Les smartphones Pixel de la gamme « a », autrement dit des modèles de milieu de gamme ou « premier prix » chez Google, sont généralement attendus avec impatience à l’approche du printemps. Pour ce millésime 2026, la période de gestation a cependant été plus courte. Le Pixel 10a, successeur du Pixel 9a qui nous a fortement séduit l’an dernier, débarque déjà en rayons. Néanmoins, l’effet de surprise retombe un peu comme un soufflé sorti trop tôt du four. Ce nouveau Pixel 10a marche dans les pas de son prédécesseur tant et si bien que les traces se confondent un peu trop facilement. Google a semblé jouer la prudence et l’économie. Un choix discutable qui pourrait conduire le Pixel 9a à faire de l’ombre au nouveau venu. Jusqu’à lui ravir sa place parmi les meilleurs smartphones de milieu de gamme ? Réponse dans ce test.

Design et connectique : Google met les pieds dans le plat (4/5)

Pour cette nouvelle version accessible du Pixel, Google reprend la recette élaborée lors du précédent opus et l’améliore… un peu. Le boîtier reste composé d’aluminium 100 % recyclé et le dos recouvert de composite avec 81 % de plastique recyclé. Un choix qui présente l’avantage de ne pas retenir les traces de doigts. Les coloris disponibles évoluent assez peu. Le noir volcanique reste au catalogue mais on peut aussi compter dorénavant sur un rouge framboise au lieu d’un rose pivoine, un coloris brume (blanc laiteux) qui remplace le Porcelaine ou encore la couleur lavande à la place de l’iris.

© Fabrice Brochain pour Capital

La petite pilule qui héberge les deux capteurs photo reste aussi de mise et se fond encore plus dans le boîtier. Elle n’affleure même plus à la surface si bien que le smartphone est parfaitement plat et ne bascule alors pas lorsqu’il repose sur le dos. C’est esthétiquement très réussi et fait du Pixel 10a le smartphone le plus plat du moment.

Le gabarit global de ce Pixel varie lui aussi de façon anecdotique d’une année sur l’autre. Sa hauteur passe de 154,7 mm à 153,9 mm (-0,8 mm), il perd 0,3 mm de largeur (73 mm) et prend un insignifiant 0,1 mm d’épaisseur (9 mm). Enfin, le Pixel 10a s’allège de 3 g par rapport à son prédécesseur pour atteindre 183 g. L’appareil reste donc compact et dense. La prise en main demeure toujours aussi agréable avec des tranches plates et légèrement biseautées. Il conserve également son indice d’étanchéité IP68 pour résister à la poussière et à l’immersion dans l’eau.

© Fabrice Brochain pour Capital

Si les changements esthétiques s’avèrent assez mineurs, c’est aussi le cas du côté de la connectique. Le Wi-Fi 6E avec la gestion des trois bandes de fréquence (2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz) reste d’actualité. Le Bluetooth passe de la version 5.3 à la version 6 et le port USB-C conserve la norme 3.2 pratique pour le transfert rapide de fichiers. Le petit plus ? Google ajoute une fonction destinée aux plus baroudeurs : le SOS d’urgence par satellite. Lorsqu’aucun réseau mobile n’est à portée d’antenne, le smartphone peut se connecter aux satellites en orbite géostationnaire afin de contacter les services d’urgence. Une fonction rare à ce tarif.

Écran : un soupçon de luminosité supplémentaire (4,5/5)

La dalle employée sur ce Pixel représente peut-être la plus « grande » évolution matérielle de l’appareil. Sa taille ne varie pas et reste cantonnée à 6,3 pouces avec une définition équivalente de 2424 × 1080 pixels, pour une résolution de 422 ppp. Le LTPO n’est toujours pas de mise et le rafraîchissement adaptatif s’opère de 60 à 120 Hz. Ce qui change, c’est la luminosité. Selon la marque, elle passe de 1800 cd/m2 à 2000 cd/m2 en HDR avec un pic atteignant 3000 cd/m2 contre 2700 cd/m2 auparavant. Sous notre sonde, la différence par rapport au Pixel 9a de l’an passé est présente mais pas aussi sensible. Nous avons ainsi relevé une luminosité maximale en HDR de 1931 cd/m2 et un pic en luminosité adaptative à 2461 cd/m2, soit une progression d’un peu plus de 6 % par rapport au Pixel 9a. Ce n’est pas énorme mais cela reste tout de même très confortable pour consulter l’écran en plein soleil sans difficulté.

© Fabrice Brochain pour Capital

La colorimétrie demeure très juste. Avec le mode « Couleurs Adaptatives », nous avons relevé un Delta E de 3,31. Il chute à 2,1 sitôt passé en mode « Couleurs naturelles », soit en dessous du seuil au-delà duquel l’œil humain perçoit une différence entre la couleur demandée par la source vidéo et celle qui est réellement affichée.

