Le premier lancement commercial de la fusée européenne Ariane 6 avec un satellite militaire, prévu le 26 février, est reporté «en raison d'opérations supplémentaires nécessaires sur un moyen au sol», a annoncé vendredi Arianespace. «Ce n'est pas le satellite qui est en cause, il va bien. Ce n'est pas le lanceur qui est en cause, il continue sa préparation et tout va bien. Ce sont des moyens logistiques qui permettent de transporter des pièces qui sont à confirmer, à valider», a déclaré à l'AFP Lionel Suchet, le PDG par intérim du Cnes, le Centre national d'études spatiales. «Il y a eu des petits soucis, on ne veut pas prendre de risques sur le transport du satellite, donc on vérifie tout ça avant de recaler la date (...) On sait déjà que ce sera décalé d'un jour, mais pour caler la nouvelle date, on veut être sûr que tout est sécurisé à ce niveau-là», a-t-il ajouté.

Cette nouvelle date sera confirmée «prochainement», selon Arianespace. Ce premier tir opérationnel avait été initialement envisagé fin 2024 puis annoncé «entre mi-février et fin mars», avant que la date du 26 février ne soit établie. Nouveau lanceur lourd européen, Ariane 6 avait réalisé un vol inaugural en juillet 2024, marquant le retour d'un accès autonome à l'espace pour l'Europe, malgré l'échec de la rentrée atmosphérique de l'étage supérieur en fin de mission. Ce premier vol n'emportait pas de satellites commerciaux, mais seulement une dizaine de micro-satellites d'universités.

Accroitre l’autonomie de l’Europe dans son accès à l’espace

La prochaine mission d'Ariane 6 doit permettre le lancement d'un satellite d'observation militaire, CSO-3, qui sera placé en orbite à 800 km d'altitude. Ce satellite est le troisième et dernier d'un programme commun à plusieurs pays européens piloté par la France, qui vise à mettre en orbite une constellation de satellites d'observation de la Terre à des fins de défense et sécurité.