Des professionnels qui se sentent délaissés. Alors que le gouvernement a annoncé, ce vendredi 27 mars, des mesures pour venir en aide aux secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants, comme le transport routier, la pêche et les agriculteurs, d’autres travailleurs se sentent oubliés. «On n'est pas considérés comme gros rouleurs par le gouvernement. On est de la merde pour la société», déplore par exemple un chauffeur de taxi, qui exerce depuis 13 ans, auprès de France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Son plein dépasse désormais les 65 euros contrairement à il y a cinq ans encore, où il ne représentait «que» 45 euros. «On est inquiets d’une potentielle aide du gouvernement. Si c’est comme pendant la Covid-19, ce sera un prêt. Je préfère payer mon essence à plus de deux euros le litre que de devoir m’endetter», énonce le chauffeur.

Les professionnels intervenant à domicile inquiets

Le son de cloche est le même du côté des infirmiers libéraux. «Ce n'est pas une surprise, on s'y attendait… On ne va pas dire aux gens qu’on ne va pas chez eux», affirme Lionel Poirault, un professionnel de santé qui sillonne les zones rurales de son département depuis son cabinet. «On fait entre 100 et 200 kilomètres par jour. Pour nos patients cela ne change rien, en revanche nous avons une perte de revenus à la fin du mois», explique-t-il.

D’autres professionnels intervenant à domicile craignent encore des prochains jours difficiles, comme les esthéticiens, coiffeurs ou peintres en bâtiment. «Mes clientes ne payent pas de frais de déplacements sous les 5 km, là je vais devoir temporairement leur demander de payer un euro en plus sur la prestation», confie une esthéticienne à domicile à Niort. «Certains pays ont réussi à baisser les taxes sur l'essence. J'espère que cette hausse en France sera provisoire», espère-t-elle.