L'affaire Booba/Magali Berdah est loin d'être terminée. Après un nouvel épisode jeudi 19 février, lorsque la femme d’affaires a fait saisir par le tribunal judiciaire de Paris, à titre conservatoire, les droits d'auteur du rappeur résidant à Miami à hauteur de près de 40,6 millions d’euros, le parquet de a requis ce lundi 23 février un procès contre le rappeur pour cyberharcèlement de Magali Berdah, a appris l'AFP. Un nouveau rebondissement alors que le «Duc de Boulogne» est mis en examen depuis octobre 2023 pour harcèlement moral en ligne. En effet, Magali Berdah accuse Booba d'avoir cyberharcelé et menacé les marques qui travaillaient avec elle, afin qu'elles mettent un terme à leur collaboration. Elle lui impute alors un préjudice causé à Shauna Events, société spécialisée dans les influenceurs qu'elle a créée.

Ainsi sur requête de Magali Berdah, le tribunal judiciaire de Paris a évalué sa créance et celle des sociétés Shauna Events, Sublime Talent et MB Conseil à plus de 40 millions d’euros. D’après une source proche du dossier à l’AFP, ce montant est à saisir sur les droits d'auteur de Booba détenus auprès de la Sacem, d'Universal Music France ou encore de Deezer. La somme peut également être saisie sur la Société pour l'administration du droit de reproduction mécanique des auteurs, compositeurs et éditeurs (SDRM), Because Music et des plateformes de streaming. Les comptes bancaires, les véhicules et les biens mobiliers du rappeur sont aussi ciblés.

Une enquête visant Shauna Events classée sans suite

Les avocats de l’artiste de 49 ans ont affirmé que leur client «n’a pas été informé de l’existence de cette procédure». «Si cette ordonnance existe, c'est qu’elle a été obtenue sur les seuls arguments de Mme Berdah», expliquent Gilles Vercken et Marie Roumiantseva à l’AFP. «Dès que nous en aurons connaissance, nous la contesterons dans les conditions prévues par la loi et nous poursuivrons les requérants pour procédure abusive», ajoutent-ils.

Quant à l’avocat de Magali Berdah, il estime que cette décision «marque un tournant» et ouvrait «désormais une phase judiciaire destinée à obtenir la réparation intégrale de son préjudice». «Les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit», a martelé Maître David Smadja. Pour rappel, une enquête avait été ouverte concernant Shauna Events pour pratiques commerciales trompeuses, avant d’être classée sans suite.