2025 a été une année plutôt riche pour Coros, avec pour point d’orgue la sortie de la quatrième version de la Pace, sa montre connectée la plus abordable dédiée aux coureurs. La toute nouvelle Pace 4 met aussi bien en avant des nouveautés logicielles – pour pousser encore plus loin l’accompagnement sportif – que des évolutions matérielles : écran AMOLED, bouton supplémentaire, capteur plus performant, intégration d’un microphone…

De quoi promettre aux amateurs de course à pied, entre autres, un outil plus agréable, plus fiable, toujours aussi discret et endurant pour suivre ses performances. À voir si ces changements sont bel et bien pertinents, et s’il n’y a pas eu de ratés au cours du changement de génération.

Nous avons testé la Coros Pace 4 en version 3.1409 avec une application Coros en version 4.4.8. La Coros Pace 4 est proposée dans un seul format, et est lancée au prix de 269 euros.

Qualité de fabrication : simplicité, légèreté et confort (4/5)

Coros pense ses montres pour l’usage plutôt que pour flatter la rétine. Nulle raison que cela change avec la Pace 4. À un bouton mécanique près, la nouvelle venue partage l'essentiel avec sa prédécesseure et ses sœurs : un design discret et sobre, arrondi, compact, revendiquant par ses lignes son orientation sportive. Le boîtier en plastique n’est pas disgracieux et nous semble suffisamment solide pour affronter des années de port… tant qu’on y prête suffisamment d’attention, notamment concernant l’immersion (seulement 5 ATM) et les chocs – la lunette n’étant hélas composée que d’un verre minéral des plus communs.

La Pace 4 ne dispose que d’un format unique en 43 mm, de quoi plaire aux amateurs de montres discrètes et les poignets les plus fins.
La Pace 4 ne dispose que d’un format unique en 43 mm, de quoi plaire aux amateurs de montres discrètes et les poignets les plus fins. © Benoit Campion pour Capital

Cette simplicité trouve son plus grand avantage dans le confort de port, la Pace 4 pouvant en effet se targuer d’une très bonne expérience en la matière. Si elle n’est pas la plus fine (13,6 mm d’épaisseur), sa capacité à se faire rapidement oublier est un vrai atout grâce à un poids plume (27,6 g sans bracelet, 40 g avec bracelet en silicone). Le bracelet est aussi agréable qu’il n’est facile à ajuster – une option en nylon existe pour parfaire le confort.

 La Coros Pace 4 utilise le même système de fixation de bracelet que la Pace 3 et de nombreuses autres montres (“dégagement rapide” de 22 mm). Aucun problème pour réutiliser un ancien bracelet ou le remplacer au besoin.
La Coros Pace 4 utilise le même système de fixation de bracelet que la Pace 3 et de nombreuses autres montres (“dégagement rapide” de 22 mm). Aucun problème pour réutiliser un ancien bracelet ou le remplacer au besoin. © Benoit Campion pour Capital

Le confort d’utilisation gagne aussi avec la modernisation de l’écran de la montre. La Pace 4 s’équipe d’une dalle AMOLED (définition de 390 x 390 px, 325 ppp) offrant, à défaut d’une plus grande diagonale (1,2”), une bien meilleure richesse et définition que le MiP transflectif autrefois utilisé. Ce changement se fait sans sacrifice sur la luminosité (1500 cd/m2), bien suffisante pour consulter les données en plein soleil sans avoir à s'arrêter ou à trop se concentrer.

Le capteur de luminosité intégré fait bien le job. Le déclenchement automatique ou manuel du mode sommeil reste cela dit obligatoire si on veut s’éviter d’être dérangé par l’écran en pleine nuit, car le réglage de luminosité la plus faible n’est pas d’une grande discrétion dans ces conditions.
Le capteur de luminosité intégré fait bien le job. Le déclenchement automatique ou manuel du mode sommeil reste cela dit obligatoire si on veut s’éviter d’être dérangé par l’écran en pleine nuit, car le réglage de luminosité la plus faible n’est pas d’une grande discrétion dans ces conditions. © Benoit Campion pour Capital

Quand bien même, il y a encore de quoi parfaire la recette. On s’attendait à ce que le fabricant pousse un peu plus loin ses efforts sur la taille de l’écran et surtout le taux d’occupation de l’affichage, nettement rogné par de larges bordures noires.

