Le marché des smartphones de milieu de gamme est sans doute le plus disputé. Pour se démarquer, chaque constructeur doit jouer une partition bien précise. C'est le cas de nos deux concurrents du jour. Le Poco X7 Pro, fidèle à l'ADN de la filiale de Xiaomi, vient jouer les gros bras avec des performances brutes dignes de modèles plus onéreux, cela à un tarif agressif pour charmer tous les gamers. En face, le Google Pixel 9a préfère capitaliser sur ce qui a fait le succès de ses aînés : une expérience logicielle épurée, des fonctions intelligentes à la pelle et, surtout, des aptitudes photographiques qui font souvent de l’ombre à la concurrence. La puissance brute face à l'intelligence et la maitrise photo, le match est lancé.

Design : la sobriété innovante du Pixel

Le Poco X7 Pro ne cherche pas à révolutionner le genre. Avec ses bords verticaux et ses angles arrondis, il assure une prise en main confortable malgré des dimensions assez généreuses. Il joue la carte de l'identité visuelle avec sa livrée bicolore et son dos en similicuir à double texture, qui a le bon goût de ne pas marquer les traces de doigts. L'ensemble, cerclé de plastique, paraît solide, mais son style affirmé, jusqu'au bouton d'alimentation coloré, ne plaira sans doute pas à tout le monde.

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Le Google Pixel 9a, lui, joue une partition plus fine. S'il s'inscrit dans la continuité esthétique de sa famille, il apporte une nouveauté : un bloc photo plat. Les capteurs affleurent à peine, ce qui rend le smartphone particulièrement agréable à manipuler et à glisser dans une poche. À noter que le bloc photo du Poco est lui aussi assez discret. Malgré des bordures d'écran un peu épaisses, le format plus contenu et le cadre en aluminium du Pixel lui confèrent une touche plus premium. Le dos en plastique est particulièrement réussi.

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Bien que le Poco ait une esthétique clivante, son design est original, assez premium grâce au cuir, et globalement très réussi. De son côté, le Pixel 9a brille par sa sobriété et son élégance minimaliste. Difficile de les départager objectivement. Ex-aequo. Google Pixel 9a (0 - 0) Poco X7 Pro.

Connectique : le Pixel, plus tourné vers l'avenir

Sur ce segment tarifaire, des concessions sont inévitables. Le Poco X7 Pro assure l'essentiel avec la compatibilité 5G, du Bluetooth 5.4 et un GPS bi-bande précis. Il se montre cependant un peu chiche en se contentant du Wi-Fi 6 et d'un port USB-C limité à la norme 2.0, synonyme de transferts de fichiers assez lents. On apprécie toutefois que le LE Audio avec support d'Auracast et du codec LC3 soit de la partie.

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Le Google Pixel 9a se montre cependant un peu plus moderne. Il embarque du Wi-Fi 6E, plus pérenne, et surtout un port USB-C à la norme 3.2, qui autorise des débits jusqu'à 10 Gbit/s. Un avantage considérable pour ceux qui transfèrent de lourds fichiers. Comme toujours chez Google, il faudra faire une croix sur l'extension de mémoire via une carte SD (comme chez Poco), mais le reste de la dotation (5G, Bluetooth 5.3 avec LE Audio, GPS double bande, NFC) est sans faille.

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Avec son Wi-Fi plus récent et un port USB-C plus rapide, le Google Pixel 9a prend l'avantage sur le plan de la connectivité. Google Pixel 9a (1 - 0) Poco X7 Pro.

Écran : deux excellents élèves, un vainqueur

Le spectacle est au rendez-vous sur les deux appareils. Le Poco X7 Pro déploie une grande dalle AMOLED de 6,67 pouces rafraîchie à 120 Hz. Très confortable pour le jeu et la vidéo, elle offre une excellente résolution et une colorimétrie très juste (Delta E de 2,36). Sa luminosité est assez élevée pour du milieu de gamme, atteignant 1 337 cd/m2 en pic, ce qui rend l'écran parfaitement lisible même en plein soleil.

