi 14 avril, la firme californienne garde sa première place au premier trimestre 2025 avec 19 % des parts de marché mondiales. Elle devance d'une courte tête Samsung (18 %). Une première historique pour Apple sur un premier trimestre, période d'habitude plus propice à son rival sud-coréen.
Cette performance, Apple la doit en grande partie à son dernier modèle, l'iPhone 16e, lancé fin février. Successeur spirituel de l'iPhone SE, ce smartphone à 719 euros est une version plus abordable et un peu allégée de l'iPhone 16. Un pari audacieux, visiblement réussi : en l'espace de quelques semaines, l'iPhone 16e est devenu un best-seller, particulièrement prisé sur les marchés asiatiques.
L'Asie à la rescousse d'Apple
Selon le rapport, les ventes du dernier-né d'Apple ont ainsi battu des records en Inde et au Japon, au point de compenser largement les mauvais résultats enregistrés aux États-Unis, en Europe et même en Chine. Dans ces régions historiques pour la marque, les ventes de l'iPhone stagnent ou déclinent légèrement. Mais la dynamique asiatique suffit à inverser la tendance et à permettre à Apple d'afficher une hausse globale de ses ventes de 4 % sur un an.
Samsung, quant à lui, accuse le coup. Malgré la sortie très médiatisée fin janvier de sa gamme Galaxy S25, regroupant S25, S25+ et S25 Ultra, ses ventes enregistrent une baisse de 5 %. Le retard au démarrage des nouveaux Galaxy et l'absence de véritable engouement populaire pour les smartphones pliables et les innovations liées à l'intelligence artificielle, deux axes majeurs pour le constructeur sud-coréen, semblent peser.
Xiaomi et les autres chinois en embuscade
Derrière le duel habituel entre les deux géants du secteur, la concurrence chinoise continue de se montrer très offensive. Xiaomi, en troisième position avec 14 % de parts de marché, affiche une belle croissance de ses ventes (+5 %), porté par la Chine et la conquête progressive d'autres marchés émergents. Vivo et Oppo complètent le top 5, bénéficiant eux aussi d'une dynamique positive, notamment dans les mêmes régions stratégiques que Xiaomi.
Au-delà de ces cinq poids lourds, les "seconds couteaux", regroupant des marques comme Motorola ou Honor, progresse elle aussi de 6%. Désormais, ces entreprises pèsent ensemble 33 % du marché mondial.
Tensions commerciales et croissance fragile
Sur fond de tensions commerciales persistantes entre les États-Unis et la Chine, le marché global des smartphones a tout de même enregistré une légère hausse de 1,5 % en début d'année. Apple avait anticipé les menaces tarifaires agitées par l'administration Trump en important massivement des stocks d'iPhone fabriqués en Inde : quelque 600 tonnes, soit 1,5 million d'unités, ont ainsi été acheminées par avion-cargo pour contourner d'éventuels droits de douane américains.
Si le gouvernement Trump a récemment suspendu, temporairement, les taxes douanières sur les smartphones importés de Chine, cette période d'incertitude n'en est pas moins préoccupante pour les acteurs du secteur. D'après Ryan Reith, vice-président d'IDC, ce sursis tarifaire "offre un allégement temporaire aux entreprises américaines", mais n'efface pas leur forte dépendance à l'égard des chaînes d'approvisionnement chinoises.
Pour Counterpoint Research, la situation reste d'ailleurs incertaine. Après un bon début d'année, une contraction du marché mondial reste possible sur l'ensemble de 2025. Les hausses tarifaires potentielles liées aux conflits commerciaux pourraient peser lourd sur l'appétit des consommateurs. Reste à voir si l'iPhone 16e continuera de jouer les bouées de sauvetage pour Apple, ou si le marché entrera dans une phase plus turbulente.



