Performances : pas d’amélioration… et pour cause (3,5/5)

C’est indubitablement du côté de la motorisation que le bât blesse sur ce Pixel 10a fraîchement sorti des labos de Google. L’an dernier, le Pixel 9a se dotait, comme les autres membres de la famille Pixel 9, du même SoC maison, soit le Tensor G4. Cette année, alors que les Pixel 10 sont animés par le Tensor G5, le Pixel 10a rempile avec le Tensor G4. Avec le prix de la RAM qui grimpe en flèche, Google n’a visiblement pas trouvé d’autre moyen pour maintenir le tarif de son appareil au même niveau que l’an passé. Recycler ce processeur qui ne va pas tarder à souffler sa deuxième bougie lui a paru la meilleure solution. Il faudra donc s’en contenter

Sans grande surprise, les scores obtenus dans nos différents benchmarks montrent des écarts assez ténus avec son prédécesseur. Les résultats dans Geekbench 6 présentent même un recul des performances Single Core (tâches simples) et MultiCore (multitâche ou tâches complexes). Seules les opérations non-graphiques du GPU, le fameux compute utile à l'IA ou la retouche d'images, affichent une légère progression (+11,6 %). Des performances un peu faibles par rapport à la concurrence, mais qui n’empêchent pas le Pixel 10a de se montrer fluide au quotidien et même de jouer un peu dans de bonnes conditions. Quant à la chauffe, elle reste assez bien gérée.

Un Android pur jus et riche en IA

Google ne revendique jamais de performances décoiffantes sur ses Pixel. La marque préfère mettre l’accent sur les fonctions IA qu’elle intègre à chaque génération.

Aux désormais traditionnelles Entourer pour chercher, Gemini Live, et autre Assistant d’appel, Google ajoute sur ce Pixel 10a deux fonctions liées à la photo : Auto Best Take qui permet d'assurer des clichés de groupes réussis (où tout le monde est à son avantage) et le Coach photo pour optimiser la prise des photos (cadre, focale, etc.) en suivant les indications d’un coach virtuel. Sans oublier la fonction très pratique QuickShare compatible avec les appareils Apple pour envoyer sans fil des fichiers par AirDrop sans appli supplémentaire et que l’on retrouve seulement sur les Pixel 10.

Photo : aussi bon que son prédécesseur, sans plus (3,5/5)

Le processeur n’est pas le seul élément du Pixel 9a recyclé dans ce Pixel 10a. Le bloc photo tout entier est lui aussi la copie conforme de son prédécesseur. On retrouve donc un grand-angle de 48 Mpx (f/1,7) et un ultra grand-angle de 13 Mpx (f/2,2). En façade, la caméra selfie se dote d’un capteur de 13 Mpx associé à une optique ouvrant à f/2,2 également. Si la fiche technique est en tous points similaire, Google indique avoir peaufiné encore un peu ses algorithmes de traitement d’image.

Les fichiers RAW (sans traitement logiciel) obtenus sur la mire de notre laboratoire ne montrent ainsi aucune évolution. La netteté est au rendez-vous, tant au centre qu’en périphérie de l’image. Seule l’exposition automatique se révèle un poil en retrait.

La montée en en sensibilité du capteur permet d’observer la dégradation progressive de la netteté et des couleurs, dès lors que la lumière ambiante baisse. Ici, le bruit numérique résultant de la hausse de sensibilité se fait remarquer dès 800 ISO. Travail en vue donc pour les algorithmes de Google en basse lumière. Il n’en demeure pas moins que le Pixel 10a délivre des images un peu au-dessus de la moyenne des smartphones de sa catégorie.

Photo prise au grand angle
Photo prise au grand angle © Fabrice Brochain pour Capital

En l’absence de téléobjectif optique, Google propose toujours son zoom 2x par recadrage, capable de grimper à 8x si nécessaire. Google n’en fait pas trop et ne survend pas la marchandise en proposant un zoom 30x inexploitable comme c’est souvent le cas chez la concurrence. Ainsi, à 2x, le Pixel 10a reste dans les clous et parvient à conserver un bon niveau de détails. Au-delà, la précision s’estompe. On attendait un peu mieux du traitement d’image pour améliorer le résultat. Tant pis.

Photo prise en zoom x2
Photo prise en zoom x2 © Fabrice Brochain pour Capital

L’ultra grand-angle génère des clichés plutôt satisfaisants pour un smartphone de milieu de gamme. Si les détails s’estompent, l’appareil parvient à conserver un bon équilibre sans pour autant forcer sur les contours. En basse lumière cependant, c’est moins glorieux. Quelques artefacts surgissent çà et là et le traitement n’arrive pas à compenser le bruit numérique.

Photo prise à l'ultra grand angle
Photo prise à l'ultra grand angle © Fabrice Brochain pour Capital

Quant au mode portrait, le Pixel 10a se montre plutôt efficace. Les couleurs demeurent naturelles, le détourage précis et le bokeh appliqué avec subtilité.

Le mode portrait du Pixel 10a
Le mode portrait du Pixel 10a © Fabrice Brochain pour Capital

Finalement, les améliorations logicielles du Pixel 10a face à son prédécesseur se montrent assez infimes. Aucune différence flagrante au premier coup d’œil permet de distinguer les deux appareils.

