Quels sont les principes de la fast fashion ?

Traduction

La fast fashion est un anglicisme qui désigne une mode express et jetable. En français, elle peut se traduire par "mode éphémère". Ce mode de consommation renvoie à la fréquence de renouvellement élevée des collections de vêtements.

Définition

La fast fashion s’appuie sur le renouvellement régulier des collections de vêtements. Les marques de fast fashion sortent jusqu’à 36 collections par an, soit une nouvelle offre tous les dix jours. En comparaison, les marques de mode classiques n'en sortent que quatre par an, au printemps, en été, à l'automne et en hiver. Cette mode dite jetable s’oppose au principe de la slow fashion, qui prône une consommation raisonnée de vêtements de qualité.

Quand la fast fashion est-elle apparue ?

Un modèle de production inspiré du lean management des années 50

La fast fashion émerge dans la seconde moitié du XXe siècle. Elle s'inspire des principes du lean management, une méthode de gestion visant à simplifier l’organisation du travail pour accroître l’efficacité et la productivité. Initialement appliqué dans l’industrie automobile, ce modèle s’est ensuite étendu au secteur de la mode et aux entreprises textiles.

Évolution de l'industrie de la mode à partir des années 70

Au début des années 1970, les industriels du textile parviennent à réduire encore les coûts en délocalisant la production dans des pays où la main-d’œuvre est abondante et peu rémunérée, en Chine, en Inde, au Vietnam ou au Bangladesh. Dans les années 90, les marques de prêt-à-porter adoptent une nouvelle stratégie marketing. Elles créent des vêtements inspirés de modèles haut de gamme mais de faible qualité afin de les rendre accessibles à tous. À partir des années 2000, le modèle de la fast fashion a connu son essor avec l'émergence du e-commerce.

Comment fonctionne la fast fashion ?

Réduire les coûts de conception, production et distribution

La fast fashion vise à réduire les coûts à chaque étape de production, de la conception du vêtement à sa distribution en passant par sa fabrication. Elle repose sur :

  • des coûts de production faibles, en grande partie dus à une délocalisation à l’autre bout du monde des usines, notamment en Asie ;
  • un rythme de travail soutenu imposé aux ouvrières ou ouvriers et un faible revenu ;
  • des matières premières et des finitions de faible qualité des vêtements.

Renouveler les collections tout au long de l'année

Les marques de fast fashion sortent de nouvelles pièces toutes les deux semaines, voire tous les dix jours. Cette rotation permanente crée une impression de nouveauté continue et suscite le désir chez les clients et clientes qui reviennent régulièrement en magasin ou en ligne pour les découvrir et les acheter.

Quelles marques sont considérées comme de la fast fashion ?

De nombreuses marques de prêt-à-porter pratiquent la fast fashion. On peut citer Primark, Zara, H&M ou encore Pretty Little Things. Mais le géant chinois Shein est sans conteste le symbole mondial de l'ultra fast-fashion. Selon l'analyse du média Les Amis de la Terre France, en 2023, Shein proposait en moyenne 900 fois plus de produits qu’une enseigne française traditionnelle. On pouvait trouver sur son site plus de 7 200 nouveaux modèles de vêtements par jour en moyenne, atteignant parfois 10 800 nouveaux modèles dans la journée. Cela représentait au minimum 1 million de vêtements produits, soit entre 15 000 et 20 000 tonnes de CO2 émises chaque jour.

Quels sont les problèmes liés à la fast fashion ?

La fast fashion a un impact à la fois environnemental et social.

Impact environnemental

L’impact environnemental de la fast fashion est indéniable. La fabrication des vêtements implique l'utilisation de matières premières polluantes, comme le polyester issu du pétrole ou le coton, très gourmand en eau et pesticides. Les fibres dites « naturelles », comme la viscose, nécessitent des procédés chimiques toxiques. Tout comme la teinture textile qui seraient responsables de 20 % de la pollution des eaux mondiales.

La distribution des vêtements de fast-fashion est très émettrice en CO₂, tandis que leur lavage, libère des milliards de microfibres plastiques dans les océans. Enfin, la durée de vie des vêtements est très courte et génère des millions de tonnes de déchets chaque année.

Conséquences sociales

La pratique de la fast fashion entraîne aussi de lourdes conséquences sociales pour les populations locales :

  • des conditions de travail dangereuses, notamment avec l’usage de produits chimiques ;
  • l’absence d’encadrement sur les conditions de travail ;
  • des horaires excessifs, entre 12 et 18 heures par jour ;
  • un salaire qui n’excède pas quelques centimes d’euros de l’heure.

Plusieurs scandales ont mis en lumière l'impact du modèle de la fast-fashion sur la vie de millions d'ouvriers étrangers. En 2013, l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, a entraîné la mort de plus de 1 000 ouvriers. Il abritait des ateliers de confection de marques internationales.

Comment éviter ou limiter la fast fashion ?

Il existe plusieurs pistes pour limiter ou éviter les dérives de la fast fashion. Celles-ci concernent les consommateurs, les entreprises et les pouvoirs publics.

Consommer moins et mieux

Pour lutter contre la fast-fashion, il est nécessaire d'adopter une consommation plus responsable, en privilégiant la qualité à la quantité. Cela passe par le choix de marques de développement durable et éthiques, qui veillent à réduire leur empreinte carbone, à utiliser des matériaux recyclés et à garantir des conditions de travail décentes pour leurs ouvriers.

Apprendre à freiner l’achat impulsif — en se demandant avant chaque acquisition si le vêtement est réellement nécessaire — constitue un levier simple mais puissant pour consommer moins et mieux.

Miser sur une mode plus durable et sur la seconde main

Entretenir et réparer ses habits permet de prolonger leur durée de vie et de limiter l'achat de nouvelles pièces. Enfin, le marché des vêtements de seconde main présente une offre tout aussi attractive qu’un achat neuf. Les articles sont souvent de bonne qualité à un prix compétitif.

Que contient la proposition de loi anti fast fashion ?

Le 10 juin 2025, le Sénat a adopté une proposition de loi visant à lutter contre la fast fashion. Déposé par la députée Horizons, Anne-Cécile Violland, en janvier 2024, le texte propose plusieurs mesures afin de limiter ce secteur textile :

  • Obliger les entreprises de vente en ligne d'ultra fast fashion à sensibiliser le consommateur sur les conséquences sociales et écologiques.
  • Indiquer l'origine de fabrication du vêtement ou du textile.
  • Encourager la sobriété, le réemploi, la réparation, la réutilisation et le recyclage.
  • Durcir les pénalités sur le principe de pollueur-payeur.
  • Interdire la mention de livraison gratuite.
  • Interdire la publicité sur les médias classiques en faveur des marques de fast fashion.
  • Taxer les petits colis expédiés depuis l’étranger.

Avant d’entrer en vigueur, le texte doit encore être validé par un accord entre députés et sénateurs lors d’une commission mixte paritaire (CMP) prévue à l’automne. D’ici là, la France aura notifié la Commission européenne, qui pourra formuler des observations.

Quelles différences entre fast fashion, mode éthique et slow fashion ?

La fast fashion s’oppose à la mode éthique et à la slow fashion. Les principes d’une mode éthique et responsable visent à respecter les droits humains et l’environnement. La slow fashion privilégie la qualité et la durabilité des articles.