Le Chinois Narwal est pressé. Sept mois seulement après la sortie de son robot Flow en rayons, voici que débarque son successeur baptisé, sans originalité, Flow 2. Un empressement que l’on comprend au regard des lancements récents opérés par la concurrence. Roborock, Ecovacs, Mova et prochainement à coup sûr, Dreame, tous renouvellent en ce printemps une partie de leurs gammes.

Pour autant, le Flow 2 ne s’apparente pas à une simple mise à jour technique de son aîné. La marque a revu, presque de fond en comble, le design et les fonctionnalités sans oublier d’élever le niveau côté performances. Station d’accueil relookée, rouleau serpillière plus large, puissance d’aspiration revue à la hausse et système de navigation amélioré sont autant de nouveautés mises au service d’un nettoyage qui se veut, selon la marque, encore plus efficace. Pour vérifier ces promesses, nous avons observé le comportement du Narwal Flow 2 dans notre appartement pendant un mois. Une bonne occasion aussi de voir s’il peut intégrer notre guide des meilleurs aspirateurs robots.

Navigation : une reconnaissance des obstacles assistée en option (4,5/5)

Pour ce Flow 2, Narwal reprend les outils de navigation du Flow 1 en y ajoutant une grosse pincée d’intelligence artificielle. Le nouveau venu s’appuie, cette fois-ci encore, sur deux caméras RVB 1080p en façade, un dispositif de lumière structurée pour détecter les objets 3D et enfin, un télémètre laser, toujours positionné à l’arrière de l’appareil. Point de tourelle disgracieuse et proéminente sur le capot pour gagner quelques centimètres d’épaisseur et ne mesurer que 9,5 cm de haut.

© Fabrice Brochain pour Capital

En chef d’orchestre, le nouveau système intelligent baptisé NarMind Pro 2.0. Celui-ci est censé reconnaître les objets (pratique assez courante) afin de les éviter au mieux. Mais aujourd’hui, il ne se contente plus de les comparer à sa base de données embarquée pour les identifier. En cas de doute, il interroge les serveurs cloud de Narwal. Ce dispositif baptisé VLM Omnivision permet à l’appareil « d’apprendre » au fil de ses pérégrinations dans le logement, afin d’identifier par la suite le contexte (la pièce et son environnement) et les obstacles rencontrés, plus facilement. Selon la marque, VLM Omnivision serait « une intelligence capable d’anticiper comme un humain ». Bon, Narwal s’est peut-être un peu emballé. Durant nos tests, le Flow 2 a bien identifié et contourné le câble USB jeté au sol.

© Fabrice Brochain pour Capital

Il n’a en revanche pas reconnu une chaussette, pas plus que les différents jouets du chat. Mais il n’a pas pour autant tenté de les aspirer ou de leur foncer dessus. Malgré plusieurs essais, il a continué à les contourner sans les identifier. Tant pis. Le principal étant qu’il ne les avale pas.

Bon à savoir : puisque les données recueillies (images de l’objet incriminé et de l’environnement) partent dans le cloud, il est possible de désactiver cette option pour préserver un peu d’intimité et ne pas révéler à Narwal tout votre intérieur.

Quant à la navigation, elle se montre plutôt satisfaisante. L’appareil a su identifier chaque pièce traversée et établir une cartographie précise du logement. Les matériaux au sol ont aussi été reconnus. Le cas échéant, il reste possible d’en modifier la nature depuis l’appli. Dommage toutefois que la moquette ne fasse pas partie de la liste. Il faudra ajouter un tapis et ne pas omettre quelques réglages au passage comme nous le verrons plus loin.

Enfin, pour le franchissement des seuils, le Flow 2 se contente du minimum à ce niveau de prix, soit une hauteur maximale de 4 cm.

Aspiration : toujours plus de puissance, mais quelques lacunes (4/5)

Pour ce nouveau Flow, Narwal a donc revu la puissance d’aspiration à la hausse. Elle passe de 22 000 Pa à 31 000 Pa. Mais un moteur plus musclé ne suffit pas à mener un nettoyage plus efficace. C’est ce que l’on constate ici. Sur le précédent Flow, deux brossettes latérales (fixes) opéraient de concert pour ramener vers le ventre de l’appareil les petits débris éparpillés le long des murs. Sur le Flow 2, une seule brossette, toujours fixe, se charge de ce travail.