Autonomie et recharge : Google en léger progrès (4/5)

À l’inverse de quelques autres constructeurs, chinois dans leur ensemble, Google n’a pas encore migré vers la technologie silicium-carbone pour ses accus. Le Pixel 10a embarque donc une batterie de type et de capacité identiques à son prédécesseur, soit Li-Ion de 5100 mAh. Google semble avoir toutefois optimisé quelques aspects sur la consommation d’énergie. Avec notre test de lecture vidéo 4K en streaming, le Pixel 10a est tombé en panne sèche au bout de 20 h 08. Une performance honorable. Dans la réalité, avec un usage mixte classique et en conservant une fréquence de 60 Hz pour l’affichage, on peut envisager une bonne journée et demie d’utilisation avant de passer par la case recharge. Une autonomie dans la moyenne pour cette catégorie.

© Fabrice Brochain pour Capital

Sur le terrain de la recharge justement, la firme de Mountain View pousse le curseur légèrement plus haut. Alors qu’il fallait se contenter d’une charge de 23 W sur le 9a, le Pixel 10a accepte de son côté 30 W. Branché à un chargeur Anker 100 W, il a pu récupérer 28 % de batterie en 15 min et 79 % en 45 min. Il nous aura fallu patienter 82 minutes pour atteindre les 100 %. Ce n’est pas le plus rapide de sa catégorie, mais ce n’est pas trop mal. Et, petite nouveauté, Google ajoute la charge sans fil à 10 W. Ce n’est, là non plus, pas le plus véloce, mais c’est toujours ça de pris.

Durabilité et réparabilité : un mobile conçu pour durer (4,5/5)

Les smartphones de Google jouissent en général d’un bon indice qui reflète leur durabilité. Ce Pixel 10a reste dans la lignée et bénéficie d’un A sur l’étiquette Energy. Ce qui joue en sa faveur ? D’abord, une bonne résistance aux chutes et aux rayures. Il faut dire que Google a enfin troqué le vieillissant verre Gorilla 3 présent sur le 9a contre du Gorilla 7i pour protéger l’écran. Ensuite, le suivi logiciel exemplaire de la marque qui annonce sept ans de mises à jour système et de correctifs de sécurité, comme pour les Pixel plus onéreux.

© Union européenne

Il obtient également un B sur le critère de réparabilité. Ce sont en particulier les éléments de fixation qui sont pointés du doigt négativement (probablement de la colle). La disponibilité des pièces détachées n’est en revanche pas remise en question. Un très bon point. En outre, Google propose ses pièces officielles à la vente via iFixit, expert en réparabilité américain bien connu. Pour le moment, nous ne trouvons pas les composants du 10a mais ils devraient arriver prochainement, puisque ceux des Pixel 9a ou 10 sont déjà disponibles.

Les meilleures alternatives au Google Pixel 10a

Google Pixel 9a : le grand frère, plus vieux mais moins cher

C’est bien par un membre de sa propre famille que ce Pixel 10a peut se faire tailler des croupières. Des performances équivalentes, un volet photo identique et surtout un prix revu à la baisse donnent au Pixel 9a toute légitimité de concurrencer son successeur. Le seul élément réellement important que vous perdrez à le choisir, c'est un an de suivi logiciel puisqu'il fête ses un an d'existence.

Xiaomi POCO F8 Pro : l'alternative plus puissante (pour les joueurs)

Bel écran AMOLED, processeur performant, monture photo avec téléobjectif optique inclus, batterie généreuse… Si vous ne tenez pas absolument à détenir un Pixel, plus de RAM (12 Go) et le double du stockage (256 Go)… ce POCO F8 Pro rivalise d’atouts pour séduire pour un prix inférieur à celui du Pixel 10a.

Conclusion

Le Pixel 10a n’a pas grand-chose à se reprocher. Nous avons apprécié son format compact, son design parfaitement plat (un aspect inédit dans le monde des smartphones), son écran lumineux et confortable, son volet photo satisfaisant pour le prix et son autonomie plus que correcte. Seulement voilà. Le Pixel 10a ne présente vraiment d’intérêt que si l’on fait abstraction de son prédécesseur, que Google conserve d’ailleurs encore au catalogue. Le Pixel 9a de l’an passé n’est pas si différent. Pas assez en tout cas, tant du côté technique que du design. Et, surtout, le Pixel 9a est facturé 100 euros de moins dans la boutique de Google. Autrement dit, il se négocie encore moins cher ailleurs sur le Web. Dans ces conditions, il s’avère difficile pour le Pixel 10a de trouver sa place, même s’il reste un très bon smartphone de milieu de gamme. Nous ne serions que trop vous recommander d'opter pour le 9a, afin d'économiser, la seule vraie perte étant une année de support logiciel, finalement.

  • Design et connectique : 4/5
  • Écran : 4,5/5
  • Performances : 3,5/5
  • Photo : 3,5/5
  • Autonomie : 4/5
  • Réparabilité : 4,5/5

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