Face à la flambée du prix du gaz européen, qui a grimpé de 35% ce jeudi 19 mars après des attaques contre un site gazier au Qatar, Maud Bregeon, ministre déléguée en charge de l’Energie et porte-parole du gouvernement, a averti que la facture pourrait encore s’alourdir pour des millions de Français. Invitée sur BFMTV et RMC, elle a expliqué : «16 millions de personnes se chauffent au gaz, plus de la moitié est à des prix bloqués, les prix ne bougeront pas. Pour les autres, ils peuvent s’attendre à des hausses en fonction de la durée du conflit».

La ministre a toutefois tenu à relativiser la situation par rapport à la crise énergétique de 2022. «On est bien plus protégés. Le prix était fixé par le gaz parce que la moitié du parc nucléaire était à l'arrêt. Aujourd'hui, il tourne à plein, il joue ce rôle de tampon et l'électricité est bien moins dépendante du prix du gaz qu'en 2022», a-t-elle soutenu. Elle a également rappelé que la saisonnalité jouait en faveur des consommateurs : «On se chauffe moins en mai ou en juin qu'en décembre et en janvier.»

Pas de baisse des taxes sur les carburants

Concernant les mesures prises par d’autres pays européens, comme le plafonnement des tarifs ou la baisse des taxes, Maud Bregeon a souligné que la France reste «davantage protégée que d'autres pays. Les prix de l'énergie sont moins élevés qu'ailleurs en Europe, notamment pour l'électricité, grâce au parc nucléaire.» Interrogée sur la hausse des prix du carburant et un éventuel coup de pouce fiscal, elle a été catégorique : «Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé», a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant les difficultés rencontrées par certains secteurs et en évoquant la possibilité de mesures ciblées.

Maud Bregeon a justifié cette décision par la situation budgétaire de la France. Selon elle, le gouvernement n’a «plus les moyens du ‘quoi qu'il en coûte’ tel qu’il a été mis en œuvre il y a deux ou trois ans».