© Fabrice Brochain pour Capital

Et comme avec le précédent modèle, on regrette le choix de Narwal de ne pas monter cette balayette sur un bras extensible pour atteindre correctement les coins, les angles et longer les murs. Dans ces zones, le résultat est correct, sans plus. Au mieux, on se satisfait de la vitesse de rotation bien dosée qui évite d’éjecter les débris à l’autre bout de la pièce. Dommage car le duo constitué par un moteur puissant et une brosse principale performante fait un excellent travail. Sur sols durs, le Flow 2 n’éprouve aucune difficulté à avaler petits et gros débris (grains de riz, de semoule ou de litière).

© Fabrice Brochain pour Capital

Sur tapis et moquette, c’est toujours un peu plus compliqué. Deux passages, ou trois, puisque l’option est proposée depuis l’appli, sont nécessaires pour extraire des fibres les cheveux et poils d’animaux. Au passage, on note que la brossette latérale travaille toujours avec parcimonie. Elle se met en branle à certains moments et reste au repos à d’autres, sans réelle logique. Phénomène que nous avions déjà constaté sur le Flow 1. Et impossible de forcer son activation. Les plinthes et les coins subissent de plein fouet cette stratégie. Dommage.

© Fabrice Brochain pour Capital

Reste que le Flow 2 se montre plutôt discret pendant son office. Il propose quatre modes d’aspiration, de Silencieux à Puissant. En mode standard, le plus fréquemment utilisé, le bruit ne dépasse pas les 52 dB(A). Pas mal. Avec le mode Puissant, nous avons mesuré 66 dB(A).

Lavage des sols : un mode Freo à privilégier… dans certains cas (4/5)

Narwal avait inauguré sa technique de lavage au rouleau serpillière sur le premier Flow et récidive ici avec quelques améliorations bienvenues. Le rouleau n’est plus totalement cylindrique mais légèrement aplati telle une chenillette. Une technique qui permet d’augmenter la surface de contact au sol pour améliorer l’efficacité.

© Fabrice Brochain pour Capital

Autre évolution, l’eau propre utilisée pour arroser et rincer la serpillière en continu avec 16 buses est, selon la marque, maintenant chauffée à 60 °C (contre 45 °C auparavant). Enfin, le rouleau qui exerce au sol une pression de 12 N (soit 1,2 kg) peut se décaler de 4,8 cm sur le flanc du robot pour longer les murs. Il ne s’y colle pas totalement et laisse un espace sec de 9 mm.

© Fabrice Brochain pour Capital

La technique de lavage au rouleau se montre toujours aussi efficace. Avec les traces sèches et peu incrustées, un seul passage suffit pour obtenir un sol propre. Avec des taches plus réticentes comme de la sauce séchée, mieux vaut ordonner d’emblée deux voire trois passages pour récupérer un sol impeccable. Petite déception cependant : la brossette latérale traîne au sol et se met parfois à tourner. Elle revient donc humide après une séance de lavage.

Avec les liquides renversés, c’est une histoire différente que raconte le Flow 2. Son efficacité dépend du choix retenu pour le lavage. En optant pour un nettoyage personnalisé (choix du nombre de passages, du degré d’humidité de la serpillière et de la précision du parcours), le robot identifie bel et bien la présence d’un liquide au sol (baptisé « déversement de liquide »). Il tourne autour avec précaution, poursuit le nettoyage de la pièce, puis rentre paisiblement à sa station sans s’en occuper et en laissant le liquide en l’état. Surprenant.

Si l’on opte en revanche pour le mode intelligent Freo, le robot va identifier le liquide puis passer plusieurs fois dessus, en avant et en arrière, pour l’éliminer. Après un lavage de la serpillière, il reprend son parcours normal de lavage.

© Fabrice Brochain pour Capital

Ce comportement étonne et agace. Il pousse à utiliser le mode Freo qui, à nos yeux, n’est pas le plus adapté à toutes les circonstances.

