Xiaomi hausse encore un peu le ton pour s’imposer comme le roi de la photo sur smartphone. L’an passé, la firme nous avait déjà fortement séduit avec son Xiaomi 15 Ultra. Pour ce cru 2026, la marque saute une génération sur la dénomination et passe directement au Xiaomi 17 Ultra. La raison ? Elle est tout simplement dictée par Apple. Pas question pour Xiaomi de proposer un opus 16 de son appareil lorsque la marque la pomme en est déjà à la version 17 de son iPhone. Alors autant s’aligner en sautant un numéro.

Cette petite coquetterie marketing mise à part, le Xiaomi 17 Ultra se repose une fois de plus sur le partenariat noué avec l’Allemand expert de la photo, Leica. Tant et si bien que la gamme Xiaomi 17 se décline cette année, en Europe, en trois modèles : 17, 17 Ultra et Leica Leitzphone par Xiaomi. Sur ce dernier, les rôles sont inversés. Xiaomi se place en retrait et il est plus question d’un appareil photo faisant aussi office de smartphone.

La ligne directrice reste donc la même pour cette série 17 : la photo avant tout. Mais Xiaomi n’en a pas pour autant délaissé le reste en intégrant dans ce 17 Ultra les dernières technologies disponibles. Voyons si l’alchimie fonctionne pour faire à nouveau de cet appareil l’un des meilleurs smartphones photo.

Design et connectique : plus sage mais non moins massif (4/5)

Le Xiaomi 15 Ultra de l’an passé revendiquait haut et fort son statut de photophone premium jusque dans son look proche d’un appareil photo. Le nouveau venu adopte une posture moins clivante. Xiaomi abandonne la texture simili cuir dévolue au Leitzphone. Le 17 Ultra se couvre donc d’un dos en fibre de verre décliné en trois coloris : blanc, noir et, comme notre exemplaire de test, vert bouteille parsemé de petits points blanc baptisé Startlight green. Le revêtement se veut légèrement glissant et retient assez facilement les traces de doigts.

© Fabrice Brochain pour Capital

Toujours au dos, on retrouve l’énorme bloc photo circulaire hébergeant les quatre modules et le double flash à Led. S’il procure une bonne stabilité à l’appareil lorsque celui-ci repose sur le dos, il facilite aussi la préhension une fois le 17 Ultra en main. L’index vient se caler naturellement en dessous. En revanche, son épaisseur augmente encore un peu le gabarit déjà solide du mobile. Aux tranches de 9 mm s’ajoutent donc 6 mm de plus pour atteindre en tout 1,5 cm d’épaisseur. Pas toujours évident de le caser dans une poche. D’autant que le gabarit global est à l’avenant avec ses 162,9 mm de haut pour 77,6 mm de large et un poids de 219 g, certes en léger retrait par rapport à son prédécesseur (-14 g) mais tout de même. Le Xiaomi 17 Ultra est un grand et gros bébé.

© Fabrice Brochain pour Capital

De face, Xiaomi abandonne son écran légèrement incurvé au profit d’une dalle parfaitement plate comme le veut la tendance actuelle. La transition vers les tranches est donc un peu plus brutale. Il faudra s’y habituer. Ainsi qu'aux nouveaux boutons de volume qui font scission avec, pour chacun, une touche dédiée.

Enfin, comme son prédécesseur, le 17 Ultra revendique un indice IP68 pour garantir son étanchéité à la poussière à l’immersion dans l’eau. L’îlot photo est recouvert de verre Corning Gorilla Glass 7i et, en façade, l’écran est protégé par un verre maison Shield Glass 3 (qui remplace le Glass 2 du 15 Ultra) et qui serait, selon la marque, 30 % plus résistant.

Au rayon connectique, Xiaomi reste à la pointe avec de la 5G évidemment mais aussi du Wi-Fi 7 tri-bande (2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz), du Bluetooth 6, du NFC et de l’USB 3.2 Gen 2 pour transférer rapidement des fichiers vers un ordinateur. Rien à redire donc de ce côté-ci pour un smartphone de cette catégorie.

Écran : une luminosité exemplaire (5/5)

Puisqu’il s’agit d’un appareil conçu avant tout pour la photo, autant prendre plaisir à les regarder. Xiaomi n’y va donc pas avec le dos de la cuillère. La dalle OLED prend un peu plus ses aises et passe de 6,73 pouces sur le 15 Ultra à 6,9 pouces, soit autant que l'écran de son concurrent direct, le Galaxy S26 Ultra de Samsung. Un bel espace d’affichage dont la définition a pourtant été abaissée par rapport à l’année dernière pour se porter à 2608 x 1200 pixels (contre 3200 x 1240 pixels sur le 15 Ultra). La résolution diminue également passant de 522 ppp à 416 ppp. Qu’on se rassure, ce changement est quasiment imperceptible à l’œil (à moins de le coller sur l’écran).