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Le Pixel 9a n'est pas en reste, bien au contraire. Malgré une diagonale plus contenue de 6,3 pouces et des bordures plus visibles, sa dalle pOLED est tout simplement exceptionnelle pour cette gamme de prix. Rafraîchie également à 120 Hz, elle affiche une fidélité colorimétrique tout aussi excellente (Delta E de 2,43). Mais là où elle met tout le monde d'accord, c'est sur sa luminosité, qui atteint des sommets avec un pic mesuré à 2 314 cd/m2. Un niveau de luminosité que l'on trouvait auparavant sur le haut de gamme, jamais sur le milieu de gamme.

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Les deux smartphones proposent des écrans de très haute volée, mais la luminosité spectaculaire de la dalle du Pixel 9a lui donne un avantage indéniable pour la consultation en extérieur et le visionnage de films ou de séries en HDR. Le point lui revient. Google Pixel 9a (2 - 0) Poco X7 Pro.

Performances : la puissance brute contre l'intelligence du quotidien

C'est le cœur du réacteur pour le Poco X7 Pro. Armé d'une puce Mediatek premium, il ne fait pas de concession sur la puissance. Le système est d'une fluidité exemplaire, le multitâche ne faiblit jamais et, surtout, les jeux tournent à plein régime sans jamais sourciller. Même lors de longues sessions, si une légère chauffe se fait sentir, les performances restent stables, ce qui en fait un allié de choix pour les joueurs exigeants mais soucieux de leur budget.

Le Google Pixel 9a embarque la puce maison Tensor G4, la même que ses grands frères. Moins conçue pour la course à la puissance brute, elle est optimisée pour les tâches liées à l'intelligence artificielle. En pratique, le système Android est parfaitement réactif et l'expérience utilisateur est un vrai plaisir. Il permet de jouer à tous les titres du Play Store, mais ne cherchera pas à battre des records. Sa force est ailleurs : dans l'intégration poussée des fonctions intelligentes comme l'assistant Gemini Live, Entourer pour chercher ou le filtrage d'appels.

Sur le terrain de la puissance pure et des performances en jeu, le Poco X7 Pro est sans conteste le vainqueur. Il remplit sa mission à la perfection et marque son premier point. Google Pixel 9a (2 - 1) Poco X7 Pro.

Photo : un combat à sens unique

Le Poco X7 Pro l'assume : la photo n'est pas sa priorité. Son module principal (grand-angle) s'en sort honorablement (de jour), avec des clichés corrects aux couleurs bien restituées. Les choses se gâtent sérieusement avec l'ultra-grand-angle, qui peine à convaincre : manque de netteté, bruit numérique très présent même en pleine lumière et une dérive colorimétrique vers le jaune. Clairement, c'est ici que les sacrifices ont été faits.

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Sur ce terrain, le Pixel 9a est attendu au tournant, et il ne déçoit pas. Grâce à la maîtrise logicielle de Google et ses capteurs de qualité, il s'impose comme la référence de sa catégorie. Son grand angle délivre des clichés détaillés, naturels et bien exposés. Même en basse lumière, il parvient à préserver les détails. L'ultra-grand-angle est en retrait, mais il réussit à "sauver les meubles" bien mieux que son rival. Surtout, le Pixel offre un arsenal de fonctions de photographie "computationnelle" (Gomme magique, Meilleure prise...) qui le placent dans une autre dimension.

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Il n'y a pas de match. Le Google Pixel 9a domine outrageusement le débat photographique, offrant une polyvalence et une qualité d'image que le Poco X7 Pro ne peut approcher. Google Pixel 9a (3 - 1) Poco X7 Pro.

Autonomie : Poco a l'avantage

Avec une batterie plus conséquente, le Poco X7 Pro fait preuve d'une belle endurance. Il peut tenir près de deux jours en usage modéré. Lors de notre test de lecture vidéo en continu, il a tenu 19h46 ce qui est satisfaisant, même si les meilleurs modèles vont beaucoup plus loin désormais. Il est en outre compatible avec une charge rapide de 90 W, promettant un plein en 42 minutes seulement (chargeur non inclus).

