Trois groupes mondiaux se retrouvent au cœur d’un scandale. Est-ce un hasard ou le signe d’une dérive des pratiques chez ces géants ?

Pierre-étienne Bouillot : Il est logique que des multinationales soient concernées. Le système de production est mondialisé : quelques opérateurs concentrent de nombreux sites industriels et y produisent des volumes massifs, la probabilité qu’un cas de contamination survienne dans une de leurs usines et ait de lourdes répercussions est plus élevée que pour une PME. Cela ne veut pas dire que les grands groupes respectent moins les règles de maîtrise du risque ­sanitaire, au contraire, ils sont souvent mieux organisés. Même si là, il y a clairement eu des manquements. Nous n’avons pas encore tous les éléments, mais il semble qu’il y ait eu des infractions, en tout cas des non-­conformités avérées.

Dans l’affaire Buitoni, il y a possible tromperie, avec des produits impropres à la consommation humaine du fait d’un manque d’hygiène au sein d’une usine. Le préfet a ­ordonné la fermeture du site après inspection, c’est ­révélateur d’un dysfonctionnement grave. Dans le cas de Ferrero, les autorités ont dû exiger le retrait des chocolats par arrêté : c’est le signe que l’opérateur a été défaillant dans sa ­gestion des rappels. L'entreprise avait repéré le problème mais des lots ­potentiellement contaminés continuaient de circuler.

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