Face à la montée des tensions commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis, une trentaine de laboratoires pharmaceutiques, parmi lesquels Pfizer, Sanofi, Roche, Novartis et Novo Nordisk, ont adressé le 11 avril une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ils s'y engagent à accroître la part du marché européen, qui représente actuellement 22,7% dans les ventes mondiales. Mais il y a un «mais» : faute de contreparties de l'UE, ils transfèreront 16,5 milliards d'euros d'investissements prévus hors du continent, notamment vers les États-Unis.

Comme le précise BFMTV, les 32 signataires pointent du doigt plusieurs facteurs défavorables en Europe : une politique de prix des médicaments moins avantageuse que celle des États-Unis, des procédures réglementaires complexes, notamment pour les essais cliniques multinationaux, et la mise en œuvre prochaine d'une directive sur l'amélioration du traitement des eaux usées qui pourrait alourdir les charges du secteur. Ils réclament une révision de ces politiques pour renforcer l'attractivité de l'UE en matière de recherche et développement.

Pas de droits de douane... pour l'instant

Actuellement, les produits pharmaceutiques sont exemptés des droits de douane imposés par Washington. Cependant, l'industrie craint que cette exemption ne soit remise en question, ce qui pourrait accélérer le déplacement des investissements vers les États-Unis, où les conditions économiques et réglementaires sont jugées plus favorables. Plusieurs groupes ont annoncé investir pour renforcer la production aux États-Unis : 27 milliards de dollars pour Eli Lilly ou encore 55 milliards sur les quatre prochaines années pour Johnson & Johnson.