© Fabrice Brochain pour Capital

Xiaomi a opté pour une dalle LTPO dont le rafraîchissement s’opère de 1 à 120 Hz. Surtout, elle se montre très lumineuse. Alors que la marque indique un pic à 3500 nits, sous notre sonde, en mode « Luminosité adaptative », nous avons pu mesurer un pic à 3485 nits. La luminosité SDR plafonne de son côté à 647 nits et à 2257 en HDR. Bref, de quoi profiter des contenus affichés confortablement quelles que soient les conditions de lumière ambiantes.

Quant à la fidélité des couleurs, c’est là aussi tout bon. Le mode « Couleurs Original Pro » présente un Delta E de 2,7 et même le mode « Vif », plus péchu, reste dans les clous avec un Delta E de 3,2. C’est suffisamment en deçà ou proche du seuil de 3 à partir duquel l’œil humain commence à percevoir une différence entre la couleur affichée et la couleur de la source vidéo originale. On n'attendait pas moins d’un smartphone spécialiste de la photo qui doit présenter les clichés sans en altérer les couleurs.

Performances : de la puissance à revendre… et à dompter (4/5)

Comme nombre de ses contemporains haut de gamme, le Xiaomi 17 Ultra se dote du SoC star de Qualcomm, le Snapdragon 8 Elite de 5ème génération. Épaulé par 16 Go de RAM et 512 Go d’espace de stockage, il délivre des performances décoiffantes. Comme en témoignent les résultats de nos différents benchmarks, ce SoC se montre taillé pour les usages intensifs.

Revers de la médaille : la dissipation thermique n’est pas toujours optimale. Nous avons pu relever lors des stress-test de 3D Mark une température au dos du boîtier de 47,3°C et de 44,2°C sur la tranche. Outre ce léger inconfort, le throttling (phénomène qui pousse à ralentir le processeur pour éviter la surchauffe) se manifeste assez rapidement, faisant chuter les performances à 46 % de la puissance maximale au bout de quelques minutes lorsque la charge est trop élevée.

Pas de panique toutefois. Le Xiaomi 17 Ultra n’est pas du genre à jeter l’éponge et à se mettre en veille pour éviter de s’enflammer dès qu’une tâche gourmande est lancée comme nous avons pu le constater avec d’autres smartphones. Si le throttling est important, l’appareil garde le cap. Nous n’avons jamais rencontré le moindre ralentissement ou temps de latence lors de la manipulation des applis lourdes ou de longues séances de shooting photo.

Idem en jeu. Le Xiaomi 17 Ultra s’avère un agréable compagnon pour se divertir et mettre son grand écran au service des jeux AAA.

HyperOS et HyperAI à la manœuvre

Le Xiaomi 17 Ultra est aussi à la page côté logiciel. Il fonctionne sous Android 16 avec la surcouche logicielle maison HyperOS, ici dans sa troisième itération. Le système est agréable même s’il comporte beaucoup de menus, de réglages et d’autorisations à fournir qui alourdissent la compréhension. Quant au volet IA, il comporte plusieurs outils en plus de ceux fournis par Google.

© Fabrice Brochain pour Capital

On y trouve donc des fonctions de retouche photo grâce à l’IA générative pour agrandir le cadre d’une photo, changer l’aspect du ciel, générer des fonds d’écrans dynamiques à partir de ses propres clichés, etc. Xiaomi propose moins d’outils IA que la concurrence (notamment Samsung) mais l’essentiel est là.

Photo : le roi conserve sa couronne (5/5)

Cette année, la plupart des constructeurs se contentent de reprendre le volet photo du modèle précédent sans apporter de modification, ou très peu. Pour son 17 Ultra, Xiaomi rompt cette monotonie. Quatre modules réalisés en partenariat avec Leica répondent à l’appel comme l’an passé. Mais l’un d’entre eux n’est plus exploitable. En effet, le téléobjectif optique x3 a cédé sa place à un capteur 3D ToF (Time of Flight) pour calculer la profondeur de champ. Les deux téléobjectifs optique x3 et x5 employés sur le 15 Ultra ont fusionné sur le 17 Ultra pour se muer en un seul téléobjectif x3,2 / x4,3 (f/2,39 – f/2,96) en permettant un zoom continu entre 75 et 100 mm.

