Il y a quelques semaines passait entre nos mains, et sur nos sols, l’Ecovacs T80 Omni. Un robot aspirateur facturé alors un peu moins de 800 euros et qui a vu son prix chuter depuis à 600 euros. La raison ? L’arrivée au catalogue du constructeur de sa nouvelle gamme T90, dans laquelle s’inscrit le T90 Pro Omni que nous testons ici. Nous avions rencontré quelques écueils avec le T80, en pointant notamment du doigt son manque d’assiduité pour nettoyer correctement les coins et le long des murs, tout en saluant son efficacité pour le lavage des sols grâce à la technologie Ozmo Roller, un rouleau serpillière plutôt performant.
Pour son nouveau modèle, Ecovacs a bien sûr amélioré la fiche technique. La taille du rouleau serpillière s’allonge, la puissance d’aspiration augmente et la navigation s’améliore. Pour vérifier si ces nouveaux atouts tiennent leurs promesses, nous avons confié l’entretien de nos sols au Deebot T90 Pro Omni pendant deux semaines.

Et n’oubliez pas avant de vous décider de consulter les atouts d’autres modèles dans notre guide des meilleurs aspirateurs robots.

Navigation : vigilant à l’aller mais pas toujours au retour (4/5)

Pour se déplacer et se repérer dans la maison, le T90 Pro n’embarque pas le traditionnel LiDAR sur son capot. À la place, Ecovacs l’a muni d’un capteur ToF (Time of Flight) en façade, d’une caméra RVB saupoudrée d’une dose d’intelligence artificielle baptisée AVI 3D 4.0 et d’un capteur de proximité latéral. Un bon moyen de grappiller quelques centimètres en hauteur pour passer plus facilement sous les meubles. Le T90 Pro ne mesure ainsi que 9,5 cm d’épaisseur. Ce n’est pas le plus fin du moment, mais c’est déjà pas mal.

© Fabrice Brochain pour Capital

Bonne surprise, les évolutions vis-à-vis du T80 sont visibles. Avec cette mise à jour du système de navigation, le robot a dressé une carte bien plus fidèle à la réalité que son prédécesseur. Il n’est pas parvenu à nommer les pièces comme d’autres appareils concurrents, mais les a correctement délimitées. Les seuils sont placés au bon endroit (à quelques centimètres près). Il a identifié sans pépin la nature des sols traversés, sans toutefois parvenir à bien reconnaître les zones couvertes de moquette ou avec tapis. Pas grave puisque lors de sa première tâche d’aspiration, il en profite pour investiguer plus avant et signaler la découverte de tapis.

Quant à l’évitement d’obstacles, le T90 Pro s’en sort plutôt bien… au début. Pendant la phase d’aspiration, il s’est approché du câble jeté au sol à son attention, sans toutefois rouler dessus ou l’embarquer avec lui avec sa brossette latérale.

© Fabrice Brochain pour Capital

Les petits objets (3 cm de haut) connaissent un sort différent puisque l’appareil semble les voir, puis les ignorer, mais pas systématiquement. L’augmentation de la sensibilité de détection corrige un peu le problème, mais le T90 Pro se fait alors plus timoré pour s’approcher des objets qu’il identifie comme « instables », ce qui pénalise son efficacité.

Il se montre donc assez précautionneux… mais pas jusqu’au bout. En effet, lorsque son travail est terminé et qu’il rejoint sa station, c’est une vraie tête brûlée. Des obstacles auparavant identifiés et évités sont poussés sans ménagement s’ils sont sur son chemin. Dommage également qu’il n’épingle pas sur la carte les obstacles rencontrés ni ne les prenne en photo.

Quant au franchissement de seuils, il se montre plutôt à l’aise mais cette épreuve lui demande un temps de réflexion. Il est bien équipé pour cela avec un système qui lui permet de se hisser sur ses roues latérales.

© Fabrice Brochain pour Capital

Il est passé sans difficulté par-dessus notre seuil de 1,5 cm et, avec un peu moins d’élégance sur le pied de notre fauteuil traîneau de 2 cm. Selon Ecovacs, le T90 Pro peut s’attaquer à des obstacles de 4 cm. Il peut donc vadrouiller dans des maisons avec des différences de niveau moyennes.

Aspiration : les coins et les angles sont ses pires ennemis (3,5/5)

Ecovacs a donc revu à la hausse la puissance d’aspiration. Elle grimpe à 30 000 Pa (contre 18 000 Pa sur le T80 testé précédemment). Ecovacs a également fait évoluer son système TruEdge en version 3.0 pour longer les murs et les coins. Mais il reste encore des efforts à fournir. D’une part, la brossette latérale est fixe. Elle n’est pas montée sur un bras extensible pour récupérer les débris au plus près des plinthes ou dans les coins. Certes, ses brins sont longs, mais ça ne suffit pas.