Attention enfin avec les tapis. Le rouleau serpillière demeure à l’air libre. Aucun volet ne vient le masquer pour l’empêcher de répandre ici et là quelques gouttes d’eau. Par ailleurs, il ne se relève que de 12 mm. C’est un peu court lorsqu’il s’agit de grimper sur un tapis épais pour le traverser. Le risque de tremper, au moins le bord, reste élevé.

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Petit bonus : chaque fois que le Flow 2 regagne sa station pour laver sa serpillière, il en profite pour recharger sa batterie d’une belle capacité de 7 000 mAh. Une technique que nous avons déjà rencontrée chez Ecovacs par exemple, avec le Deebot T90 Pro Omni. L’avantage ? Il augmente ainsi son autonomie et peut s’attaquer en un cycle à de larges surfaces.

Ergonomie de l’application : Narwal rend complexe ce qui devrait être simple (3/5)

Avec le Flow premier du nom, nous étions restés sur notre faim quant à l’application fournie. Narwal l’a retravaillé mais ce n’est pas encore tout à fait ça. La carte du logement, toujours organisée avec des rectangles pour chaque pièce, est un peu plus lisible. La modifier demande un peu de dextérité mais on y arrive. En revanche, la gestion des tapis reste une épreuve. La moquette comme nature de sol, n’est toujours pas au rendez-vous. En toute logique, on recouvre donc la pièce concernée par un tapis. Mais attention. Il ne faut alors pas oublier de demander au robot de l’aspirer. Par défaut, le Flow 2 va le traverser sans le nettoyer. Sans ce réglage, en demandant au robot d’aller aspirer cette pièce, le Flow 2 ne bougera pas de sa station et se contentera d’un laconique « tâche terminée ». De quoi laisser dubitatif.

© Fabrice Brochain pour Capital

Par ailleurs, toujours concernant les tapis, l’appli ne permet pas d’éliminer ceux que le robot a pu identifier pendant sa phase de cartographie. Si vous avez laissé traîner un petit tapis dans la cuisine à ce moment-là, tant pis.

Et l’on découvre également des fonctions par hasard. En définissant une zone à aspirer recouverte d’un tapis, un mode Vortex (inconnu au bataillon) est proposé une fois le robot sur zone.

L’appli peut aussi se montrer assez rigide. Elle n’autorise pas de rajouter une pièce une fois la carte définie. Il faut refaire la cartographie en entier. La modification d’un mode de nettoyage ou l’ajout d’une pièce à nettoyer en cours de route ne sont pas permis non plus. Quelques traductions improbables traînent ici et là (comme le mot Économique qui surgit lors de la validation d’une option). Bref, Narwal a encore du pain sur la planche pour améliorer son appli.

Entretien : une station très autonome mais des manipulations à prévoir (4/5)

Avec ce Flow 2, Narwal rompt la tradition des stations compactes en forme de niche et sans rampe d’accès. Ici, le design se veut plus standard mais néanmoins réussi avec une petite touche d’originalité. La façade de la station se révèle toute lisse et élégante. Juste au-dessus du parking du robot, un ruban de Leds s’illumine et s’anime en fonction de l’opération en cours. Il devient bleu lorsque le robot collecte de l’eau ou nettoie sa serpillère, orange lorsque le séchage de celle-ci démarre, ou violet lors de la désinfection du sac à poussière. Une option dans l’appli permet également de s’en servir comme veilleuse. Pourquoi pas.

© Fabrice Brochain pour Capital

Inutile de tirer comme un forcené sur la façade pour l’ouvrir et accéder au sac à poussière. Celui-ci est dissimulé sous une trappe placée juste en dessous du bac d’eau sale de 4 L. Le distributeur automatique de détergent se cache quant à lui sous le bac d’eau propre de 4,5 L. Il faut donc retirer les bacs d’eau pour refaire le plein de détergent ou changer le sac à poussière (d’une capacité de 2,5 L).

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Lorsque le robot regagne sa station après son office, il s’arrête d’abord devant et procède à un autonettoyage assez bruyant pour purger son conduit d’aspiration. Il compacte également les débris dans son collecteur de poussière. Il se gare ensuite dans la station qui se charge de le purger… avec plus ou moins de succès. En ouvrant le collecteur, nous avons découvert un gros amas de débris et autres cheveux encore présent après 15 jours d’utilisation. Il faudra donc vérifier régulièrement le collecteur.