Ergonomie : une interface très intuitive, centrée sur le sport (4/5)

Coros a une vision spécifique de la montre connectée puisqu’elle doit avant tout accompagner la pratique sportive. C’est toujours le cas avec la dernière génération de modèles en 2025, et donc sur la Pace 4. Une fois la première configuration réalisée en un tournemain, on se rend rapidement compte de ce à quoi l’on a affaire.

Chose assez surprenante de prime abord, l’aspect et les informations affichées sur chaque cadran ne sont pas personnalisables à l’envi. Il y a cela dit suffisamment de types et de styles différents pour trouver chaussure à son pied.
Chose assez surprenante de prime abord, l’aspect et les informations affichées sur chaque cadran ne sont pas personnalisables à l’envi. Il y a cela dit suffisamment de types et de styles différents pour trouver chaussure à son pied. © Benoit Campion pour Capital

La Coros Pace 4 fait assez peu de choses sur le plan des fonctionnalités hors du sport, mais propose l’essentiel avec une certaine pertinence, et surtout une des interfaces les mieux conçues que nous ayons pu expérimenter jusqu’alors. Et cela aussi bien au sein de la montre, de l’application smartphone que de l’interface web. La Pace 4 peut clairement jouer une carte face à des concurrents comme Garmin, plus chargés et lourds à dompter, ou Amazfit, parfois un peu bancale.

Les raccourcis s’apprennent très vite. Seul reproche à faire : la rotation de la couronne est un peu trop sensible.
Les raccourcis s’apprennent très vite. Seul reproche à faire : la rotation de la couronne est un peu trop sensible. © Benoit Campion pour Capital

L’interaction avec la Pace 4 se déroule comme avec la Pace 3 – en passant exclusivement par l’écran tactile, par les boutons mécaniques/la couronne de la montre, ou de manière “hybride”. Petit twist cela dit, un nouveau bouton “action” fait son apparition sur la tranche gauche du boîtier pour se substituer au swipe tactile horizontal pendant l’effort (bascule entre écran de données sur l’activité en cours / suivi GPS) et pointer un point d'intérêt sur le tracé. Dommage que son utilité soit limitée.

En plus du cadran principal, on trouve un menu regroupant toutes les données, un autre pour accéder aux activités, et un menu d’accès rapide aux outils. Les pages sont très claires, la navigation fluide.
En plus du cadran principal, on trouve un menu regroupant toutes les données, un autre pour accéder aux activités, et un menu d’accès rapide aux outils. Les pages sont très claires, la navigation fluide. © Benoit Campion pour Capital

Les interactions sont ponctuées par des vibrations et des alertes sonores par un petit haut-parleur très rudimentaire, inutilisable à d’autres fins. La Pace 4 inaugure un microphone, mais là encore, l’usage est très strict : réaliser des commentaires audio sur une activité sportive. Pas question d’interagir avec un assistant et encore moins de prendre des appels. Et tant qu’à parler des limitations, la montre ne propose pas de puce NFC et donc de paiement sans contact, pas d’app tierces (si ce n’est la synchro des données avec des services comme Strava, Komoot, Apple Santé, etc.), et pas de cartographie interne (il est possible de créer, importer et suivre des itinéraires sur un fond uni).

