La guerre au Moyen-Orient a fait flamber les prix des carburants mais elle a aussi renfloué les caisses publiques. Le ministre délégué aux Comptes publics, David Amiel, a annoncé ce vendredi 3 avril sur franceinfo que l'Etat a perçu 120 millions d'euros de recettes fiscales supplémentaires sur les carburants en mars 2026 par rapport à mars 2025, depuis le début du conflit en Iran. En additionnant toutes les taxes sur l'essence : au total, l'Etat récupère au mois de mars «270 millions d'euros de recettes», mais en dépense «430 millions d'euros», a précisé le ministre, soulignant qu’il s’agit de premières données provisoires.

«La France ne produit pas de pétrole, elle ne produit pas de gaz, elle en importe. Donc quand les prix de l’énergie augmentent, c’est évidemment très dur pour les entreprises, pour les salariés, pour les ménages, et c’est aussi une mauvaise nouvelle pour les finances publiques», a rappelé David Amiel. Selon lui, «quand on regarde un budget, on le regarde dans son ensemble, c’est-à-dire à la fois ce qui rentre et ce qui sort. Et il y a tout lieu de craindre que les recettes éventuelles supplémentaires se comptent en millions, là où le coût de la crise se compte en milliards d’euros».

130 millions d’euros d’aides

Concernant la TVA sur les carburants, le ministre a détaillé : «Le supplément de recettes, quand on compare le mois de mars 2026 au mois de mars 2025, s’élèverait à 120 millions d’euros. Dans le même moment, 130 millions d’euros ont d’ores et déjà été annoncés pour soutenir les secteurs et les Français les plus en difficultés : 70 millions d’euros pour soutenir les transporteurs, les pêcheurs, les agriculteurs et 60 millions d’euros pour renforcer le chèque énergie».

Le ministre des Comptes publics a également précisé qu’«on aura un surcroît très temporaire d’accise sur les carburants, très concentré sur le début du mois de mars», où les volumes de carburants vendus ont augmenté, «qui s’élève à peu près à 150 millions d’euros».

Malgré ce surplus de recettes, David Amiel a insisté sur le coût global de la situation : «dans le même moment les estimations dont nous disposons sur le coût de la dette en 2026 (…) seraient de 3,6 milliards d’euros parce que les taux d’intérêt depuis un mois ont considérablement augmenté». Les chiffres définitifs seront publiés par le ministère des Comptes publics fin avril.