Le cuivre démarre 2026 en fanfare. Lors de la première séance de l’année, ce vendredi 2 janvier, le métal rouge a gagné 1% pour atteindre un niveau inédit à 12 543 dollars la tonne, indiquent Les Echos. Ce nouveau record fait suite à une année exceptionnelle : en 2025, le cuivre a grimpé de 42% à la Bourse des métaux de Londres (LME), sa meilleure performance depuis 2009. Cette flambée des cours résulte d’une combinaison de facteurs conjoncturels et structurels, explique le journal économique.

A court terme, les marchés ont été secoués par la perspective de droits de douane américains : les opérateurs ont massivement transféré des stocks du LME vers le Comex de New York, provoquant une raréfaction des réserves ailleurs, notamment à Londres, et alimentant la hausse des prix. Si l’administration américaine avait initialement épargné le cuivre raffiné lors de ses précédentes taxes sur l’aluminium et l’acier, le métal rouge figure désormais sur la liste des métaux critiques, ouvrant la voie à d’éventuelles mesures protectionnistes.

Une offre mondiale sous pression

L’objectif de Washington reste de soutenir l’industrie minière locale et de réduire sa dépendance aux importations, alors que les Etats-Unis importent aujourd’hui près de la moitié du cuivre qu’ils consomment. Les tensions sur l’offre mondiale ont également contribué à cette envolée. En 2025, une des plus grandes mines indonésiennes a été arrêtée après un accident mortel, des sites souterrains en République démocratique du Congo ont été inondés et une mine chilienne a suspendu sa production après un accident. Ces incidents ont resserré les perspectives d’approvisionnement à l’échelle globale.

Côté demande, la Chine reste en retrait : sa crise immobilière limite les besoins en plomberie et en câblage, maintenant la consommation de cuivre à un niveau faible. En revanche, l’expansion de l’intelligence artificielle, notamment aux Etats-Unis, continue de soutenir le marché. Pour 2026, les experts sont partagés : certains prévoient un léger déficit d’offre, d’autres un modeste excédent.

Sur le long terme, la demande mondiale devrait fortement augmenter, portée par la transition énergétique, l’électrification des usages et le développement rapide de l’intelligence artificielle. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les mines en activité et celles en projet ne pourraient couvrir qu’environ 70% des besoins mondiaux d’ici 2030.