La fonction lampe de poche fait son arrivée dans la boîte à outils.
La fonction lampe de poche fait son arrivée dans la boîte à outils. © Benoit Campion pour Capital

Que les amateurs de course en musique se rassurent, la montre dispense au moins un peu de mémoire interne pour y stocker de la musique, à importer manuellement (4 Go). La boite à outil offre quant à elle quelques fonctions simples et pratiques… sans fioritures là encore. Précisons enfin que la montre fait le relai des notifications du téléphone de manière très sobre, sans manière d’interagir avec.

Fonctions sport & santé : une palette complète (4,5/5)

La Pace 4 conserve le même éventail de capteurs et mesures que la Pace 3 : altimètre barométrique, cardiofréquencemètre, gyroscope, boussole, thermomètre capillaire, SpO2, VFC… Pas d’ECG donc, mais il y a quand même du nouveau à se mettre sous la dent puisque le constructeur nous promet des mesures encore plus précises et fiables grâce au nouveau capteur cardio. Touche-t-on au enfin au but ?

© Benoit Campion pour Capital

Sur des sorties et segments avec de faibles variations d’intensité, la Pace 4 continue de faire du très bon travail. Nous avons pu le vérifier tout au long de notre test sur de la course à pied, du vélo, du fitness et du badminton. La montre de Coros suit de très près notre capteur de référence, la ceinture pectorale Polar H10. Elle a même su faire preuve de réactivité sur deux brefs arrêts pendant notre course.

© Benoit Campion pour Capital

Mais il y a encore une marge de progression pour la montre d’entrée de gamme de Coros. Les artefacts sont encore présents lorsque les variations d’intensité sont plus soudaines et importantes, comme le montre l’une de nos captures correspondant à un bref exercice de fractionné (Coros Pace 4 en bleu). Globalement, le résultat n’est pas si mal, mais le capteur passe parfois à côté de certaines accélérations du rythme cardiaque, ou enregistre des pics fantômes. Le phénomène est heureusement occasionnel.

© Benoit Campion pour Capital

Les mesures et les différents aspects suivis par la Pace 4 s’articulent clairement autour de la pratique sportive. Les grands classiques tournés vers la santé sont là, le niveau de stress, un bilan de santé (résumé de plusieurs données) et l’analyse du sommeil. Nous n’avons pas détecté de grandes anomalies sur ce dernier point. Les heures d'endormissement et de réveil collent bien avec la réalité. Si l’on compare la détection avec notre référence actuelle (Watch Series 10), la montre de Coros semble avoir une légère tendance à surestimer le temps de sommeil profond.

© Benoit Campion pour Capital

Côté sport, la Pace 4 est vraiment bien dotée pour une montre d’entrée de gamme. En quelques coups d'œil, on peut suivre des aspects très utiles comme la charge et le niveau d'entraînement, le niveau de récupération, avoir une idée de son “niveau de course à pied” avec des prédictions de temps de courses, de même que pour ses performances FTP pour le vélo. L’application Coros prend le relai pour dispenser une analyse plus poussée des données et prodiguer quelques conseils. Seul petit grief que l’on pourrait faire : le besoin de récupération indiqué nous semble toujours un peu trop optimiste.

© Benoit Campion pour Capital

L’accompagnement est aussi particulièrement poussé. Au delà du nombre d’activités sportives supportées, la Pace 4 et son appli regorgent de séances d'entraînements prédéfinis pour la course à pied, le trail, la musculation, le vélo ou encore la natation. Il est aussi possible de créer soi-même son entraînement, de même pour celles et ceux qui aiment voir plus loin avec des plans d'entraînement sur plusieurs semaines. Et bien évidemment, d’autres outils sont dispensés pour la course à pied, comme le lièvre virtuel pour ne citer que cet exemple.

© Benoit Campion pour Capital

La Coros Pace 4 garde le cap en toute circonstance. Sur la capture de gauche, la Pace (rouge) suit très bien le tracé en forêt, les dérives sont parfaitement négligeables face à certains petits errements d’autres équipements (smartphone, Watch SE). Il en est de même en centre-ville (Pace 4 en orange face à une Watch SE), même si l’écart n’est pas monstrueux.

