La vente de SFR par le groupe Altice se précise. Le 4 août, le tribunal de commerce de Paris a validé le plan de sauvegarde accélérée d’Altice France, sans condition. Une décision qui ouvre clairement la voie à une éventuelle cession de l’opérateur télécoms, dans le but de réduire une dette colossale estimée à plus de 24 milliards d’euros. Pour éponger cette somme, Patrick Drahi, actionnaire majoritaire du groupe, pourrait revendre SFR à la découpe, indique BFM TV.

Selon nos confrères, des opérateurs comme Orange, Bouygues Telecom et Free manifestent déjà un intérêt pour le rachat de certaines activités. Si cette opération se concrétise, elle bouleverserait le paysage des télécommunications en France. Le secteur passerait alors de quatre à trois opérateurs majeurs, un retour en arrière inédit depuis l’arrivée de Free Mobile en 2012. A l’époque, l’entrée du trublion du marché avait entraîné une guerre des prix, obligeant les autres acteurs à proposer des offres plus compétitives. La disparition de SFR pourrait avoir l'effet inverse : moins de concurrence, donc potentiellement moins de promotions, voire une hausse des prix pour les forfaits mobiles et Internet.

Le droit de résilier sans frais, à tout moment

Une inquiétude partagée par les associations de consommateurs. L’UFC-Que Choisir alerte sur les conséquences d’une concentration du marché : «Quand elle est sainement exercée, la concurrence permet d'améliorer les offres et les prix. Passer de quatre à trois opérateurs n'est donc pas forcément une mauvaise nouvelle, ce qui compte, c'est qu'il y a une concurrence saine», déclare sa présidente, Marie-Amandine Stévenin. Elle rappelle également que tout changement unilatéral de contrat, suite à un rachat, donne le droit à l’abonné de résilier sans frais, même s’il est encore engagé.

De son côté, le gouvernement assure suivre de près la situation, notamment en ce qui concerne les salariés de SFR et les millions de clients concernés. Mais aucun blocage de la vente n’est envisagé à ce stade. Le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, a indiqué vouloir faire confiance à l’Autorité de la concurrence pour garantir un équilibre entre intérêts économiques et protection des consommateurs.