
C’est sous les huées régulières que François Bayrou a prononcé son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, lundi 8 septembre, avant de se soumettre à un vote de confiance. Finalement, comme attendu, 364 députés ont voté contre tandis que 194 parlementaires, issus des rangs de la coalition gouvernementale, ont voté pour. Pourtant, lors de son discours, le Premier ministre a souhaité replacer le débat du budget au-delà des clivages politiques et partisans. «Ce dont nous traitons aujourd’hui, ce n’est pas une question politique, c’est une question historique» a-t-il martelé en ouverture de sa prise de parole. Il a notamment rappelé le retard de production qu'accuse la France, de 15 % face aux autres pays européens que sont l’Allemagne et la Belgique, et de plus de 30 % face aux Pays-Bas, une «urgence nationale» selon lui.
Le Premier ministre a ensuite évoqué «l'immense question du logement» des familles, et des étudiants, désignée comme «un modèle à réinventer». En France, la plupart des particuliers rencontrent des difficultés pour trouver un logement. Un secteur qui traverse «une crise historique» selon Mickaël Cosson, député de la majorité, qui a produit un rapport parlementaire sur le sujet. François Bayrou a aussi abordé l'état du système éducatif français, qui rencontre selon lui «un immense problème», car marqué par «la chute des fondamentaux à l’école», mais aussi par un système d’orientation «précoce et trop mécanique».
Un modèle social fragilisé
Il a cité aussi le modèle social, fragilisé par un vieillissement de la population, le déséquilibre des retraites, la question écologique et les questions migratoires. Sur ce dernier point, il a défendu une double exigence : «contrôler et maîtriser les arrivées» mais aussi intégrer les nouveaux venus «par le travail, par la langue, par l’engagement à respecter nos principes de vie». Les semaines précédentes, alors que François Bayrou défendait son plan d'économies, il a par ailleurs affirmé de ne pas souhaiter proposer de mesures sur l'immigration, dont l'impact budgétaire est marginal à ses yeux, face à l'ampleur du problème de la dette. Le Premier ministre a aussi mentionné les déséquilibres territoriaux et la situation des outre-mer, appelant à «une immense et urgente reconstruction».
Après ce bilan, le locataire de Matignon a désigné de nouveau la dette publique comme un nœud central de son action, avec l'idée de «sortir les jeunes de l'esclavage» de la dette. «Notre pronostic vital est engagé» a-t-il affirmé, en la comparant à une hémorragie du pays. Selon lui, sa charge annuelle dépasse les richesses produites chaque année. «Tout le travail et l’inventivité du pays sont reversés à nos créanciers» a-t-il lancé.
Défense d'un plan de désendettement
Il a enfin défendu un plan de désendettement, qui vise à ramener le déficit public sous les 3% d’ici 2029, un seuil à partir duquel la dette n’augmenterait plus. Conscient des critiques, il a écarté les «solutions de facilité» consistant selon lui à cibler uniquement les très riches ou les étrangers. Mais le Premier ministre a cependant promis de considérer des solutions de contributions spécifiques des hauts revenus et patrimoines.



















