Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, Karyna Shuliak est un personnage clé dans l’affaire Jeffrey Epstein. Citée à 36 394 reprises dans le dossier concernant l’homme d’affaires incarcéré pour trafic de mineurs avant d’être retrouvé pendu, cette femme de 36 ans n’est autre que sa dernière compagne, décrit Le Dauphiné libéré. C’est aussi et surtout son héritière principale ! Mais malgré le rôle central qu’elle aurait pu jouer dans ce dossier, elle n’a jamais été entendue par la justice.

D’origine biélorusse, dentiste de formation, Karyna Shuliak était installée à New York. Mais contrairement à Ghislaine Maxwell dont le rôle central a été mis au jour dans l’affaire Epstein, la trentenaire se fait plus discrète. Selon nos confrères, elle n’avait que 20 ans, selon Le Monde, lorsqu’elle a rencontré l’homme d’affaires, qui avait alors 36 ans de plus. A cette époque, Jeffrey Epstein avait déjà eu des ennuis avec la justice puisqu’il sortait de prison ayant écopé de 13 mois (aménagés) pour «sollicitation de prostitution avec mineure».

Double rôle de compagne et secrétaire personnelle

Le procureur ayant instruit cette première affaire deviendra ensuite membre de la première administration Trump. De 2009 à 2019, jusqu’à sa mort donc, Jeffrey Epstein va «entretenir» sa compagne, finançant ses études, allant même jusqu’à acheter une maison pour les parents de la jeune femme. De son côté, Karyna Shuliak était devenue sa secrétaire, gérant aussi bien ses rendez-vous, que ses vols ou même les rénovations de ses résidences.

Un double rôle qu’elle occupera au même titre que Ghislaine Maxwell pendant de nombreuses années. Très proche du millionnaire, peut-être même plus que la Franco-Britannique, la jeune femme de 36 ans aura été la dernière à l’appeler deux jours avant sa mort en prison. C’est elle aussi qui était à ses côtés lors de son arrestation à New York, avait révélé Libération. Que savait-elle sur lui ? Quels étaient leurs liens précis ?

Biens immobiliers et diamants

Karyna Shuliak est en tout cas la bénéficiaire de ses principaux biens, que ce soit son île privée Little Saint James (Iles Vierges) évaluée à 20 millions de dollars, son ranch au Nouveau-Mexique de 3 000 hectares (18 millions de dollars), son hôtel particulier à Manhattan (77 millions), la propriété à Palm Beach (12,5 millions de dollars) ou encore le pied-à-terre parisien situé avenue Foch (10 millions).

Elle reçoit également selon ce testament «The 1953 Trust» un «diamant d'environ 32,73 carats», ainsi que 48 autres diamants. Jeffrey Epstein lui avait même alloué cinq millions de dollars pour chaque propriété afin de «payer les frais d’exploitation», mais ces sommes ont été consignées par la justice américaine en vue de dédommager ses victimes. Quel rôle a-t-elle joué à Paris ? Plusieurs sources évoquent une implication personnelle importante, mais rien n’a encore été établi.

Eprise de l’homme d’affaires, «tu es l’homme le plus pur que j’aie jamais connu», écrivait-elle en 2008, elle pourrait cacher encore bien des secrets. Il y a peu, sur un compte X à son nom, elle écrivait : «Voici la vérité : Jeffrey était innocent, piégé par des personnes puissantes qui l'ont réduit au silence. J'étais sa dernière confidente, et j'ai les preuves qu'ils cachent encore». Tout en ajoutant : «Je ne suis pas suicidaire, au cas où...»