Avec l’Osmo Nano, DJI explore une nouvelle voie dans l’univers des caméras d’action : celle de l’ultra-compacité, mais sans renoncer aux ambitions techniques. Pensée pour se faire oublier une fois en place, cette petite caméra modulaire entend séduire les créateurs mobiles, les sportifs occasionnels et les amateurs de prises de vue discrètes. Format minimaliste, conception atypique et promesses élevées : sur le papier, la proposition est alléchante. Voyons maintenant si cette mini-caméra d'action tient réellement ses promesses sur le terrain et mérite sa place dans notre classement des meilleures caméras d'action.

Design et fabrication : une réussite (5/5)

Mesurant moins de 6 cm de côté pour près de 3 cm de hauteur et d’épaisseur et seulement 52 g, l’Osmo Nano séduit d’emblée par sa compacité et sa légèreté. À peine plus volumineuse qu’une Insta360 Go 3S, elle partage avec cette dernière une grande discrétion, idéale pour les activités sportives, les prises de vue embarquées ou le vlog mobile.

Dépourvue d’écran et de boutons de réglage autres que son déclencheur, mais étanche jusqu’à 10 mètres sans caisson, elle intègre une mémoire interne de 64 ou 128 Go selon les versions (pour 48 et 107,6 Go réellement disponibles). Son design sobre repose sur une coque légèrement translucide, tandis que l’objectif est protégé par un filtre peu sensible aux traces de doigts et aux gouttes d’eau.

© Pascale Brites pour Capital

À l’instar de sa concurrente directe, la caméra s’accompagne d’un module additionnel avec écran tactile, permettant de vérifier le cadrage et d’accéder aux menus. À peine plus grand (6×4×2 cm pour 72 g), il se fixe via une connexion magnétique renforcée par deux crochets métalliques.

Si le module n’est pas étanche, il reste protégé contre les éclaboussures et permet surtout de recharger la caméra lorsqu’elle est connectée.
Si le module n’est pas étanche, il reste protégé contre les éclaboussures et permet surtout de recharger la caméra lorsqu’elle est connectée. © Pascale Brites pour Capital

Contrairement à l’Action Pod de l’Insta360 Go 3S, qui intègre la caméra dans un logement à écran orientable, DJI a opté pour une connexion symétrique, permettant de positionner l’écran à l’avant ou à l’arrière selon l’usage. Le système est simple, fiable et vraiment très pratique.

Connectique : du sans fil bien exploité (5/5)

Le port USB-C et le lecteur microSD sont intégrés au module amovible, tandis que la caméra communique sans fil en Wi-Fi 2,4 et 5,8 GHz et en Bluetooth 5.1 ou 5.4 selon le module utilisé.

© Pascale Brites pour Capital

Ces connexions servent aussi bien à la visualisation et au contrôle à distance via l’écran additionnel qu’à la communication avec les accessoires DJI. Déjà équipée de deux microphones stéréo, l’Osmo Nano est compatible avec un maximum de deux micros sans fil DJI OsmoAudio de deuxième et troisième génération, ainsi qu’avec l’application mobile DJI Mimo, sur laquelle nous reviendrons plus loin.

© Pascale Brites pour Capital

À cet écosystème s’ajoute une large gamme d’accessoires magnétiques pensés pour le sport et le vlog dont une ventouse articulée, un clip pour visière de casquette ou sangle de sac, ainsi qu’un cordon magnétique permettant de la fixer sur un vêtement, tous livrés avec l'appareil. DJI propose également des supports pour guidon, bandeaux, sangles de poitrine, harnais ou barres d’extension.

Expérience utilisateur : des réglages parfois complexes (4/5)

L’absence de bouton de mise sous tension dédié est à nos yeux un défaut tant cela entraîne de déclenchements intempestifs en voulant simplement allumer la caméra. Malgré cela, le fonctionnement général reste intuitif.

© Pascale Brites pour Capital

La diode en façade indique clairement l’état de l’appareil, signalant notamment sa mise sous tension, l’état de la batterie ou encore l’enregistrement en cours tandis que le paramétrage s’effectue via l’interface tactile du module amovible. Un balayage latéral permet de sélectionner les modes de prise de vue (photo, vidéo, SuperNight, ralenti, timelapse), auxquels s’ajoutent des profils plus spécifiques comme Course à pied+M, Vlog+M ou Randonnée+M. Malheureusement, le mode d’emploi, très succinct, n’explique pas précisément ces réglages et les ressources en ligne – sur le site de DJI ou depuis l’application mobile – se limitent à quelques vidéos sous-titrées peu engageantes.

© Pascale Brites pour Capital

Une fois le mode choisi, un balayage vers le haut donne accès aux paramètres de prise de vue (format, définition, cadence), tandis qu’un balayage vers le bas ouvre le centre de contrôle qui donne accès à l’activation des commandes vocales, aux réglages d’affichage et de connexions sans fil ou encore à la gestion du stockage.

© Pascale Brites pour Capital

Si l’interface est globalement claire, l’application DJI Mimo s’avère presque indispensable pour exploiter pleinement la caméra. L’appairage est rapide et fiable, et les outils de montage se montrent à la fois complets, ludiques et très simples d’utilisation. Le montage automatique est efficace, tout en laissant la main pour ajuster les séquences, transitions ou durées. Mieux encore, DJI Mimo peut servir au montage de toutes les vidéos stockées sur le smartphone, et pas uniquement celles issues de la caméra.

