Les géants de l’ultra fast fashion vont-ils faire les frais de la loi qui était débattue au Sénat ces 2 et 3 juin ? Ayant pour but de freiner l’industrie textile spécialisée dans les prix cassés irrespectueux de l’environnement, cette loi vise notamment deux grands acteurs chinois : Shein et Temu. Toutefois, si ces acteurs concurrencent d’autres marques, certaines françaises tentent de résister. Parmi les plus connues, on retrouve Le Slip Français, qui a opéré un virement stratégique impressionnant en quittant le tout premium et en divisant ses prix par deux.

Pourtant, l’entreprise n’a pas décidé d’aller s’installer en Chine. Le made in France, c’est aussi ce que prône la marque Saint James. Spécialiste des pulls et des marinières, la marque française poursuit sa stratégie dans l’Hexagone en se positionnant dans la catégorie premium, soit «entre le milieu de gamme et le luxe», a confié son patron sur BFM Business. Une stratégie qui paie notamment aux Etats-Unis, même si les taxes douanières avancées par Donald Trump inquiètent. Malgré des prix beaucoup plus élevés à l’achat, les ventes sont là et les clients en redemandent.

Des produits mieux fabriqués et plus durables

«Vous achetez un pull Saint James, en moyenne 150 euros, vous le gardez 10 ans, ça fait 15 euros par an», a rappelé son patron Luc Lesénécal sur BFM Business. Il a également fait le parallèle avec les pulls vendus sur les plateformes d’ultra fast fashion, certes moins chers à l’achat, mais que les gens «portent deux ans». «Pas besoin de le laver, il sera déchiré avant», a raillé le président de Saint James. Pourquoi la marque opère-t-elle toujours cette stratégie du premium ?

Là encore, Luc Lesénécal a rappelé que les tarifs pratiqués par les produits fabriqués en Chine sont beaucoup trop bas. Il a pris l’exemple du Slip Français, qui même en cassant ses prix «pour être compétitif», est encore trop cher. «Il faudrait qu'ils réduisent encore par 10», a-t-il confié. Et si la compétitivité ne se fait pas sur les prix, elle le sera «sur la qualité», a-t-il affirmé.

Aujourd’hui, le patron préfère mettre en avant un savoir-faire français et ne veut même plus «lutter contre la fast, mais contre l’ultra fast-fashion». Toutefois, la taxation des petits colis défendue dans la proposition de loi contre l’ultra fast fashion serait une bonne idée selon lui. Notamment d’un point de vue écologique.