© Benoit Campion pour Capital

Et pour finir, un dernier mot sur le suivi GPS de la Pace 4, autre aspect sur lequel elle s’illustre. Dotée d’un GPS double-fréquence et multi-bandes, la montre n’a clairement pas à rougir face à des montres pourtant bien plus onéreuses. La précision est plus que satisfaisante dans la vaste majorité des scénarios, le tracé est réaliste tout comme l’estimation des distances, allures etc. Un outil sur lequel on peut compter donc.

Autonomie : une endurance plus que confortable (4,5/5)

On pouvait craindre que le passage à l’AMOLED et l’utilisation de l’affichage permanent ponctionnent fortement l’autonomie de la Pace 4. Durant notre période de test, en sollicitant très souvent la montre (affichage permanent, activité sportive quotidienne, mesure de la FC en permanence…), la montre de Coros est parvenue à tenir pas moins de 6 jours et demi avant de tomber à plat. C’est tout simplement très bon, et un nouvel argument pour celles et ceux qui ne supportent pas de devoir penser à recharger la montre presque tous les jours.

© Benoit Campion pour Capital

La recharge complète – via un petit adaptateur USB-C très facile à emporter – prend en revanche un peu de temps. Comptez moins de deux heures pour faire le plein. Au vu de l’autonomie de la montre, on lui pardonne.

Les deux meilleures alternatives à la Coros Pace 4

Si la Pace 4 se positionne particulièrement bien en matière de rapport performances/prix dans son segment de montre sportive, il y a quelques alternatives à considérer avant de passer le pas en toute connaissance de cause. Chez Garmin, on pense naturellement à la série Forerunner ou Vivoactive avec les Forerunner 165/Vivoactive 6, bien que l’interface ne soit pas la plus simple à dompter.

Garmin Forerunner 165 : la concurrente directe du leader du marché

Si d’aventure la cartographie est essentielle pour vous, on vous conseille plutôt de considérer l’Amazfit T-Rex 3 à un prix très proche. Encore une fois, l’interface n’est pas aussi aboutie et plaisante que celle de la Pace 4, mais c’est une montre très endurante et bonne à tout faire. D’un autre côté, si pour vous la faible autonomie n’est pas un problème et que vous êtes avide de fonctionnalités plus avancées pour la vie quotidienne, le choix de la Watch SE 3 tombe sous le sens si vous êtes déjà dans l’univers Apple, les utilisateurs Android pourront se tourner vers la Galaxy Watch 8.

Amazfit T-Rex 3 : pour plus d’endurance et la cartographie intégrée

Conclusion

Fiable, intuitive et endurante, la Coros Pace 4 délivre exactement ce qu’elle promet, et c’est pour cela qu’elle nous a plu. Les coureurs débutants comme plus confirmés y trouveront une très bonne porte d’entrée pour suivre leurs performances de manière parfaitement claire – notamment grâce à une interface dont beaucoup pourraient s’inspirer – et sans fioritures. Certains pourront justement lui reprocher son manque de polyvalence (peu de fonctions en dehors du sport, pas même de paiement sans contact), d’autres y verront la garantie de ne pas se retrouver avec un compagnon trop complexe ou “invasif”. Qui plus est, les ajouts de cette quatrième version, principalement l’introduction d’une dalle AMOLED, n’ont pas eu d’incidence sur l’autonomie de la montre ou le prix de lancement, qui positionne très bien la Pace 4 face à ses concurrentes directes.

  • Qualité de fabrication : 4/5
  • Écran : 4,5/5
  • Ergonomie : 4/5
  • Fonctions sport & santé : 4,5/5
  • GPS : 4,5/5
  • Autonomie : 4,5/5

Certains liens sont affiliés et peuvent générer une commission pour Capital. Les prix sont mentionnés à titre indicatif et sont susceptibles d'évoluer. Le contenu présenté a été rédigé en toute indépendance par un journaliste professionnel.