© Fabrice Brochain pour Capital

Derrière, se niche un capteur de 200 Mpx. Le grand-angle eq 23 mm (f/1,6) est toujours quant à lui équipé du capteur de 1 pouce de 50 Mpx. Les smartphones qui utilisent un tel capteur se comptent sur les doigts d’une main en France. La panoplie se complète avec un module ultra grand-angle eq 14 mm (f/2,2) pour un capteur de 50 Mpx. En façade, on peut compter sur une caméra selfie eq 21 mm (f/2,2) pour un capteur de 50 Mpx également.

Lorsque la lumière est bien présente, le grand-angle donne toujours autant de plaisir. Les clichés profitent d’un excellent piqué. L’exposition automatique est un peu en retrait mais les couleurs demeurent bien présentes.

Photo prise au grand angle
Photo prise au grand angle © Fabrice Brochain pour Capital

Un plaisir qui ne s’atténue guère lorsque la lumière décroit. Sur notre mire de test, avec les fichiers RAW (sans traitement logiciel) la montée en sensibilité ISO est très bien maitrisée, grâce au grand capteur d’un pouce. En collectant plus de lumière, il retarde l’apparition du bruit numérique qui doit ultérieurement être compensée par les algorithmes de traitement d’image avec plus ou moins de finesse. Ici, à 1600 ISO, le grand-angle tient le cap. Seule l’exposition automatique reste un peu à la peine. Du beau travail.

Du côté du téléobjectif, armé de son capteur de 200 Mpx, c’est aussi très réussi. La montée en sensibilité ISO connaît un peu plus de difficultés avec un bruit numérique qui se manifeste dès 800 ISO. Rien de rédhibitoire toutefois. Le traitement logiciel appliqué par la suite parvient à corriger le tir sans avoir la main trop lourde. Les détails demeurent bien restitués et les couleurs satisfaisantes.

Photo prise au zoom 8,7x
Photo prise au zoom 8,7x © Fabrice Brochain pour Capital

Xiaomi propose par ailleurs de saisir des clichés à la pleine définition du capteur soit 200 Mpx sur les quatre focales (75, 80, 90 et 100 mm). Un léger temps de traitement (de l’ordre de quelque secondes) s’applique alors pour restituer l’image mais le résultat en vaut la chandelle pour les clichés diurnes. Les clichés fourmillent de détails. Mais attention, les fichiers peuvent peser plus de 80 Mo.

Côté portrait, c’est là aussi tout bon. L’appareil parvient à bien saisir les nuances de couleurs et à appliquer un bokeh de façon précise. Xiaomi maîtrise l’exercice.

Le mode portrait du Xiaomi 17 Ultra
Le mode portrait du Xiaomi 17 Ultra © Fabrice Brochain pour Capital

Le dernier module, l’ultra grand-angle, ne connaît pas d’évolution par rapport à l’année dernière. L’effet de vignettage rencontré sur le Xiaomi 15 Ultra répond encore une fois à l’appel et les couleurs deviennent plus ternes.

La netteté se révèle aussi plus capricieuse notamment en périphérie de l’image. Néanmoins les déformations restent assez bien maîtrisées.

Un kit photo pour les amateurs avertis

Puisque le Xiaomi 17 Ultra se présente comme un photophone, autant l’aider encore un peu dans sa tâche. Comme l’an passé, Xiaomi propose, en option, son Pack Photo Pro. Il se compose d’une coque dans laquelle glisser le smartphone et où s’insère une poignée amovible. Il consiste à transformer le mobile en véritable appareil photo. La poignée embarque un déclencheur à deux niveaux qui permet, comme sur les vrais appareils, d’appuyer à mi-course pour faire le point avant de déclencher. Une molette personnalisable autorise d’ajuster les ISO, la balance des blancs, etc et un levier donne accès au zoom. La coque de son côté se dote d’une bague rotative pour y placer des filtres de 67 mm. La poignée embarque par ailleurs une batterie de 2000 mAh. L’ensemble plombe encore un peu le poids du smartphone pour atteindre 346 g mais se révèle très confortable. L’accessoire est facturé 199 euros.

