
Les femmes sauveront-elles la planète ? Toujours est-il que sur les 5 décideurs que vous découvrirez ici, 4 sont des patronnes ou des investisseuses. Qui, en 2026 à nouveau, veilleront à réduire, par leurs activités, le bilan carbone du pays.
Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia
Elle contribue à verdir le CAC40
Son mandat de directrice générale arrivera à son terme en juillet prochain, quatre ans après sa nomination. Au vu de ses résultats, Estelle Brachlianoff, 53 ans, ne devrait avoir aucun mal à être reconduite dans ses fonctions. Depuis que son groupe a fait main basse sur la quasi-totalité des activités de Suez à l’international, après son OPA de 2022, le géant des services à l’environnement a doublé de taille et prospéré à l’export, où il réalise désormais 80% de son chiffre d’affaires (44,6 milliards d’euros au titre de 2024). Ses paris d’investissements dans les technologies de traitements de l’eau et des déchets dangereux ont aussi musclé son portefeuille de brevets – le groupe en dénombre 4 400 – et fortifié ses marges, tout en contribuant à le positionner comme un expert dans ces domaines.
Au point que Kalachnikov, comme certains la surnomment en coulisses, pourrait encore prendre du galon. Son président Antoine Frérot fêtera en juin ses 68 ans, se rapprochant alors un peu plus de la limite de 70 ans imposée par les statuts de l’entreprise. Pourrait dès lors se poser la question de sa succession. Depuis quelques mois, le numéro un et ex-PDG de Veolia plaiderait auprès de son conseil d’administration pour réunir à nouveau les fonctions de président et de directeur général. Estelle Brachlianoff, qui figure aujourd’hui dans le quatuor des patronnes du CAC 40 – avec Catherine McGregor (Engie), Christel Heydemann (Orange) et Hinda Gharbi (Bureau Veritas) – serait alors bien placée pour devenir la première présidente-directrice générale au sein du célèbre indice boursier. Réponse, sans doute, d’ici à l’AG d’avril prochain.
Vincent Guibout, directeur général de Flying Whales
Avec ses dirigeables, il rend le ciel plus propre
Il se retrousse les manches pour réindustrialiser la France. Début 2026, Vincent Guibout devrait lancer les travaux de la toute première usine de Flying Whales, à Laruscade (Gironde). C’est ici que la start-up veut assembler ses dirigeables. «Cela vient concrétiser des années de R&D. C’est le premier site industriel d’une telle ampleur au XXIe siècle», se félicite le directeur général, qui promet de décarboner le transport aérien. En effet, ses «baleines volantes» offrent une alternative verte aux hélicoptères pour convoyer des charges lourdes, notamment dans les régions enclavées.
Ses dirigeables pourront aussi participer à la transition énergétique en transportant des pales d’éoliennes. A la tête de 200 personnes, Vincent Guibout projette des premiers vols commerciaux en 2029. Attaché à la souveraineté industrielle française, ce diplômé de Polytechnique a rejoint Flying Whales en 2020. Avant cela, il a travaillé une quinzaine d’années chez MBDA, où il a été à la tête du programme du missile Akeron MP, l’un des principaux armements de l’armée de terre.
Alice Albizzati et Elina Berrebi, cofondatrices de Revaia
Elles font émerger des champions européens durables
En Europe, les entrepreneurs n’ont souvent d’autre choix que de se financer hors du continent. «Dès qu’on passe à une certaine taille, les fonds capables d’investir sont principalement américains ou asiatiques», observe Alice Albizzati. Un vide qu’elle est bien déterminée à combler, en compagnie de son ancienne camarade de Polytechnique, Elina Berrebi. Ces deux spécialistes de la finance ont créé leur fonds de capital-risque Revaia en 2018, avec cette ambition : «Soutenir les champions technologiques européens». Elles gèrent déjà 600 millions d’euros, placés dans un portefeuille de 19 entreprises, dont la plateforme dédiée à l’emploi Welcome to the Jungle ou le spécialiste de cybersécurité Sekoia.
En 2026, Revaia veut creuser de nouvelles thématiques. «Telles que la transition énergétique et la souveraineté européenne», indique Alice Albizzati. Si Revaia surveille la pérennité financière de ses participations, «on s’intéresse aussi à l'alignement avec les enjeux sociétaux et environnementaux», mentionne la dirigeante. «Notre impact sur l’économie est très concret», mesure-t-elle. Plus de 1 000 emplois ont été créés dans les sociétés accompagnées par le fonds européen.
Yara Chakhtoura, présidente de Siemens Energy France et de Siemens Gamesa Renewable
Hydrogène ou éolien, elle ne manque pas d’énergie
Des sous-marins nucléaires aux champs d’éoliennes. «Depuis près de vingt ans, je dédie mon quotidien à l’énergie décarbonée et au maritime», se présente Yara Chakhtoura. Dans les années 1980, enfant, elle fuit la guerre au Liban avec sa mère et sa sœur, avant de réussir de brillantes études à Centrale et à l’Université d’Oxford. Cela lui permettra de mettre ses compétences au service de géants industriels, comme le spécialiste de la propulsion nucléaire TechnicAtome, le leader suédois de l’énergie Vattenfall, et dorénavant Siemens Energy, une division de la multinationale allemande.
Et la dirigeante a un programme chargé pour 2026. Dans les énergies renouvelables, il s’agira de relancer l’usine de Siemens Gamesa au Havre (Seine-Maritime), d’où sortent les gigantesques pales des éoliennes en mer. Le site vient de recevoir 200 millions d’euros d’investissements pour être agrandi et produire de nouveaux modèles, longs de 115 mètres. Un autre chantier colossal, mené avec Air Liquide, doit aboutir en 2026 : la mise en service d’électrolyseurs, dans le cadre du projet Normand’Hy. En produisant de l’hydrogène renouvelable, ces machines contribueront à décarbonner le bassin industriel de Port-Jérôme (Seine-Maritime). A 43 ans, cette femme, rare dirigeante dans un secteur masculin, insiste, via son compte Linkedin, sur l’importance du collectif : «La transition énergétique ne pourra se faire sans plus de diversité, d’ouverture et d’inclusion.»
Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia
Elle chauffe la France sans brûler la planète
La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. Depuis neuf ans, Sylvie Jéhanno a fait sienne la devise de Dalkia, une filiale d’EDF qui aide entreprises et collectivités à réduire leurs émissions carbone. Que ce soit en récupérant la chaleur des data centers, en exploitant celle des nappes d’eau souterraines (la géothermie), ou encore en valorisant des déchets. Et ce n’est pas une petite activité ! Sylvie Jéhanno est à la tête d'une entreprise de 22 000 collaborateurs, pour 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Si Dalkia s’adresse à des clients professionnels, elle a un impact concret sur la vie des particuliers : les réseaux de chaleur permettent de bénéficier de prix déconnectés des fluctuations des énergies fossiles comme le gaz. En 2024, Dalkia revendiquait 4,5 millions de tonnes d’émissions de CO2 évitées, soit l’équivalent de 2 millions de voitures retirées des routes. Cette X-Mines s’investit aussi pour redorer l’image des métiers industriels, notamment auprès des jeunes et des femmes, et copréside en ce sens le mouvement «Les entreprises s’engagent».
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