Est-ce que le prix de l’essence va baisser ? «C’est difficile de savoir». Interrogé sur le coût du carburant dans le Face à face de BFMTV lundi 30 mars, Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires, a rapidement planté le décor. Le marché «extrêmement volatile dépend, au jour le jour, de ce qu’il se passe au Moyen-Orient, des frappes sur les sites pétroliers, la situation du détroit d’Ormuz et les déclarations de Trump», a-t-il jugé.

Thierry Cotillard en est allé de sa pique au gouvernement, qui disposaient, ces dernières semaines, de marges «extrêmement réduites» : «Vous aviez d’un côté cette volatilité de la matière première. De l’autre, vous aviez un déficit public record et au milieu une pression politique. C’était facile de trouver un bouc-émissaire». «Je suis ravi qu’ils soient venus contrôler», note-t-il également mais ajoute qu’en cas d’abus «si on n’avait été sanctionné, on aurait fait la Une des journaux».

Une hausse de 47 centimes depuis la guerre en Iran

Seuls 6% des contrôles ordonnés par le gouvernement avaient finalement conduit à des sanctions. Signe pour Thierry Cotillard qu'il n'y a pas eu d'abus généralisé dans la grande distribution. Le gouvernement a, pour l’heure, annoncé 70 millions d'euros d'aides ciblées pour les secteurs les plus vulnérables. Mais la question d'une baisse des taxes «va revenir» même si l'État «n'en a pas les moyens», a estimé Thierry Cotillard.

Thierry Cotillard a aussi avoué que le prix du carburant était, pour ses enseignes, «un produit d'appel avec 3-4 centimes de marge». Pour autant, le patron des Mousquetaires se défend de gagner de l'argent sur le carburant. «Beaucoup d’Intermarché aujourd’hui travaillent à prix coûtant», a-t-il assuré, précisant que le gasoil se vendait actuellement à 2,20 euros le litre et l'essence à 2,01 euros dans les stations du groupe, soit une hausse de 47 centimes «par rapport à l’avant du conflit».