Autonomie et recharge : Xiaomi veut prolonger le plaisir (4,5/5)

L’an dernier, le Xiaomi 15 Ultra se contentait d’une batterie silicium-carbone de 5410 mAh… sauf sur la version vendue en Chine où la capacité affichait 6000 mAh. Pour le 17 Ultra, l’égalité règne avec 6000 mAh pour tout le monde. Ces quelques centaines de milliampères-heure de plus ont un impact significatif sur l’autonomie. Avec notre test de lecture de vidéo 4K en streaming, le 17 Ultra est tombé à plat au bout de 29h32. C’est 2h37 de plus que le 15 Ultra dans le même exercice. De quoi tenir près de deux jours sans se montrer trop gourmand avec l’appareil photo, la luminosité de l’écran et les jeux. Confortable.

© Fabrice Brochain pour Capital

Pour refaire le plein, l’appareil est compatible avec la charge filaire 90 W et sans fil 50 W. Une petite régression par rapport à l’an dernier où l’on pouvait compter sur une charge à induction à 80 W avec un chargeur compatible. Branché à un chargeur Xiaomi 120 W, le 17 Ultra a récupéré 48 % d’autonomie en 15 minutes et 85 % en une demi-heure. De quoi repartir pour une journée complète le temps de prendre une douche. Les 100 % de batterie ont été atteints au bout de 59 minutes de charge (les cinq derniers pourcents étant les plus longs).

Durabilité et réparabilité : encore quelques effort à fournir sur le suivi logiciel (3/5)

Si Xiaomi met un point d’honneur à améliorer la qualité de ses appareils d’année en année, la firme adopte un autre rythme pour assurer leur durabilité. Encore une fois, elle se place en retrait de ses concurrents directs (Samsung, Google, Apple) quant au suivi logiciel. Pour ce 17 Ultra, la marque progresse un peu en promettant 5 ans de mises à jour système et six ans de correctif de sécurité.

© Union européenne

Pour un modèle premium tel que le 17 Ultra, on attendait que Xiaomi sorte le grand jeu avec sept ans de suivi. Tant pis. Et c’est en partie ce qui plombe l’indice de réparabilité compris dans la note du 17 Ultra sur l’étiquette énergie. Si l’appareil récolte un A général, c’est bien un C qui caractérise ce critère. Les outils nécessaires au démontage sont toujours critiqués mais la disponibilité des pièces détachées rattrape le coup. Le 17 Ultra est par ailleurs salué par un A sur sa solidité et la résistance aux rayures de son écran avec une note de 6/10 sur l’échelle de Mohs.

Les meilleures alternatives au Xiaomi 17 Ultra

Honor Magic8 Pro : l'autre roi de la photo

Le Chinois Honor fait partie des concurrents sérieux dans la compétition photo sur smartphones. Son Magic8 Pro sorti au début de l’année délivre des clichés de très bonne facture tant de jour que de nuit et des portraits réussis. Son autonomie est en revanche plus faible que celle du Xiaomi 17 Ultra.

Google Pixel 10 Pro XL: la photo dopée à l'IA

Doté de capteurs de définition inférieure (48 Mpx), le Pixel 10 Pro XL reste une référence sur le terrain de la photo. Google maîtrise parfaitement le sujets avec des algorithmes de traitement d’image aux petits oignons. Mais l’autonomie est toujours à la traîne.

Conclusion

Après un 15 Ultra réussi l’année dernière, Xiaomi persiste et signe avec ce 17 Ultra auquel nous avons peu à reprocher. L’appareil remplit parfaitement son rôle de photophone premium. Il présente de très belles aptitudes pour la photographie tant pour les amateurs que pour ceux qui souhaitent s’affranchir du mode tout automatique pour produire des clichés qui leur correspondent. Il faut pour cela accepter de trimballer un mobile un peu plus volumineux et dense que la moyenne. Appréciable aussi, le travail sur l’autonomie et les bonnes performances en font un smartphone à l’aise au quotidien pour toutes sortes de tâches. Ce qui lui manque ? Une meilleure gestion de la chauffe et un poil de générosité supplémentaire pour le suivi logiciel afin de se hisser au même niveau que ses concurrents comme Samsung, Google ou encore Honor qui pousse lui aussi à 7 ans les mises à jour de son Magic8 Pro. Un dernier effort à fournir pour Xiaomi qui aurait pourtant tout à gagner, et notamment un surcroît de confiance de ses utilisateurs, à appliquer cette démarche.

  • Design : 4/5
  • Connectique : 5/5
  • Écran : 5/5
  • Performances : 4/5
  • Photo : 5/5
  • Autonomie : 4,5/5
  • Réparabilité : 3/5

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