De son côté, le Google Pixel 9a semble avoir corrigé les faiblesses passées de la gamme en matière d'endurance. Doté d'une imposante batterie de 5 100 mAh, il tient sans peine une journée et demie en utilisation classique. Il ne peut cependant rivaliser avec Poco en vitesse de charge, historiquement plus lente chez Google.

Le Poco X7 Pro offre une vitesse de charge impressionnante et une autonomie solide. Le Pixel 9a promet une endurance similaire mais il mettra plus de temps à se recharger. Google Pixel 9a (3 - 2) Poco X7 Pro.

Réparabilité : Google pense long terme

Les deux appareils bénéficient d'une certification IP68, une excellente nouvelle pour leur résistance à l'eau et à la poussière. Mais la comparaison s'arrête là. Le Poco X7 Pro affiche un indice de réparabilité moyen de 7,7/10, plombé par une très mauvaise note sur la disponibilité des pièces détachées les plus sensibles. Son suivi logiciel est par ailleurs limité à trois mises à jour d'Android et quatre ans de patchs de sécurité.

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Google met un point d'honneur à soigner la durabilité de ses appareils. Le Pixel 9a obtient un très bon indice de 8,7/10, avec des pièces faciles à trouver. Mais il bénéficie également de sept années de mises à jour, tant pour le système que pour la sécurité. C'est le maximum aujourd'hui dans l'industrie, qui assure au smartphone une longévité logicielle satisfaisante.

Avec un meilleur indice de réparabilité et surtout une politique de mise à jour logicielle au top, le Google Pixel 9a remporte haut la main cette manche cruciale pour la durée de vie du produit. Google Pixel 9a (4 - 2) Poco X7 Pro.

Rapport qualité/prix : le Poco, roi du petit budget

Le Poco X7 Pro frappe très fort avec un prix de départ autour de 319 €, voire moins en promotion. Pour ce tarif, il offre un niveau de performance pour le jeu tout simplement imbattable. Si votre seul critère est la puissance brute par euro dépensé, il est difficile, voire impossible, de trouver mieux.

Le Google Pixel 9a est plus onéreux, débutant à 399 € pour 128 Go de stockage. Cet écart de prix est cependant justifié par de nombreuses prestations supérieures : un meilleur appareil photo, une expérience logicielle plus riche, un suivi sur le long terme exemplaire et un écran plus lumineux.

Néanmoins, si l'on s'en tient à la définition stricte du rapport performance/prix, le Poco X7 Pro est très bon. Il offre une expérience de jeu de premier ordre pour un coût modéré, ce qui lui permet de remporter le point du budget. Google Pixel 9a (4 - 3) Poco X7 Pro.

Verdict : le Pixel 9a, un roi de l’équilibre

Au terme de ce duel, le Google Pixel 9a s’impose avec un score final de 4 à 3. Il s’agit tout simplement du smartphone le plus complet et le plus équilibré des deux. Supérieur en connectique, en photo, doté d'un écran plus lumineux, plus facilement réparable et offrant un meilleur suivi logiciel, il délivre une expérience utilisateur de premier plan qui justifie pleinement son tarif un peu plus élevé. Pour la plupart des gens, qui cherchent un excellent compagnon au quotidien, capable de prendre de superbes photos et qui durera dans le temps, c'est le choix de la raison et du plaisir.

Faut-il pour autant jeter le Poco X7 Pro aux oubliettes ? Certainement pas. C'est un bon appareil de niche. Si votre priorité absolue est de jouer aux jeux les plus gourmands avec une fluidité parfaite, et ce, avec le budget le plus serré possible, il n'a tout simplement pas de rival. Il remplit sa mission avec brio, mais il le fait au prix de sacrifices importants, notamment en photo. Un choix pour les connaisseurs qui savent exactement ce qu'ils veulent.

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