Commençons par une mise en garde un peu abrupte: l’automobiliste moyen va devoir très vite apprendre à se passer du pétrole. Beaucoup plus vite qu’il ne l’imagine. Pour tout dire, cette panne sèche se profile depuis bien longtemps. Cela fait en effet trente-cinq ans que l’humanité vide les stocks (dit conventionnels) d’or noir plus vite qu’elle ne trouve de nouveaux filons. Les pétroles de schiste ou bitumineux ont donné l’illusion que le bail allait se prolonger sans souci.

Mais ces techniques d’extraction complexes et coûteuses ne suffiront pas à relever le défi: d’ici 2030, pour rester au niveau actuel, «il faudra mettre en route l’équivalent de ce que produisent l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et la Russie réunis», explique Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project et auteur de Pétrole. Le déclin est proche (Ed. du Seuil). C’est mission impossible. Et d’ailleurs, les majors du pétrole réduisent toutes leurs investissements.

Comment fait-on quand la première ressource énergétique du monde (33%) vient à manquer? Quand l’énergie à l’origine de l’expansion économique des cent dernières années se tarit ? On pleure en sachant que l’essence bon marché appartient au passé. Ou on applaudit en se disant que ce virage historique va contribuer à limiter le réchauffement climatique. Ne pas trop pleurer: le robinet coulera, à moins gros débit, certes, mais bien au-delà de 2050. Ne pas trop se réjouir non plus: le déclin, pour certain qu’il soit, n’interviendra pas assez vite pour limiter le réchauffement de la planète en temps voulu. D’autant que le charbon (30% de l’énergie mondiale) n’a pas non plus fini de sévir. En 2021, la hausse de la demande électrique a été assurée pour moitié par ce minerai !

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