
«En mars, j'avais prévenu que la filière risquait de perdre 50 000 postes en 2025, soit une chute de 4% par rapport à 2024. Je confirme malheureusement cette prévision, d’autant plus regrettable que nous avions bien remonté la pente en matière d’effectifs depuis le Covid», déclare Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), ce mercredi 25 juin, lors d'un point de conjoncture trimestriel. Au premier trimestre, le secteur du bâtiment a déjà perdu 33 000 emplois, dont 25 000 salariés, soit une baisse de 2,4% des effectifs en l'espace d'un an.
Un repli à mettre sur le compte d'une reprise trop timide de la construction de logements, mais également de la baisse d’activité récemment amorcée dans la rénovation énergétique. Après deux ans et demi d'une crise immobilière inédite, provoquée par le quadruplement des taux de crédit, il ne semble guère étonnant que la production de logements neufs ne se redresse que très lentement, sous l’effet de la baisse des taux et de l’élargissement du prêt à taux zéro à l’ensemble du territoire.
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Le bâtiment, l’un des premiers employeurs du pays
Ce qui est plus inquiétant, c’est le retournement à la baisse de la rénovation, qui avait contrebalancé l'effondrement de la construction neuve dans l'activité du bâtiment ces dernières années, au point d’en représenter près de 57% l’an dernier, à 118 milliards d’euros. Au quatrième trimestre 2024, le chiffre d’affaires lié à la rénovation énergétique des logements a commencé à reculer, de 0,8%, et il a encore diminué de 0,6% au premier trimestre 2025. La conséquence, notamment, des changements incessants dans les règles d'éligibilité à MaPrimeRénov’, regrette Olivier Salleron. Des règles qui changeront encore après la mi-septembre pour les rénovations dites d’ampleur, pour lesquelles il n'est plus possible de demander MaPrimeRénov' depuis le 23 juin, et jusqu'au 15 septembre, afin de régler le problème de la longueur de traitement des dossiers et de la multiplication des fraudes.
Et encore, «si nous n’avions pas obtenu que le gouvernement retire les rénovations monogeste de la fermeture temporaire du guichet MaPrimeRénov’, nous aurions dû ajouter 20 000 à 30 000 suppressions de postes supplémentaires aux 50 000 que nous anticipons pour 2025, souligne Olivier Salleron. Avec des marges qui s’érodent, les entreprises de bâtiment ne font qu’adapter leur personnel à l'évolution de leurs carnets de commandes…» Un secteur du bâtiment qui n’est autre que l’un des premiers employeurs du pays, avec 1,75 million de collaborateurs, dont 1,26 million de salariés, 95 000 intérimaires et près de 400 000 artisans. Soit la moitié des effectifs de l’industrie et deux fois ceux de la filière banque-assurance.
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