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La station procède également au lavage de la serpillière à une température variable selon son degré d’encrassement. À 45 °C ou à 60 °C (pour les taches grasses). Ensuite, un cycle de lavage avec une eau cette fois-ci à 100 °C nettoie les conduits de la station. La serpillière est enfin séchée à l’air chaud à 60 °C. Le sac à poussière subit lui aussi une phase de séchage et de désinfection.

Plutôt bien fichue, la station se charge donc de tout. Il faudra simplement songer à nettoyer la planche de lavage qui a tendance à s’encrasser rapidement.

© Fabrice Brochain pour Capital

Côté robot, l’entretien est également assez aisé. La brosse principale munie d’un système anti-enchevêtrement reste relativement propre. Même si nous avons remarqué la présence de quelques cheveux à l’une des extrémités.

© Fabrice Brochain pour Capital

Quant au rouleau serpillière, il se détache facilement. Narwal ne précise pas s’il peut passer à la machine à laver de temps en temps.

© Fabrice Brochain pour Capital

Enfin, on apprécie la présence dans le carton d’un sac à poussière de rechange et d’un flacon de détergent de 300 ml. Ce n'est pas toujours le cas, même sur les appareils haut de gamme. Le geste est donc louable.

Réparabilité : pouvoir réparer c’est bien, mais où sont les pièces ?

Le Narwal Flow 2 affiche un indice de réparabilité de 8,2/10, dans la moyenne des aspirateurs robots. Néanmoins, le détail de la note surprend. L’appareil est gratifié des meilleures notes possibles quant à son démontage, aux outils nécessaires pour y parvenir et aux éléments de fixation. Il est également salué pour les délais de livraison des pièces détachées des listes 1 et 2 ainsi que sur leurs prix vis-à-vis des pièces d’origine.

© Fabrice Brochain pour Capital

Paradoxal cependant, il accuse deux zéros sur les critères de durée de disponibilité des pièces de ces mêmes listes 1 et 2 (celles qui cassent ou tombent en panne le plus souvent et celles qui sont nécessaires à son bon fonctionnement). Soit il y a un réel problème d'approvisionnement soit, le Flow 2 venant tout juste d’être lancé, les informations sur la disponibilité de ces pièces ne sont pas encore à jour. Nous vérifierons ultérieurement si l’indice de réparabilité du Flow 2 a évolué.

Deux alternatives au Narwal Flow 2

Roborock Qrevo Curv 2 Flow

Ecovacs Deebot T90 Pro Omni

Conclusion

Fraîchement arrivé sur le marché européen, Narwal ne ménage pas ses efforts pour se faire une place malgré une concurrence redoutable. Ce Flow 2 constitue une belle avancée par rapport au premier modèle du nom, sorti en septembre 2025. Il offre une navigation exemplaire et un système d’apprentissage constant qui ne demande qu’à s’améliorer (avec l’aide et le consentement de l’utilisateur). Mais même sans cela, le robot parvient à se déplacer sans difficulté dans la maison et à éviter quantité de pièges. Côté aspiration, son moteur puissant se montre à la hauteur pour s’attaquer à tout type de surface. On aurait apprécié que Narwal adopte enfin une brossette extensible pour l’aider dans sa tâche, mais il faudra encore patienter. Quant au lavage, c’est là aussi très bon même s’il faut se plier à une petite gymnastique pour adopter le bon mode de nettoyage selon les besoins. Toutefois, Narwal doit encore travailler l’ergonomie de son appli pour la rendre plus simple à utiliser et moins rigide. Dès lors où l’on s’interroge sur le bon réglage à adopter, c’est que quelque chose cloche. Des petits détails à régler qui pourraient apporter plus de souplesse dans l’utilisation de ce robot sinon efficace.

  • Navigation : 4,5/5
  • Qualité d’aspiration : 4/5
  • Qualité de lavage : 4/5
  • Ergonomie de l’application : 3/5
  • Entretien : 4/5

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