A-t-il voulu éviter toute polémique ou éviter de rajouter de l’huile sur le feu ? En marge du sommet mondial des océans à Nice, Emmanuel Macron était interrogé sur France 2 par le journaliste Hugo Clément sur l’impact social et environnemental de la fast-fashion et de l’ultra fast-fashion incarnées par les géants chinois Temu et Shein. Le timing était de rigueur alors que le Sénat a adopté la loi «anti-Shein», visant notamment à obliger le Chinois à sensibiliser les consommateurs à «l’impact environnemental» de ses vêtements. Mais également de s’acquitter des «écocontributions» renforcées dans la loi, sur un principe de «bonus-malus» lié aux critères de «durabilité» des entreprises.

Pourtant, en décembre dernier, l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner devenait conseiller de Shein, un choix justifié pour sa «grande expérience» dans «l'administration publique, la gouvernance et la planification stratégique et sa connaissance du territoire». Une décision qui a provoqué l’ire notamment de la Fédération française du prêt-à-porter féminin. Mais pour Emmanuel Macron, il n’y a pas de sujet. Depuis Nice, le chef de l’Etat n’a pas souhaité commenter ce choix, «je ne suis pas là pour juger», s’est-il contenté de répondre dans un premier temps, rapporte BFMTV.

Un «débat un peu stigmatisant» pour Emmanuel Macron

D’après Emmanuel Macron, il s’agit d’un «débat un peu stigmatisant et un peu personnel». Le président français est apparu ensuite quelque peu courroucé par ces questions : «Il a été ministre de l'Intérieur il y a X années, c'est un homme maintenant libre, il a donné beaucoup de son temps.» Il a enfin rappelé pour justifier sa non-volonté de commenter qu’il existait en France la «Haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP), qui fait que pour (...) tous ceux qui servent la République, c'est très compliqué de retrouver une vie normale pour eux dans leur secteur d'activité».

Déjà président du conseil de surveillance du port de Marseille, Christophe Castaner a pris son poste début janvier au même titre que l’avocate Nicole Guedj (ancienne secrétaire d’État) et Bernard Spitz (ex-président de la commission Europe et International du Medef). Mi-janvier, face aux critiques, l’ancien ministre avait justifié son choix déplorant le «mépris selon lequel, parce que l’on vient de la politique et que l’on passe dans le privé, on ne serait pas capable de faire autre chose».

Il avait aussi défendu Shein, une entreprise qui «arrive à une maturité qui lui permet d’adopter une démarche d’amélioration continue sur chacun de ses marchés». Un acteur qui devra aussi prendre «des initiatives vertueuses», rappelait-il. Sans doute ce que Shein devra faire si un accord est scellé à l’automne en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs.