Trois déclinaisons du Galaxy Book6 ont été commercialisées par Samsung en janvier. Il y a la version standard, baptisée simplement Galaxy Book6, la variante intermédiaire, le Galaxy Book6 Pro, et la déclinaison la plus haut de gamme, le Galaxy Book6 Ultra. Des appareils qui s’appuient sur la nouvelle architecture Panther Lake d’Intel, censée améliorer considérablement l’autonomie face aux puces ARM de Qualcomm et d’Apple.

Dans le cas présent, c’est la première version qui nous intéresse, équipée de la puce Intel Core Ultra 7 355 et commercialisée tout de même à partir de 1 799 € pour la version 14 pouces, et 1 849 € pour notre unité de test de 16 pouces non tactile.

La principale différence vient de la technologie d’écran. Ici, la firme coréenne s’est contentée d’une dalle LCD IPS rafraîchie à 60 ips (images par seconde) contre des dalles « AMOLED 2X » plus performantes, avec une fréquence de rafraîchissement pouvant atteindre 120 ips, sur les versions supérieures. Reste à voir si cette concession suffit à proposer un appareil suffisamment convaincant pour intégrer notre guide des meilleurs PC portables, même si son prix demeure nettement plus élevé que celui d’un MacBook Air M5 15 pouces, à l’autonomie et aux performances de premier ordre.

Design et connectique : de l’aluminium, plein de ports USB mais pas de Thunderbolt 4 (4,5/5)

Le design de l’appareil reste sobre, mais particulièrement bien fini. Le Galaxy Book6 est intégralement en aluminium. Le châssis est relativement fin, il ne mesure que 1,19 cm d’épaisseur, soit légèrement plus qu’un MacBook Air. Il reste assez léger pour un grand format de 16 pouces, puisqu’il ne pèse que 1,74 kg, ce qui le rend assez simple à transporter.

© Quentin Lorichon pour Capital

En ce qui concerne le clavier, il ne change pas par rapport à la version 14 pouces et apparaît donc plus épuré et plus compact. Les touches sont confortables, le pavé tactile, un peu moins, car il a tendance à retenir légèrement les doigts, comme beaucoup de pavés tactiles. On vous conseille donc d’utiliser cet appareil avec une souris pour un maximum de confort.

© Quentin Lorichon pour Capital

La connectique est très complète. Elle comprend deux prises USB-A, deux ports USB-C (qui ne sont pas Thunderbolt 4, contrairement aux versions Pro et Ultra), un emplacement microSD, une prise casque/micro, ainsi qu’un port LAN RJ45. Vous n’aurez pas besoin d’un hub USB externe pour y brancher tous vos appareils.

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Le volet sans fil est constitué du Bluetooth 5.4 et du Wi-Fi 6E (vitesse de transfert théorique de 9,6 Gbit/s). Des normes relativement modernes, même si le Bluetooth 6 et le Wi-Fi 7 se démocratisent sur le marché.

Écran : une dalle LCD qui manque de couleurs (3/5)

Le volet écran est certainement la partie la plus décevante de ce Galaxy Book6. Alors que les versions Pro et Ultra adoptent une dalle AMOLED, au contraste infini, le Book6 standard se contente d’un écran LCD IPS de 16 pouces à la définition très classique de 1 920 x 1 200 pixels. Dans l’absolu, proposer une dalle LCD sur un PC portable premium n’est pas forcément un défaut.

Les MacBook Air et Pro n’intègrent toujours pas de technologie OLED, mais disposent d’écrans LCD particulièrement performants et calibrés pour la productivité/les travaux créatifs. Ce n’est malheureusement pas le cas ici.

© Quentin Lorichon pour Capital

D’après nos tests, la dalle ne couvre que 58 % de l’espace colorimétrique sRGB et seulement 43 % du DCI-P3, le standard utilisé dans l’industrie du cinéma. Cela donne des couleurs qui manquent de richesse, plus ternes que les meilleurs écrans IPS et prive de facto le PC de retouches photo précises ou de montage vidéo sérieux en condition de mobilité. Difficile à accepter sur un ordinateur portable proposé à partir de 1 799 €, d’autant qu’il embarque un processeur capable de gérer des workflows relativement lourds.

© Quentin Lorichon pour Capital

D’autre part, le DeltaE s’élève à 4,93 (les couleurs sont donc relativement fidèles) et le contraste atteint 1 170:1 (un résultat dans la moyenne des moniteurs IPS). Des valeurs qui permettent malgré tout un usage multimédia à peu près décent pour regarder des films et des séries.

© Quentin Lorichon pour Capital

Quant à la luminosité maximale, elle plafonne à 350 cd/m², ce qui s'avère limité pour une utilisation en extérieur ou dans des environnements très lumineux. À noter d'ailleurs que l’écran ne prend pas en charge le HDR. Toutefois, le traitement antireflet se montre efficace et compense en partie ce manque de luminosité.

© Quentin Lorichon pour Capital

Enfin, l’uniformité de la dalle est très bonne, avec un écart maximal de seulement 8 % entre les différentes zones d’affichage. Mais, dans l’ensemble, on aurait apprécié que Samsung adopte un meilleur écran vu le prix de l'engin.

Performances : fluide dans la plupart des cas (4/5)

L’ordinateur est propulsé par l’Intel Core Ultra 7 355, équipé de 8 cœurs, dont 4 cœurs haute performance, avec une fréquence maximale de 4,7 GHz. Le CPU est épaulé par 16 Go de RAM, ce que nous considérons aujourd’hui comme le minimum pour un PC portable. À l’usage, nous avons pu travailler dessus sans ralentissement notable, avec quelques dizaines d’onglets ouverts en navigation web, du traitement de texte et du streaming en arrière-plan.

Nous l’avons également mis à l’épreuve sur Geekbench 6 afin de le situer par rapport au reste du marché. En single-core, l’appareil obtient 2 709 points, contre 11 418 points en multi-core. Des résultats qui le placent à peine au niveau d’un MacBook Air M2, un ordinateur haut de gamme sorti en 2022. Sur la partie Compute de Geekbench 6, qui simule certaines tâches du GPU liées à l’IA, il obtient 23 696 points. Les performances ne sont pas mauvaises dans l’absolu, mais restent bien en deçà des références du genre en 2026, comme le MacBook Air M5 ou l'Asus Zenbook A14 sous Snapdragon X2 Elite.

Nous avons également voulu l’évaluer sur une tâche de modélisation 3D avec le benchmark Cinebench R24, un workflow particulièrement exigeant. Le Galaxy Book6 se défend très bien, mais le rendu reste assez long, avec un délai notable entre la fin du benchmark et l’achèvement complet de la scène. Sur les processeurs les plus puissants, ce type de rendu se termine généralement en une à deux minutes. Le Galaxy Book6 reste donc dans une logique d’ultraportable, capable de lancer ce type de workflow, mais avec un temps d’exécution plus long.

© Cinebench / Maxon

Ensuite, bien qu’il ne soit clairement pas pensé pour le jeu, certains utilisateurs pourraient vouloir s’accorder une petite pause gaming entre deux sessions de travail. Malheureusement, l’iGPU intégré ne permet pas de faire tourner convenablement les jeux récents. Le processeur ne dispose pas d’une partie graphique Intel Arc, mais d’un simple iGPU Intel Graphics, principalement pensé pour l’affichage et les usages légers. Résultat, le score obtenu sur 3DMark reste assez faible. Il permettra toutefois de lancer quelques jeux anciens comme GTA V ou Battlefield V dans des conditions correctes.

© 3DMark

Poursuivons avec le SSD de 512 Go, qui affiche des vitesses de transfert de très bon niveau. La vitesse d'écriture peut atteindre 4 280 Mo/s, tandis que la vitesse de lecture grimpe jusqu'à 4 075 Mo/s, selon un échantillon de plusieurs mesures réalisées par nos soins sur le logiciel AJA System Test.

Côté logiciel, le Galaxy Book6 est livré avec Windows 11 Famille et quelques fonctionnalités propres aux Samsung Galaxy Book, notamment Quick Share, qui permet de partager rapidement des fichiers entre les appareils de la marque coréenne, comme les smartphones et les PC. La fonction Sélection IA, reprise des smartphones Galaxy, permet quant à elle de sélectionner une zone de l’image afin d’en extraire du texte ou de rechercher sur Internet le contenu affiché.

Elle se montre plutôt fiable pour identifier le lieu visible sur une image, mais son intégration laisse davantage à désirer pour la traduction. Nous avons par exemple tenté de traduire un extrait d’article en anglais, mais la moitié des phrases était coupée.

© Quentin Lorichon pour Capital

De son côté, l’application Samsung Settings offre davantage de contrôle sur l’appareil, notamment sur la vitesse des ventilateurs. Nous avons d’ailleurs constaté que ces derniers s’activaient un peu trop fréquemment, même lors de tâches légères. Il suffit toutefois de passer en mode « Discret » ou « Silencieux » pour réduire leur fréquence d’activation, avec une différence imperceptible sur les performances dans la majorité des cas. Notons enfin que l'appareil ne chauffe que très peu, même sur des usages lourds.

Autonomie : l’architecture d'Intel rattrape (un peu) son retard (4/5)

Les puces Intel ont longtemps accusé un retard en matière d’efficience face aux processeurs reposant sur une architecture ARM, comme les Snapdragon X de Qualcomm ou les Apple Silicon. Intel commence à réduire progressivement cet écart, avec une autonomie désormais suffisamment solide pour envisager une journée complète de travail. L’appareil embarque une batterie de 61,20 Wh, soit une capacité inférieure aux 78,07 Wh et 80,20 Wh des versions Pro et Ultra.

Lors de notre test de lecture vidéo 4K, avec l’écran réglé à 200 cd/m², notre unité de test a tenu exactement 11 h 49. Ce résultat reste en retrait face aux meilleures machines équipées de puces Apple Silicon ou Snapdragon X (plutôt autour de 16/17h), mais les progrès sont notables. Le temps de charge est par ailleurs assez lent. Il faut 48 minutes à l'appareil pour regagner 50 %, 1h17 pour 80 % et 2 heures pour une charge complète avec un bloc d'alimentation de 96 W. Notez toutefois qu'il n’est pas fourni, et que seul un câble USB-C vers USB-C est inclus dans le coffret.

Indice de réparabilité : Samsung en bon élève (4/5)

En matière de durabilité, Samsung poursuit ses efforts. Le Galaxy Book6 obtient une note globale de 8,7/10, là où le MacBook Air M5 plafonne à 6,8/10. En consultant la fiche détaillée, on remarque que la facilité de démontage des pièces de la liste 2 est notée 8/10, tout comme les outils nécessaires au démontage.

Autrement dit, les pièces les plus susceptibles de tomber en panne semblent relativement simples à retirer, sans nécessiter d’outillage complexe. La disponibilité des pièces de la liste 2 atteint quant à elle 7,4/10, avec des délais de livraison bien notés à 8/10. En revanche, les éléments de la liste 1, indispensables au bon fonctionnement de l’appareil mais moins fréquemment remplacés, obtiennent seulement 5/10, aussi bien pour leur disponibilité que pour leur délai de livraison.

© Ministère de la transition écologique

Enfin, le rapport entre le prix des pièces de la liste 2 et celui de l’équipement neuf décroche un excellent 10/10, signe que le coût de remplacement reste raisonnable au regard du prix de l’appareil.

La fiche technique indique deux emplacements de SSD internes, dont l’un est occupé par le modèle installé de série. Le stockage est donc extensible, avec la possibilité d’ajouter ou de remplacer un SSD.

Cependant, la mémoire vive n’est pas remplaçable. En effet, la fiche technique indique « LPDDR5X on board », ce qui signifie que les modules de RAM sont intégrés directement à la carte mère. Il ne s’agit donc pas de barrettes amovibles au format SODIMM, qui auraient permis un remplacement ou une extension après l’achat.

Les meilleures alternatives au Samsung Galaxy Book6

MacBook Air M5, le meilleur rival

Sans surprise, la principale concurrence vient tout droit de Cupertino. Le MacBook Air M5 surpasse le Galaxy Book6 sur la plupart des points clés, avec un meilleur écran, une autonomie plus solide et une puce M5 redoutable, capable d’offrir des performances de très haut niveau. Et surtout, il est presque 400 € moins cher pour la version 15" et la même capacité de stockage. En revanche, il sera moins facilement réparable et possède peu de connectiques. Il faudra en ajouter.

Asus Zenbook A14 OLED, l'alternative sous Windows

Si vous tenez vraiment à Windows, l’Asus Zenbook A14 OLED, avec puce Snapdragon X2 Elite, offre des performances de bonne facture avec l'architecture ARM, ainsi qu’une autonomie de très haute volée. De plus, il a droit à une dalle OLED qui manque un peu de luminosité mais sera bien meilleure que les IPS de Samsung ou d'Apple. Attention toutefois car l'ARM sur Windows est encore jeune et certaines applications peuvent encore ne pas être compatibles.

Conclusion

Le Samsung Galaxy Book6 porte un lourd fardeau, celui de son prix. Certes, la pénurie de mémoire vive provoquée par l’essor de l’IA fait grimper les tarifs de la RAM, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Mais à l’heure où le MacBook Neo est lancé à 699 € et où plusieurs PC Windows bien équipés restent sous la barre des 1000 €, comme le HP Omnibook 3, il est difficile pour ce Galaxy Book6 de se faire une place sur le marché.

L’ordinateur est loin d’être mauvais dans l’absolu, mais il semble faire les mauvais compromis pour mieux mettre en avant les versions Pro et Ultra, mieux équipées. Le manque de performances de l’écran pèse lourdement dans la balance et, surtout, son tarif trop élevé l’empêche de s’imposer comme un bon rapport qualité/prix.

  • Design et connectique : 4,5/5
  • Écran : 3/5
  • Performances : 4/5
  • Autonomie : 4/5
  • Indice de réparabilité : 4/5

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