© Fabrice Brochain pour Capital

D’autre part, elle montre un peu trop d’enthousiasme. Sur sols durs, elle éjecte facilement les grosses particules comme les grains de riz et de litière, à plusieurs dizaines de centimètres de distance. On en vient à regretter la petite raclette placée à l’opposé de la brossette sur le Mova S70 Roller. Résultat, le nettoyage des bords et des coins est loin d’être parfait. Il ne faut donc pas hésiter à demander deux, voire trois passages, afin de mettre toutes les chances de son côté pour tout aspirer.

© Fabrice Brochain pour Capital

Éloigné des murs, le T90 Pro fournit un travail très appréciable. Les grosses particules, tout comme les poils, cheveux et amas de poussière sont engloutis en un passage.

Sur tapis épais, le résultat est lui aussi assez convaincant. Lorsqu’il est identifié par le robot, le tapis subit une aspiration plus puissante et assez efficace. Suffisante là encore pour récupérer en deux fois les cheveux emmêlés dans les fibres par exemple.

En revanche, nous avons constaté que le robot retournait assez fréquemment à sa station pour effectuer une vidange. Même lorsque le sol était peu sale ou encombré, il a éprouvé le besoin de se soulager alors qu’il n’avait aspiré qu’une quinzaine de mètres carrés. Pourtant son collecteur semble d’une taille correcte et assez standard. Étrange.

© Fabrice Brochain pour Capital

Le T90 Pro propose 4 modes d’aspiration, de Silencieux à Max+. Et l’on apprécie sa discrétion quel que soit le mode retenu. En mode standard, nous avons relevé un bruit de 64 dB(A) qui grimpe, au pire, à 73 dB(A) en mode Max+.

Lavage des sols : un mode intelligent qui doit se perfectionner (4/5)

La technique du lavage au rouleau n’a plus de secret pour Ecovacs, l’un des pionniers sur ce procédé. Ce qui n’empêche pas la marque de le faire évoluer. D’une longueur de 18 cm sur le T80, le rouleau passe à 27 cm sur ce T90 Pro. À la clé, une plus grande couverture au premier passage et moins d’allers-retours.

© Fabrice Brochain pour Capital

Bonne idée, mais Ecovacs a omis d’autres points. D’abord, l’appli ne propose pas de lavage seul. L’opération est obligatoirement associée à une aspiration simultanée. Ce qui induit un problème : la brossette latérale demeure active. Elle finira donc trempée et peut-être souillée à chaque lavage de sol.

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Quant aux taches fraîches, elles sont soumises à une petite subtilité. Il faut activer une option dans les réglages du robot pour qu’il adopte la bonne stratégie. Sitôt détectées, il coupe l’aspiration, range sa brossette latérale et passe la serpillière.

Une fois la bonne option activée, le T90 Pro adopte la bonne stratégie pour nettoyer les liquides.
Une fois la bonne option activée, le T90 Pro adopte la bonne stratégie pour nettoyer les liquides. © Fabrice Brochain pour Capital

Sans cela, la brossette patauge allègrement dans le liquide renversé et ce, quel que soit le mode retenu, nettoyage personnalisé ou Agent. Un mot au passage sur ce mode : il fait le minimum. Le robot ne s’attarde pas et procède au plus rapide, sans prendre le temps de bien analyser l’état du sol.

Deux écueils d’autant plus regrettables que le lavage au rouleau se montre efficace en dehors de cette situation. Avec des taches sèches peu incrustées, un seul passage suffit au T90 Pro pour laisser derrière lui un sol propre. Sur un sol plus sale, deux passages permettent de venir à bout des traces plus tenaces. À l'issue de l’opération, le sol brille et ne colle pas sous les pieds.

Reste encore le nettoyage des bords et des angles. La technologie TruEdge pour longer les murs se montre efficace si le sol est peu sale. Dans le cas contraire, la pression exercée au sol lorsque le rouleau se déporte sur le flanc droit de l’appareil ne semble pas assez forte pour éliminer les traces. Dommage.

© Fabrice Brochain pour Capital

Attention également lors du déplacement du robot en mode lavage. Ecovacs n’a pas jugé utile d’équiper le rouleau d’un cache pour éviter qu’il ne dégouline ou ne trempe les éventuels tapis traversés. Le rouleau se relève de 15 mm seulement.

Ergonomie de l’application : des fonctions pratiques désactivées par défaut (3,5/5)

L’application d’Ecovacs évolue peu d’un modèle à l’autre. On retrouve les menus clairs, les fonctions facilement identifiables et la prise en main rapide, même pour les néophytes. La représentation du logement étonne toujours avec son découpage en rectangles qui ne tient pas vraiment compte de la taille des pièces et de leurs réels contours.

On regrette l’absence de la fonction Lavage seul (qui aurait peut-être permis de garder la brossette latérale propre) et l’on ne comprend pas les spécificités de l‘Agent Mode (le mode intelligent) pour lequel aucune explication n’est fournie.

© Fabrice Brochain pour Capital

Par ailleurs, il faut penser à activer quelques fonctions pratiques comme la détection IA des taches et l’élimination stratégique des particules pour bénéficier d’un nettoyage optimal. Étrange que ces deux fonctions ne soient pas activées par défaut.

Enfin, puisque le robot est doté d’une caméra RVB, il est possible de l’utiliser pour surveiller le domicile depuis l’écran du smartphone.

Entretien : une station autonome et pratique (4/5)

Le T90 Pro est un appareil plutôt facile à vivre. Sa station d’accueil s’occupe de tout avec une belle rigueur. Elle se dote d’un bac d’eau propre d’une capacité de 4 L et d’un bac d’eau sale de 2,2 L seulement. Il a donc tendance à se remplir assez rapidement, d’autant que le robot consomme une bonne quantité d’eau avec la technique de lavage au rouleau.

© Fabrice Brochain pour Capital

Le sac à poussière affiche une capacité assez standard de 2,5 L. On apprécie aussi la présence d’un distributeur automatique de détergent, ce qui évite de l'ajouter soi-même dans le bac d’eau propre.

© Fabrice Brochain pour Capital

Lorsque le robot rejoint sa station, son collecteur de poussière est aspiré à grand bruit, puisque mesuré à 86 dB(A) tout de même. Heureusement, l’opération ne dure qu’une dizaine de secondes.

Quant au lavage du rouleau, il se révèle assez efficace. Il est nettoyé avec de l’eau propre chauffée à 75 °C. Il est enfin séché avec de l’air chaud (la marque ne précise pas la température) pendant deux, trois ou quatre heures.

Ainsi, outre le changement du sac à poussière (de quoi tenir trois mois selon Ecovacs) et le remplissage et la vidange des bacs d’eau propre et sale, l’ensemble demande peu de manipulations. La planche de lavage de la station reste, elle aussi, assez propre malgré l’absence d’un mode d’autonettoyage.

© Fabrice Brochain pour Capital

Côté robot, la maintenance demeure plutôt facile. La brosse principale est munie d’un système anti-enchevêtrement efficace. Aucun cheveux longs ne s’y est entortillé pendant notre test.

Le rouleau ressort lui aussi bien propre après son lavage dans la station. Cependant, il est impossible de dissocier la serpillière de son support si l’on souhaite la passer à la machine à laver. Il se détache d’un seul bloc.

Enfin, on note que, contrairement aux modèles concurrents, le robot n’embarque pas de collecteur d’eau sale amovible à l’arrière.

Réparabilité : des progrès à faire sur les pièces détachées et les accessoires

Le T90 Pro Omni obtient 8,6/10 pour son indice de réparabilité. Une note globale plutôt satisfaisante, mais qui cache dans le détail quelques points noirs. Le premier concerne la durée de disponibilité des pièces détachées de la liste 2, soit les trois à cinq pièces dont la casse ou les pannes sont les plus fréquentes. Sur ce critère, c’est un zéro pointé. Il obtient par ailleurs juste la moyenne sur le critère de délai de livraison des pièces. Dommage car pour tout le reste, le T90 Pro s’en sort avec les honneurs.

© Fabrice Brochain pour Capital

L’autre pépin vise les accessoires. Nous n’avons pas trouvé à ce jour de rouleau serpillière ni de brosse principale de remplacement sur le site de la marque. Seuls la brossette latérale, les sacs à poussière et le liquide de nettoyage (entre 35 et 39 euros le litre tout de même !) sont proposés.

Deux alternatives au Deebot T90 Pro Omni d'Ecovacs

Ecovacs Deebot T80 Omni

Le prédécesseur du T90 Pro Omni n’a pas dit son dernier mot. Avec un prix largement revu à la baisse, il devient une réelle bonne affaire avec des prestations très honorables, surtout pour le lavage.

Roborock Qrevo Curv 2 Flow

Le premier robot doté d’un rouleau serpillière de Roborock se pose comme un très bon adversaire au T90 Pro avec une technique de lavage maîtrisée et une esthétique plus douce.

Conclusion

Le Deebot T90 Pro Omni marque quelques points par rapport à son prédécesseur, le T80. Il a pour lui une aspiration plus puissante et un système de lavage un brin plus efficace. Nous n’avons pas non plus grand-chose à lui reprocher sur sa navigation, mis à part un empressement peut-être trop prononcé lorsqu’il retourne à sa station. Il sait travailler discrètement et peut s’attaquer à des tâches complexes pour peu qu’il soit bien paramétré. En revanche, nous déplorons le manque de progrès quant au nettoyage des coins et le long des murs. Dans ces zones, l’aspiration est tout juste correcte et le lavage mériterait d’être plus consciencieux pour le laisser travailler seul et lui faire confiance. Une brossette latérale extensible et moins enthousiaste lui aurait sûrement permis de se montrer plus efficace.

  • Navigation : 4/5
  • Qualité d’aspiration : 3,5/5
  • Qualité de lavage : 4/5
  • Ergonomie de l’application : 3,5/5
  • Entretien : 4/5

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