A moins de deux semaines d’un vote crucial à l’Assemblée, François Bayrou joue son avenir politique. Mais ce mercredi 27 août, sur le plateau du 20 Heures de TF1, c’est surtout sa manière de communiquer qui a fait bondir l’opposition. Le Premier ministre a enchaîné les déclarations polémiques. Deux phrases, en particulier, ont déclenché une salve de réactions : l’une sur les «boomers», l’autre sur une opposition supposée «en vacances».

Interrogé sur l’absence de dialogue avec les oppositions durant l’été, le locataire de Matignon a tenté de se justifier : «Au mois d’août, ils étaient tous en vacances.» Une explication vite contredite par plusieurs opposants, comme le souligne le Huffington Post. Sur son compte X, Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a taclé sèchement : «On en connaît un qui sera bientôt en vacances.» Marine Le Pen, quant à elle, a dénoncé un «mensonge», assurant que le RN avait bien envoyé une lettre détaillée au gouvernement sur le projet budgétaire, restée sans réponse. «Le Rassemblement national n’était pas en vacances», a-t-elle martelé.

François Bayrou pointe «le confort des boomers»

Même son de cloche au Parti socialiste. Olivier Faure a dénoncé la «désinvolture» du Premier ministre et a ironisé sur sa référence à la formule «T’en fais pas Simone, le bateau flotte encore», que François Bayrou a utilisée pour critiquer ceux qui prennent à la légère l’état des finances publiques.

Lors de cet entretien, le chef du gouvernement a également pointé les clivages entre générations : «Si on crée le chaos, qui vont être les victimes ? Les premières, ce seront les plus jeunes des Français […]. Tout ça pour le confort de certains partis politiques et pour le confort des boomers, comme on dit, qui de ce point de vue-là considèrent que tout va bien.» Une attaque à peine voilée contre les baby-boomers, accusés de minimiser les conséquences du surendettement sur les générations futures.

Menacé à l’approche du vote de confiance du 8 septembre, François Bayrou tente coûte que coûte de rattraper le temps perdu. Il recevra à partir de lundi les chefs de parti à Matignon pour tenter de bâtir des alliances. «Sur tous les sujets, je suis prêt à discuter (…) mesure par mesure», a-t-il assuré, avant de poser une ligne rouge : pas question, selon lui, de renoncer à l’objectif de réduire la dette.