Fonctionnalités : une offre vaste (4/5)

Dotée d’un capteur CMOS de 1/1,3" de 35 MP, l’Osmo Nano permet la prise de photos en Jpeg et en Raw (DNG), des rafales jusqu’à 30 i/s pendant 3 secondes, ainsi qu’un retardateur réglable de 0,5 à 10 secondes. Le mode Pro autorise une correction d’exposition de ±3 IL et des réglages manuels du temps de pose, de la sensibilité ISO et de la balance des blancs.

En vidéo, la caméra se montre particulièrement riche. Elle propose un ralenti jusqu’à 4× en 4K et 8× en 1080p, plusieurs angles de champ (équivalent 11 mm en mode large ou 14 mm avec correction de distorsion), ainsi que des fonctions Timelapse et Hyperlapse.

© Pascale Brites pour Capital

En enregistrement classique, l’Osmo Nano offre la 4K jusqu’à 50p en 4:3 ou 60p en 16:9, avec trois champs de vision et deux systèmes de stabilisation électronique : HorizonBalancing, qui corrige l’inclinaison jusqu’à ±30° (limité à 50p) et RockSteady 3.0, efficace contre les tremblements, mais non cumulable avec le précédent.

© Pascale Brites pour Capital

Une fonction de pré-enregistrement réglable de 5 secondes à 5 minutes est également disponible. Enfin, les utilisateurs avancés pourront opter pour un enregistrement 10 bits ou D-Log, au prix d’une consommation énergétique plus élevée et d’une chauffe plus rapide.

Qualité d’image : 4/5

Grâce à son capteur de grande taille pour la catégorie et à son objectif grand-angle 143° f/2,8, avec une mise au point minimale de 35 cm, l’Osmo Nano délivre une qualité d’image très correcte aussi bien en photo qu’en vidéo. L’exposition est globalement juste et stable, même lors de variations rapides de luminosité, tandis que l’objectif résiste correctement au flare.

© Pascale Brites pour Capital

Comme souvent avec ce type de produit, ces résultats reposent cependant en grande partie sur le traitement logiciel. À l’image des smartphones, le format Raw n’apporte pas de réel avantage face aux Jpeg en termes de dynamique. Il permet en revanche de limiter les fortes saturations appliquées aux Jpeg, sans qu’il soit possible d’en modifier le rendu.

© Pascale Brites pour Capital

En vidéo, le passage au D-Log et un étalonnage en postproduction sont nécessaires pour exploiter pleinement la dynamique du capteur. Le mode SuperNight améliore la balance des blancs et limite le bruit en basse lumière, sans toutefois faire de miracles.

La stabilisation, exclusivement électronique, se montre par ailleurs très efficace dans la majorité des situations. Elle n’est en revanche pas prise en charge en modes Ralenti et Timelapse, un compromis classique mais à connaître avant de filmer.

Autonomie : 3,5/5

DJI a clairement travaillé l’endurance et la recharge, en particulier grâce à son module de transmission d’images, qui joue à la fois le rôle de batterie externe et de station de recharge.

Utilisée seule, la caméra principale affiche une autonomie théorique de 90 minutes en 1080p et d’environ 60 minutes en 4K, des valeurs cohérentes au regard de son format ultra compact. Une fois connectée au module entièrement chargé, l’ensemble peut atteindre jusqu’à 200 minutes d’enregistrement en 1080p à 24 i/s, ce qui place l’Osmo Nano dans la moyenne haute de sa catégorie pour un usage ponctuel ou créatif.

© Pascale Brites pour Capital

Autre point fort : la charge rapide. Lors de la recharge de la caméra principale via le module, 20 minutes suffisent pour atteindre 80 % de batterie, un atout appréciable sur le terrain, entre deux sessions de tournage.

Dans la pratique, nos essais en conditions réelles (températures basses, usage en 4K et modes avancés) ont logiquement conduit à des durées légèrement inférieures aux valeurs annoncées. L’usage du D-Log, des hautes cadences ou des fonctions de stabilisation avancées se montrent plus énergivores et accentuent également la montée en température.

© Pascale Brites pour Capital

Si l’Osmo Nano se montre parfaitement adaptée à un usage occasionnel ou créatif, l’absence de batterie amovible et la dépendance au module pour la recharge restent des limites à prendre en compte pour un usage intensif ou prolongé.

Conclusion

Avec l’Osmo Nano, DJI propose une action cam atypique, à mi-chemin entre la caméra sportive classique et l’outil de création mobile. Son format ultra compact, sa qualité d’image et son écosystème logiciel en font une excellente solution pour le vlog, le sport occasionnel ou les prises de vue embarquées discrètes. En revanche, les utilisateurs intensifs devront composer avec une autonomie limitée et une chauffe parfois contraignante en plus d’un paramétrage un peu complexe. La proposition reste néanmoins très pertinente.

  • Design et fabrication : 5/5
  • Connectique : 5/5
  • Expérience utilisateur : 4/5
  • Fonctionnalités : 4/5
  • Qualité d’image : 4/5
  • Autonomie : 3,5/5

Certains liens sont affiliés et peuvent générer une commission pour Capital. Les prix sont mentionnés à titre indicatif et sont susceptibles d'évoluer. Le contenu présenté a été rédigé en toute indépendance par un journaliste professionnel.